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Facebook piraté : un problème de cyber-hygiène

Facebook vient, encore une fois, de se faire pirater. Entre 50 millions et 90 millions de comptes pourraient avoir été accédés. Rien de vraiment surprenant à cela. Inutile de jeter la pierre aux géants du web. Malgré toutes les mesures de cybersécurité qui sont prises, les hackers mènent toujours le jeu. Alors que pouvons-nous faire, chacun à notre niveau? Juste adopter quelques règles de cyber-hygiène de base.

Cybersécurité - Facebook piraté : un problème de cyber-hygiène de base
Crédit © JOEL SAGET / AFP/GETTY IMAGES

Cet incident est loin d’être le premier. Et encore, il est très probable que nous ne voyons que la face émergée de l’iceberg. Il faut donc de façon urgente revoir notre comportement sur internet. Il s’agit là d’une question de cyber-hygiène dont chacun d’entre nous doit s’emparer. Nous ne devons pas attendre des fournisseurs de services qu’ils nous protègent. C’est le rôle des états qui édictent régulièrement des lois et des réglementations à cet effet. Mais les premiers responsables, ce sont les utilisateurs. En ce début du mois de la cybersécurité, il se trouve justement que le thème central de la première semaine est «Appliquer une cyber-hygiène de base».

Cyber-hygiène: de quoi s’agit-il?

C’est vrai que le mot en lui-même n’est pas très sexy! Mais il représente exactement ce qu’il décrit.

La cyber-hygiène est souvent comparée à l’hygiène personnelle. Tout comme une personne qui applique certaines pratiques d’hygiène personnelle pour maintenir sa santé et son bien-être, les pratiques de cyber-hygiène permettent de garder les données en toute sécurité et bien protégées. Cela aide à maintenir des terminaux (téléphones, tablettes, micro-ordinateurs) fonctionnant correctement en les protégeant contre les attaques extérieures, telles que les logiciels malveillants, qui peuvent entraver leurs fonctionnalités.

La Cyber-hygiène fait donc référence aux pratiques et aux précautions prises par les utilisateurs dans le but de garder leurs données sensibles organisées, en sûreté et à l’abri des attaques venant de l’intérieur et de l’extérieur.

Selon l’ANSSI, la cyber-hygiène est un moyen de garantir une protection et une maintenance adéquates des terminaux et systèmes informatiques, et de mettre en œuvre les meilleures pratiques en matière de cybersécurité.

Règles élémentaires de cybersécurité en entreprise

Une bonne cyber-hygiène n’est pas la panacée universelle et ne sera pas suffisante pour vous protéger en toutes circonstances. Cependant, elle permettra de diminuer les risques liés à la connexion internet. Dans votre Organisation, ll est important que toute personne en contact avec votre réseau, du DG au simple stagiaire, suive ces quelques conseils élémentaires.

10 bonnes pratiques de base

  1. Au niveau de l’Entreprise, tenir un inventaire, à jour, du matériel et des logiciels s’exécutant sur le réseau de l’entreprise.
  2. Développer un processus d’installation des logiciels sur leur poste par les utilisateurs. Il peut, par exemple, limiter l’installation des logiciels approuvés. Il peut aussi interdire et bloquer toute installation non explicitement autorisée par leur management et/ou le TI..
  3. Sensibiliser les utilisateurs aux bonnes pratiques de cybersécurité (gestion des mots de passe, identification des attaques d’hameçonnage potentielles, terminaux autorisés à se connecter au réseau, etc.). Tous les utilisateurs sont concernés. Cela ne s’adresse pas exclusivement aux personnels du département informatique comme on le croit souvent. Cela ne se limite pas non plus aux salariés. N’oubliez pas d’inclure les consultants ayant accès au réseau de votre Organisation.
  4. Identifier les logiciels vulnérables inutilisés et les désactiver en urgence. Il constituent des vulnérabilités importantes pour votre réseau et sont autant de failles potentielles.
  5. Effectuer des sauvegardes régulières des données et en conserver plusieurs copies. Vous pouvez envisager d’utiliser une solution sécurisée dans le Cloud et sur site. En cas de sauvegardes physique, les conserver dans un endroit sécurisé.
  6. Adopter des configurations / normes sécurisées reconnues par le secteur. On peut, par exemple s’appuyer sur celle fournie par l’ANSSI. Cette méthode peut aider les entreprises à définir des paramètres tels que la longueur des mots de passe, le chiffrement, l’accès aux ports et la double authentification.
  7. Appliquer régulièrement et sans délai les correctifs à toutes les applications. Les systèmes non à jour des correctifs représentent l’un des principaux facteurs de risque d’attaque. Les pirates utilisent de plus en plus ces correctifs pour identifier les vulnérabilités et les utilisent à loisir.
  8. Créer des mots de passe complexes. Veiller à ce que la complexité n’entraîne pas de mauvaises pratiques comme par exemple l’écriture du mot de passe sur un post-it collé sous le clavier.
  9. Limiter le nombre d’utilisateurs dotés de privilèges administratifs.
  10. Mettre à niveau les infrastructures et systèmes vieillissants. L’obsolescence des systèmes constitue un risque majeur de sécurité.

Prendre en compte le facteur humain

Même avec la meilleure protection du monde, le risque pour votre entreprise de figurer sur la liste des prochaines victimes d’attaques au rançongiciel, de violations de données et autres menaces de cybersécurité ne sera jamais écarté. C’est pourquoi il est si important de limiter le facteur humain en automatisant autant que possible les pratiques de sécurité.

Les possibilités sont L’utilisation de la double authentification avec mots de passe complexes, le blocage de certains types de fichiers et le test des connaissances des utilisateurs en matière de sécurité sont des mesures que toutes les entreprises peuvent prendre pour protéger les réseaux diversifiés actuels.

La mise en œuvre de ces étapes, aussi simples soient-elles, peut cependant poser problème aux entreprises en manque de professionnels de la cybersécurité. Il est donc utile de recourir à des outils, tels que l’apprentissage machine, capables d’anticiper et de neutraliser les comportements malveillants à votre place.

Règles élémentaires de cyber-hygiène pour les individus

Face la faille apparue sur Facebook, d’une ampleur inédite pour le réseau social américain, les utilisateurs disposent de plusieurs moyens pour tenter de protéger leur vie privée. Voici quelques bonnes pratiques à mettre en œuvre.

Adopter l’authentification à deux facteurs

Pour sécuriser leurs services, tous les grands sites Web mettent à disposition une fonction de double authentification. Celle de Facebook est accessible à cette adresse. Elle consiste à demander à l’utilisateur un second élément, en plus de son mot de passe. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un code reçu par SMS sur son smartphone. Facebook considère alors que seul l’utilisateur est susceptible d’avoir accès à son smartphone.

L’opération implique de communiquer son numéro de téléphone au fournisseur de services. Bien sûr, dans le cas de Facebook, celui-ci l’utilise également à des fins publicitaires. Le réseau social propose une autre solution: faire appel à une application tierce (comme Duo ou Google Authenticator) pour envoyer ce second code. Notons qu’à priori,  le piratage révélé par Facebook ne semble pas compromis les mots de passe des utilisateurs. Du mois, jusqu’à plus ample informé…

Vérifier la liste des appareils connectés

Smartphones, tablettes, ordinateurs, objets connectés: nos moyens d’accéder aux réseaux sociaux se multiplient. Avec le temps, nous avons donc de plus en plus d’appareils connectés à notre compte. Il est important de vérifier régulièrement la liste des machines qui y ont accès. Accessible dans la catégorie “Sécurité” des paramètres, elle permet de vérifier qu’un appareil suspect ne soit pas dans la liste.

Au besoin, il est possible de déconnecter automatiquement l’ensemble des machines liées à notre compte. Sur la page “Sécurité et connexion”, Facebook propose de recevoir des alertes en cas de connexion depuis un appareil suspect. Ces alertes peuvent vous être envoyées directement sur le compte Facebook ou par email.

Limiter la quantité de données personnelles offertes à Facebook

Malgré ces précautions, la faille révélée de 28 septembre démontre une fois de plus qu’aucune précaution n’est infaillible. Il est donc plus que jamais préférable de limiter au maximum les données que l’on partage avec les réseaux sociaux. Su Facebook, il est possible de supprimer toutes les informations qui ne sont pas indispensables (ville de naissance, établissement scolaire fréquenté etc.). Une page est par ailleurs prévue pour gérer ses préférences publicitaires. Elle permet de supprimer l’ensemble de ses centres d’intérêts répertoriés ou encore de mettre un frein au partage de données avec les partenaires extérieurs de Facebook.

Cybersécurité : la résilience, chaînon manquant de votre stratégie

A l’heure de la transformation numérique des organisations, la stratégie de cybersécurité est un sujet sur toutes les lèvres. Dans le même temps, on n’entend quasiment jamais prononcer le mot résilience. Pourtant, la résilience devrait être le pilier majeur de toute stratégie de réduction des risques. Essayons donc de décrypter les raisons de cette anomalie et d’en identifier les risques.

Résilience, le chaînon manquant de votre stratégie de cybersécurité
Crédit © rawpixel.com 2018

Et tout d’abord, il convient de situer la cyber-résilience par rapport à la cybersécurité. Dans les deux cas, il s’agit de répondre aux cyber-risques. Un risque se caractérise par une probabilité de survenance et par un impact (sous forme de conséquences) lors de la réalisation du risque. Dans tous les cas, la stratégie des risques a pour objet d’aligner le niveau des risques au seuil de tolérance de l’Organisation. Cela se fait en mixant la réduction de la probabilité et de l’impact. Bien sûr, la stratégie des risques couvre tous les risques de l’Entreprise et parmi ceux-ci, on aura les cyber-risques.

La réduction de la probabilité de survenance des évènements de sécurité sera essentiellement réalisée grâce à des mesures se situant en amont. On parlera de mesures préventives. On est là dans le domaine de la sécurité. Les mesures de sécurité sont essentiellement de 3 types :

  • préventives
  • de détection (pour détecter l’incident lorsqu’il se produit),
  • correctives pour corriger le système et revenir à une situation acceptable (incluant l’activation d’un plan de continuité ou PCA).

A côté de ces aspects, se pose le problème de la réduction de l’impact et de l’après-crise. Il s’agit donc de répondre à la question « comment pouvons-nous survivre si un tel incident se produit? ». En d’autres termes il s’agit de planifier ce qu’il convient de faire pour réduire les impacts lorsqu’un incident se sera produit. On est là dans le domaine de la résilience.

L’expérience de l’année écoulée

Il y a tout juste un an, l’été 2017 a montré très concrètement à quoi pouvait ressembler des cyber-attaques mondiales. Ce fut le cas notamment avec NotPetya. Un an plus tard, les conséquences du « ransomworm » ne sont toujours pas complètement terminées. Le groupe Merck a annoncé fin novembre 2017 que cette cybe-rattaque lui coûterait environ 600 millions de dollars sur l’exercice 2017 ! Mais, en additionnant les dernières annonces, le seuil des 2 milliards de perte est clairement plus réaliste. C’est la première fois qu’un tel impact est recensé pour un incident cyber. Ce changement de dimension mobilise aujourd’hui enfin les directions générales et les conseils d’administration. Et ce n’est pas trop tôt! Ils sont maintenant demandeurs de moyens pour limiter les impacts de telles attaques. Mais ils sont aussi en attente sur la posture à adopter lorsqu’un cas réel se présentera.

Les mesures préventives de cybersécurité ne suffisent clairement plus à empêcher les cyber-risques de se réaliser. Il est désormais évident que la technologie n’est pas le rempart infranchissable que tout le monde imaginait. La cyber-criminalité est devenue une véritable industrie qui progresse plus rapidement que les moyens de protection ne se développent.

Cyber-résilience : les actions clés

Une cyber-attaque majeure peut être destructive ou entraîner une perte de confiance dans les systèmes clés. Le premier réflexe pour une majorité d’entreprises est alors d’activer le plan de continuité d’activité (PCA). Celui-ci constitue un élément majeur de la stratégie de résilience des organisations. L’objectif est d’assurer la survie de l’organisation lorsque surviennent des sinistres d’ampleur entraînant l’indisponibilité de ses actifs clés. Il peut s’agir de moyens informatiques, d’infrastructures de communication ou d’immeubles voire de collaborateurs.

Or les cyber-attaques majeures, destructives comme Wannacry ou NotPetya, ou provoquant une perte de confiance dans les infrastructures (réseau, gestion des accès, gestion du parc…) telles que les attaques ciblées en profondeur, ne sont pas prises en compte lors de l’élaboration de la majorité des PCA. Ces derniers sont focalisés sur un enjeu de disponibilité. Ils n’appréhendent pas les problématiques de destruction simultanée et de perte de confiance dans le SI induites par les cyber-attaques.

En effet, les dispositifs de continuité du SI sont plus souvent liés aux ressources qu’ils protègent. Ils sont donc également affectés par ces attaques. Depuis plus de dix ans, les dispositifs de continuité (utilisateurs ou informatiques) ont adopté les principes de mutualisation des infrastructures et de secours « à chaud ». Le double objectif de cette approche est à la fois de répondre aux exigences de reprise rapide et d’une meilleure exploitabilité. Mais, de fait, le lien entre le SI nominal et son secours rend les dispositifs de continuité vulnérables aux cyber-attaques.

Des dispositifs de continuité vulnérables

À titre d’exemple, suite à l’attaque NotPetya, l’idée d’utiliser les postes de secours présents sur le site de repli a très rapidement été évoquée dans le cadre d’une gestion de crise. Malheureusement ceux-ci partageaient les mêmes systèmes de gestion de parcs et les mêmes vulnérabilités. Ils donc avaient été logiquement détruits de la même manière que les sites nominaux. Les investissements et les efforts investis dans les dispositifs de continuité ont semblé, à ce moment, très vains.

Enfin il reste les sauvegardes comme dernier rempart. Etablies sur une base souvent quotidienne ou hebdomadaire, elles constituent, pour la plupart des organisations, le dispositif de dernier recours pour reconstruire le SI.

Dorénavant, il n’est pas rare de faire face à une intrusion qui date de plusieurs mois. Bien que la  détection soit récente, dans ce cas, les sauvegardes embarquent de fait les éléments malveillants. Il peut s’agir de malwares par exemple, mais aussi de modifications déjà opérées par les attaquants.

De plus, la continuité en tant que telle des systèmes de sauvegarde est bien souvent négligée. Lors de plusieurs cas de gestion de crise sur NotPetya, les serveurs gérant les sauvegardes avaient eux-mêmes été détruits. Les restaurer a souvent nécessité plusieurs jours vu leur complexité et leur imbrication dans le SI.

S’agissant des SI industriels, les constats sont tout aussi alarmants. Les systèmes numériques industriels sont résilients à des pannes techniques ou des incidents mécaniques anticipés. En revanche, ils n’ont que rarement intégré, dès leur conception, les potentialités d’une malveillance humaine et ils ne disposent souvent pas de mécanismes de sécurité avancés. La longueur de leur cycle de vie (souvent plusieurs dizaines d’années) les expose à l’exploitation de vulnérabilités anciennes. Enfin l’indépendance des chaînes de contrôle  vis-à- vis des systèmes numériques qu’elles supervisent n’est pas toujours respectée.

Des leçons tirées de l’expérience

Il s’avère que lors du déroulement d’une crise, le cycle est souvent identique. Les écueils rencontrés sont quasiment toujours les mêmes. Il convient donc de tirer les leçons de cette expérience.

Gestion de crise en cas de cyber-attaques : les écueils rencontrés
Crédit © Wavestone 2017

Des scénarios d’attaques récurrents

Destruction massive ou indisponibilité d’une grande partie du SI

Ce type de cyber-attaques, concrétisé au travers des cas Wannacry et NotPetya, entraîne généralement une indisponibilité massive du fait du chiffrement des fichiers de données et/ou du système d’exploitation. Les sociétés touchées par des attaques de ce type (parmi lesquelles Merck, Maersk, Saint Gobain, Fedex… mais aussi Sony Pictures ou Saudi Aramco) ont perdu jusqu’à plus de 95% de leurs systèmes d’information (des dizaines de milliers d’ordinateurs et de serveurs) en un délai souvent inférieur à 1h.

La situation au démarrage de la crise est alors très difficile. En effet, il n’y a plus aucun moyen de communication et d’échange au sein de l’entreprise, y compris au sein de la DSI. Les victimes ont communiqué sur des pertes atteignant plusieurs centaines de millions d’euros suite à ces attaques.

Compromission et perte de confiance dans le SI

Il s’agit d’attaques ciblées ne remettant pas en cause le bon fonctionnement du système. Elles visent par contre à donner aux attaquants l’accès à l’ensemble des systèmes de l’entreprise (messagerie, fichiers, applications métiers…). Elles leur permettent d’usurper l’identité de n’importe quel employé et de réaliser des actions en leur nom. Les attaquants peuvent ainsi atteindre tout type de données ou réaliser des actions métiers nécessitant plusieurs validations successives.

Ces cyber-attaques ont touché de très nombreuses entreprises dans tous les secteurs. Les conséquences sont souvent des fraudes massives, comme celles ayant touché la banque du Bangladesh. Il peut aussi s’agir de vols de données financières et de paiements. Ce fut le cas de celles ayant touché plusieurs groupes de distribution aux Etats-Unis dont Target ou encore Home Depot.

La situation au démarrage de ce type de cyber-crise est extrêmement complexe. La raison réside dans la conjugaison de plusieurs éléments aggravants : perte de confiance dans le système d’information et flou grandissant sur les actions et objectifs. Il faut alors investiguer discrètement jusqu’à pouvoir déloger l’attaquant et reconstruire un système sain. Les victimes de ces attaques ont également fait état d’impacts financiers atteignant plusieurs centaines de millions d’euros.

La résilience passe par une bonne gestion de crise

Les crises cyber sont des crises très particulières. Elles sont souvent longues (plusieurs semaines). Elles sont parfois difficiles à cerner (qu’a pu faire l’attaquant ? depuis combien de temps ? quels sont les impacts ?). Elles impliquent des parties prenantes externes, elles-mêmes souvent peu préparées sur ce sujet (avocats, huissiers, autorités, fournisseurs, voire les clients…). Il est donc indispensable d’ajuster les dispositifs existants qui n’ont pas été conçus pour intégrer cette dimension particulière.

Acteur opérationnel de la gestion de la crise cyber, la DSI ne doit pas être sur-mobilisée sur l’investigation et la défense. Cela se ferait au détriment de la production et du secours. Cet aspect constitue un point d’anticipation important à ne pas négliger. Il s’agit donc d’identifier clairement les équipes à mobiliser sur la crise et d’organiser les interventions parallèles d’investigation et de construction du plan de défense.

Au-delà de l’aspect organisationnel, il faut s’assurer de disposer également de l’outillage d’investigation (cartographie, recherche de signature de l’attaque, SI de gestion de crise indépendant, capacité d’analyse de malware inconnu…), d’assainissement (capacité de déploiement rapide de correctifs, isolation en urgence de portions non touchées du SI, isolation réseau…) et de reconstruction (accès rapide aux sauvegardes, accès aux documentations minimum de reconstruction, support des fournisseurs clés, capacité à réinstaller massivement des postes de travail…) requis pour comprendre la position de l’attaquant, stopper sa propagation et faire repartir au plus vite l’activité.

La rédaction d’un guide de gestion de crise, définissant les étapes structurantes, les responsabilités macroscopiques et les points de clés de décision sera un plus. Et parce qu’il est primordial de s’exercer en amont afin d’être prêt le jour où il faudra faire face à la crise, la réalisation d’exercices de crise sera un bon révélateur de la situation réelle.

Les dispositifs de continuité doivent être repensés

Des solutions les plus simples…

Les dispositifs de continuité doivent également évoluer pour s’adapter aux cyber-menaces. Les solutions possibles sont nombreuses. Elles peuvent toucher tous les types de dispositifs de continuité. Le plan de reprise utilisateur peut intégrer par exemple la mise à disposition de clés USB avec un système alternatif. Les collaborateurs pourraient l’utiliser en cas de destruction logique de leur poste de travail.

Certaines organisations ont fait le choix de provisionner des volumes de postes de travail de remplacement directement avec leurs fournisseurs de matériel afin de les installer rapidement en cas de destruction physique.

A des solutions très complexes et coûteuses…

Le plan de continuité informatique peut inclure de nouvelles solutions pour être efficace en cas de cyber-attaques. La plus emblématique vise à construire des chaînes applicatives alternatives. Il s’agit de « dupliquer » une application sans utiliser les mêmes logiciels, systèmes d’exploitation et équipes de production. C’est une solution extrême, très coûteuse et difficile à maintenir. Elle est envisagée pour certaines applications critiques dans le monde de la finance notamment.

A des solutions intermédiaires mais suffisantes

D’autres solutions moins complexes sont envisagées. Il s’agit par exemple de l’ajout de contrôle fonctionnel d’intégrité dans le processus métier. Son concept repose sur la réalisation de contrôles réguliers, à différents niveaux et à différents endroits dans la chaîne applicative. Ceci permet de détecter rapidement des attaques qui toucheraient par exemple les couches techniques (modification d’une valeur directement dans une base de données) sans avoir été réalisées par les actions métier classiques (via les interfaces graphiques). Ces mécanismes peuvent aussi s’appliquer aux systèmes d’infrastructures, par exemple en réconciliant les tickets de demande de création de compte d’administration avec le nombre de comptes réellement dans le système.

D’un niveau de complexité intermédiaire, il est possible d’envisager la définition de zone d’isolation système et réseau que l’on peut activer en cas d’attaques et qui vont isoler les systèmes les plus sensibles du reste du SI. Le SI industriel pourra, à ce titre, constituer à lui seul, une de ces zones d’isolation vis-à-vis du reste du SI.

Cyber-résilience et cybersécurité doivent être imbriqués

Implémenter ces nouvelles mesures de cyber-résilience nécessite des efforts importants. Des efforts qui seront vains si ces solutions de secours et les systèmes nominaux ne sont pas eux-mêmes déjà sécurisés correctement et surveillés avec attention. Le RSSI est l’acteur clé pour faire aboutir ces démarches souvent entamées mais rarement finalisées. L’aide du Risk Manager  — ou, s’il est désigné, son Responsable du Plan de Continuité d’Activité (RPCA) — sera alors un plus. Il est aujourd’hui communément acquis qu’il est impossible de sécuriser des systèmes à 100%. Il faut donc accepter la probabilité d’occurrence de cyber-attaques. C’est à ce moment-là que le Risk Manager ou le Responsable du PCA prendra tout son rôle.

Il est très clair que la résilience est un pilier majeur de votre stratégie de cybersécurité. A ce titre il convient de l’y intégrer dès la conception. Mais il vous appartient également de convaincre votre conseil d’administration de la réalité des cyber-risques et de la nécessité de la mise en oeuvre de mesures de résilience.

Comment s’y prendre concrètement?

Nous ne le répétons, jamais assez, mais deux bonnes pratiques de base sont absolument nécessaires.

Inutile de réinventer la roue : appuyez-vous sur ce qui existe

Il serait vain de partir d’une feuille blanche. Inspirez-vous des bonnes pratiques du marché. A cet effet, AXELOS a publié une référentiel de bonnes pratiques en matière de résilience des SI : RESILIA. Complémentaires d’ITIL, ces bonnes pratiques vous aideront à compléter vos processus existants afin d’y incorporer la planification de la résilience de votre SI

Faite monter vos collaborateurs en compétence, formez-les

La réponse aux cyber-attaques nécessite une préparation minutieuse et du personnel formé et efficace. A cet effet, 2AB & Associates vous propose des formations sur RESILIA (RESILIA Foundation et RESILIA Practitioner) ainsi que des formations sur la continuité des activités (Business Continuity Foundation et ISO 22301 Lead Implementer). Nous vous proposons également une formation indispensable pour mieux évaluer et planifier la réponse aux cyber-risques : ISO 27005 Risk Manager.

Et bien sûr, nos experts sont à votre disposition pour répondre à vos commentaires.

Transformation numérique : les conseils d’administration sont-ils prêts?

Les conseils d’administration (CA) devraient être impliqués dans la direction et le leadership de la transformation numérique de leur organisation, en prenant en considération les scénarios de risque non négligeables associés à cette mutation.

Transformation numérique : les conseils d'administration sont-ils prêts
Crédit © image par rawpixel.com

Le rôle du Conseil d’Administration de toute organisation est de s’assurer pour le compte des parties prenantes de l’Entreprise, de la création de valeur sous forme de bénéfices, tout en optimisant les risques et les ressources. Selon COBIT, le référentiel de Gouvernance publié par l’ISACA, cela passe par trois phases. La première consiste à évaluer les besoins de chacune des parties prenantes. La seconde est de prendre une décision en terme de direction à suivre par le management. Enfin, la troisième étape consiste à surveiller la performance et le progrès réalisé par l’Organisation dans la direction donnée.


«Les conseils d’administration jouent un rôle essentiel dans le processus de transformation numérique en apportant expertise, jugement, scepticisme sain et souci de la valeur à long terme.» (Deloitte)


Malheureusement les conseils d’administration ne sont pas encore prêts à superviser les technologies de l’information.  Ils le sont donc d’autant moins en ce qui concerne la transformation numérique de leur Organisation. En effet, non seulement «plus de 80% des CA pourraient ne pas avoir les compétences et les connaissances nécessaires pour gérer efficacement la technologie des entreprises et réaliser des gains stratégiques et des rendements financiers au niveau de l’entreprise» mais, de plus, les cadres mondiaux de gouvernance d’entreprise (COSO par exemple) ne font encore aucune référence significative au leadership numérique du CA.

La transformation numérique a cependant des impacts extrêmement importants sur le fonctionnement des Organisations. Le degré de focalisation requis pour garantir que la transformation numérique se concrétise comme prévu est donc très  élevé. Quels sont les problèmes à surmonter dans la structure des conseils d’administration si les organisations qu’ils supervisent doivent être durables dans le cadre de la transformation digitale actuelle? Les comités stratégiques IT du CA constituent un moyen clé de mieux superviser et contrôler la transformation numérique.

La gouvernance du SI a encore trop de mal à trouver sa place

Selon une étude du Gartner, jusqu’à 85% des projets en technologies de l’information échouent. Les défaillances informatiques détruisent la valeur pour les actionnaires en gaspillant des ressources. Ces défaillances font échouer des opportunités business et détruisent ainsi la valeur que les services informatiques auraient pu créer. Il ne fait aucun doute que ce taux d’échec continuera, voire augmentera, pour les initiatives de transformation numérique.

Une évolution dans le bon sens depuis dix ans

Le besoin de conseils d’administration ayant des compétences en technologies de l’information s’impose de plus en plus au niveau mondial. Cela leur permet d’atténuer les risques d’échec technologiques. C’est tout particulièrement important lorsque le succès stratégique et la pérennité de l’entreprise dépendent de la réussite de son informatique. La figure suivante illustre l’évolution de la gouvernance du SI ces dernières années.

L'évolution de la gouvernance du SI depuis 10 ans
Crédit © 2018 ISACA

L’exception chez les « gaulois réfractaires »

Cette gouvernance formelle du SI se matérialise de plus en plus par un comité stratégique informatique. C’est une préconisation phare de COBIT, le cadre de Gouvernance du SI publié par l’ISACA en 2012. C’est également une tendance forte dans les très grandes organisations qui ont souvent des comités stratégiques. Du moins dans les pays anglo-saxons…

conseil d'administration : l'exception chez les gaulois réfractaires

Lors d’une récente conférence destinée aux administrateurs au Canada, le consensus a été que les comités stratégiques informatique sont encore largement méconnus dans ce pays. Ils sont également ignorés dans la quasi totalité des pays francophones Européens (France, Belgique, Luxembourg) et encore plus en Afrique. A l’inverse on trouve de plus en plus souvent un comité stratégique IT dans les entreprises des pays anglophones. Est-ce à dire que l’absence de gouvernance du SI est une caractéristique liée à la langue Française? Serait-ce le syndrome du « Gaulois réfractaire » évoqué par le Président Macron récemment? Je ne saurais répondre mais le constat est hélas factuel. C’est d’autant plus inquiétant pour l’avenir économique des ces pays à l’heure de la transformation numérique mondiale.

Les conseils d’administration de l’ère digitale doivent s’adapter

Lors d’un récent congrès d’administrateurs de sociétés, une question des organisateurs portait sur le comité stratégique informatique. De façon très décevante, la réponse quasi-unanime des participants était que ni l’ampleur de leurs dépenses informatiques ni la contribution de l’informatique au risque opérationnel n’avaient été jugées suffisamment importantes pour justifier la création d’un comité stratégique distinct. C’est là une preuve supplémentaire de la totale déconnexion des membres des conseils d’administration de la réalité du changement en cours au niveau mondial. Peut-être est-ce dû au fait que, à ce jour, les conseils d’administration peuvent apparaître comme ayant fait du bon travail de gouvernance dans des entreprises de premier plan sans aucune expertise en TI dans leurs rangs? En tout cas, il y a beaucoup de choses derrière cette réponse totalement inadéquate.

D’autant que ce sont ces mêmes membres du conseil d’administration qui parlent publiquement de la transformation numérique et de l’innovation numérique! Ils sont donc apparemment inconscients de l’impact organisationnel énorme et des risques que comporte une telle mutation, qui, par définition, inclut les TI. Ce risque augmente significativement lorsque les membres du CA ne reconnaissent pas leurs responsabilités dans la gouvernance du SI.

L’évolution nécessaire de la composition du CA

Aux Etats Unis, la plupart des membres des conseils d’administration sont indépendants. C’est là une conséquence directe de la loi Sarbanes-Oxley (SOX) depuis 2002. D’ailleurs, dans le S & P 500, Spencer Stuart constate que 85% des administrateurs sont indépendants depuis 2007. Une autre conclusion intéressante de cette étude porte sur l’âge moyen de ces administrateurs qui était de 63,1 ans en 2017. En France, selon l’AGEFI, l’âge moyen des administrateurs des sociétés du CAC40 est de 58,9 ans en 2017. Il apparaît en légère hausse par rapport à 2016. Seulement 68% des membres des CA du CAC40 sont indépendants selon le même rapport de l’AGEFI en 2017.

Un problème de compétence, mais pas seulement

Une question que le Forum Economique Mondial pose aux administrateurs est de savoir si leur conseil d’administration possède des compétences numériques, multigénérationnelles et une expertise suffisante pour donner des conseils sur des sujets commerciaux et technologiques en évolution rapide. En ce qui concerne la sensibilisation au digital, Mckinsey constate que peu de CA ont une expertise numérique suffisante. Difficile donc d’avoir des échanges significatifs sur ce sujet important avec la direction à l’ère de la transformation digitale. Par ailleurs, avec une moyenne d’âge de 63,1 ans (59,9 ans en France), il est difficile de qualifier le conseil d’administration moyen de multigénérationnel.

 L’âge moyen des membres du conseil d’administration en question

Cela complète les conclusions d’une enquête menée par le Harvard Law School Forum impliquant 860 administrateurs de sociétés publiques. De nombreux membres du conseil d’administration ne sont pas à l’aise avec la supervision informatique car, avec un âge moyen de 63,1 ans:

  • L’expérience professionnelle de la plupart des membres du conseil d’administration est antérieure à l’ère de la transformation digitale des organisations;
  • Très peu d’administrateurs ont simplement des connaissances de base en technologies de l’information.

Ce n’est donc pas que les conseils d’administration en général ne souhaitent pas une gouvernance informatique accrue. C’est plutôt que les administrateurs en place n’ont tout simplement pas les compétences ou l’expérience nécessaires pour comprendre pourquoi ou quand ils ont besoin de gouvernance informatique ou même d’un comité stratégique informatique. Les conseils d’administration peuvent-ils être négligents en n’ayant pas de compétences en informatique à bord et, par conséquent, ne pas être en mesure de poser des questions approfondies de supervision des TI au-delà des questions d’audit générales du comité d’audit? La réponse est «non», les conseils ont le devoir fiduciaire d’avoir un minimum de compétence en informatique.

Le vice-président du Comité d’Hygiène et de Sécurité du CA de Delta Air Lines a bien résumé la situation :


Les conseils d’administration doivent être préparés avec les compétences, la technologie et les processus appropriés. Hélas, la plupart des CA échouent sur la majorité ou la totalité de ces exigences.


Dans le cadre de la transformation digitale de l’économie, il est temps que les actionnaires repensent la façon dont ils votent pour les membres du CA lors de leurs assemblées générales annuelles (AGO).

Le périmètre de la transformation digitale mal compris

L’une des clés pour mieux comprendre l’approche des administrateurs est l’écoute de leurs remarques face aux technologies de l’information. Le mot spécifique qu’ils utilisent le plus souvent, c’est «dépenser» (coût). Or le coût est plus en adéquation avec l’informatique opérationnelle qu’avec la transformation numérique. Cela signifie que les membres des conseils d’administration  semblent voir l’informatique uniquement sous l’angle des coûts opérationnels. Ils n’ont pas une approche incluant aussi les  opportunités. C’est pourquoi ils trouvent acceptable de «gouverner» l’informatique par le biais du comité d’audit. S’appuyant sur les constatations citées à la figure 1, la gestion des TI au sein du comité d’audit n’est pas satisfaisante. C’est d’autant plus vrai lorsque la transformation numérique est un objectif stratégique de l’Entreprise.

Lors d’une discussion récente que j’avais avec un administrateur d’une grande société Française cotée au CAC40 et figurant parmi les leaders mondiaux de son domaine, il me disait « La transformation numérique? C’est juste de la technologie. Et la technologie suivra toujours ». Cela révèle pour le moins une incompréhension du périmètre de la transformation numérique par ceux-là même qui doivent la superviser. Ce n’est clairement pas de bon augure pour les organisations concernées.

Cette approche uniquement basée sur les coûts est aujourd’hui largement dépassée. Elle suggère qu’il n’y a peut-être pas de véritable transformation digitale dans ces organisations. Cela va à l’opposé des commentaires publics apparemment tournés vers l’avenir des membres du conseil d’administration.

Cybersécurité, compétitivité, intégration stratégique et transformation numérique

L’informatique a longtemps été beaucoup plus axée sur la durabilité organisationnelle et le positionnement stratégique que sur le coût de l’automatisation des processus. Bien sûr, le conseil d’administration continue de devoir s’intéresser à la gouvernance. Il est cependant peu probable que de nombreux administrateurs soient en mesure de discerner le rôle de l’informatique dans la réalisation des préoccupations de Deloitte concernant la création de valeur à long terme.

Recommandations aux actionnaires et aux membres du CA

La gouvernance du système d’information, pilotée par KING III, ISO / IEC 38500 et COBIT, a été formalisée depuis 2008 au moyen de la norme ISO / IEC 38500. Si l’informatique est simplement opérationnelle dans une organisation, la gouvernance informatique ne doit pas dépasser la charte des coûts du comité d’audit et risque. Mais si l’activité de l’Entreprise dépend de façon stratégique de son informatique, y compris dans un contexte de transformation digitale, alors, conformément à la norme ISO / IEC 38500, le conseil d’administration a trois responsabilités principales:

  • Evaluer continuellement les performances informatiques dans le cadre de la stratégie organisationnelle;
  • Réorienter continuellement l’informatique si ses performances compromettent la stratégie de l’organisation;
  • Surveiller en permanence les performances informatiques pour s’assurer que la stratégie de l’entreprise sera livrée aux actionnaires.

Un outil efficace : le comité stratégique TI

Les problèmes business critiques tels que celui évoqué dans cet article prennent beaucoup de temps pour être résolus. Il est donc nécessaire de réagir efficacement. La création d’un comité stratégique TI est indubitablement un outil efficace pour y remédier. Incontestablement, le sujet des systèmes d’information a depuis longtemps dépassé les domaines d’audit et de risque de base. Des organisations importantes telles que Wallmart en ont tiré les conséquences. Ainsi Wallmart s’est doté d’un comité stratégique TI dédié au niveau du conseil d’administration. Il ne faut surtout pas croire hâtivement qu’un comité stratégique TI est technique. Ce n’est pas du tout le cas. Les responsabilités énumérées dans le paragraphe précédent, ainsi que des sujets tels que la compétitivité, la transformation et la durabilité fondées sur l’informatique, sont clairement stratégiques.

Bien que la gouvernance informatique ait continué à se développer au cours de la dernière décennie et soit devenue la gouvernance du SI, le chemin à parcourir est encore long. Non seulement il n’ya pas de discussion majeure sur le leadership numérique au sein des cadres de gouvernance d’entreprise au niveau mondial, mais les administrateurs ne semblent pas encore avoir les aptitudes et les compétences nécessaires pour gérer correctement les initiatives de transformation numérique.

Une nécessité : le renouvellement des conseils d’administration

Que peut-on faire dans cette situation? En règle générale, les administrateurs sont élus lors de l’assemblée générale annuelle (AGO) par les actionnaires. Dans les organisations où la durée du mandat est limitée, les administrateurs devraient être renouvelés et bénéficier de nouvelles perspectives sur le rôle et les risques. en transformation numérique. Les actionnaires détiennent généralement une partie du pouvoir nécessaire pour remplacer les administrateurs actuels au sein des conseils d’administration. Ils ont par conséquent des moyens d’action sur les membres du CA. Ils peuvent donc s’assurer que les administrateurs possèdent des connaissances de base en informatique.

La question est de savoir si ils le veulent vraiment ou si les facteurs générant des gains à court terme (croissance du prix des actions) sont plus importants que la viabilité à long terme. Ces deux objectifs sont totalement incompatibles. Et c’est là que se situe une partie du problème.

Restons positifs malgré tout

On commence, dans certaines entreprises, à apercevoir une lueur au bout du tunnel. Quelques Organisations, auprès desquelles j’interviens comme conseil, ont unanimement considéré que la durabilité par le biais de la transformation numérique exige plus qu’un simple créneau dans les ordres du jour plus larges des comités d’audit ou des risques.

Au lieu de cela, dans le contexte de la transformation digitale, le service informatique mérite un degré de gouvernance spécialisé qui ne peut lui être accordé que par le biais d’un comité stratégique informatique dédié. C’est une première étape encourageante. Il faut maintenant oeuvrer pour que cela se développe et se généralise. C’est en s’appuyant sur des cadres de gouvernance tels que COBIT ou ISO 38500 qu’on a quelques chances d’y parvenir. Malheureusement cette mutation est très lente. Et pas sûr que les conseils d’administration aient le temps d’évoluer avant que la situation ne devienne critique.

Cybersécurité : rôle et responsabilités du Conseil d’Administration

Les cyber-menaces sont complexes et en constante évolution. Elles peuvent aussi causer d’importants dommages financiers et de réputation à une Organisation. De plus, il n’y a aucun moyen d’être protégé à 100%. C’est pourquoi la cybersécurité ne relève plus uniquement des services informatiques. Les Conseils d’Administration sont les premiers responsables de la survie de leur organisation et, dans le monde interconnecté d’aujourd’hui, la cyber-résilience fait partie intégrante de cette responsabilité. Cela signifie que le Conseil d’Administration à un rôle actif à jouer et doit assurer ses responsabilités en matière de cybersécurité.

Cybersécurité : rôle et responsabilités du Conseil d'Administration
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En charge de la Gouvernance de leur Organisation, les Conseils d’Administration s’assurent de l’optimisation des risques et des ressources. Dans un monde en pleine transformation digitale, ils devraient donc considérer le cyber-risque comme prioritaire. Ceci implique qu’ils devraient jouer un rôle de leader en matière de cybersécurité au sein de leur Entreprise. Dans ce cadre, voici donc quelques responsabilités en matière de sécurité informatique qui leur incombent directement.

Principes de base en matière de cyber sécurité

COBIT, référentiel de bonnes pratiques en gouvernance des Entreprises, définit un certain nombre de principes de base pour gouverner une Organisation. Le Manuel de l’Administrateur sur la surveillance des risques lés au cyber espace, publié aux USA par L’Association Nationale des Administrateurs de Sociétés (NACD) définit également le rôle et les responsabilités du C.A. en matière de cybersécurité. Cinq principes se dégagent. Ces principes de base sont universels. Ils s’appliquent à toute Organisation, publique, privée ou même à but non lucratif, quelles que soient sa taille, son domaine d’activité ou sa localisation. Ils devraient donc être pris en considération par  tous les C.A. afin d’améliorer leur surveillance des cyber-risques.

1 – La cybersécurité est une problématique d’Entreprise et non une problèmatique technologique

Les administrateurs doivent comprendre et aborder les questions de la cybersécurité en tant que sujet de gestion des risques à l’échelle de l’entreprise, et pas uniquement en tant que sujet informatique.

Il est toujours aussi surprenant de constater combien d’entreprises associent encore la sécurité des informations ou la cybersécurité à l’informatique. Certes, la plupart des signalements d’incidents de sécurité proviennent de l’informatique, Mais on ne peut pas s’y limiter car les impacts se font sentir à l’échelle de toute l’organisation. Les compétences requises pour gérer les risques et traiter les problèmes doivent donc se situent au niveau global de l’organisation. Le Conseil d’Administration doit comprendre que tout miser sur la technologie est une grave erreur.  C’est d’ailleurs la cause sous-jacente d’un grand nombre de violations majeures.

2 – Comprendre les implications juridiques et réglementaires des cyber-risques

Les administrateurs doivent comprendre les implications légales et réglementaires des cyber-risques dans la mesure où ceux-ci se rapportent au caractère spécifique de leur Organisation.

Avec la fonction vient la responsabilité. La direction et le conseil d’administration sont considérés comme responsables ultimes des cyber-risques. Ces derniers mois, de nombreux piratages importants se sont produits et, dans de nombreux cas, ils ont perdu leur poste. Gregg Steinhafel, Président du Conseil d’Administration et Directeur Général de Target, a été contraint de démissionner de toutes ses fonctions à la suite de la violation massive des données de l’Entreprise en 2013. Et plus récemment, le Directeur Général d’Equifax, Richard Smith, a du démissionner à la suite de l’important piratage informatique qui a compromis les données d’environ 143 millions d’Américains.

3 –  S’appuyer sur l’expertise adéquate et mettre la cybersécurité à l’orde du jour

Les conseils d’administration devraient avoir un accès adéquat à l’expertise en matière de cyber-risques et de cybersécurité. D’autre part, les discussions sur la gestion des risques informatiques devraient faire l’objet d’une point régulier à l’ordre du jour des réunions du conseil. Il est également très important de pouvoir accorder un temps suffisant aux discussions sur ce sujet important. Il est de plus en plus courant de voir des membres du conseil d’administration qui ont un bagage technologique ou en sécurité. Cette expertise peut vraiment aider à sensibiliser les autres administrateurs. C’est la prise de conscience qui permet de gagner la bataille contre les cybercriminels.

4 – Mettre en oeuvre un cadre de sécurité pour l’Entreprise doté de ressources suffisantes

C’est la responsabilité du Conseil d’Administration de s’assurer de la mise en place d’un cadre de gestion des risques au niveau de l’Entreprise. La Direction doit être en charge de sa mise en oeuvre, de sa surveillance et de son suivi. Il est essentiel que le Conseil d’Administration lui donne les ressources nécessaires pour atteindre cet objectif. Ces ressources devront comprendre le personnel adéquat, les budget et les outils et technologies indispensables.

Pour la définition du cadre de risques, il est toujours plus facile d’appuyer sur des référentiels existants et éprouvés. Ainsi aux USA, il sera pertinent de s’appuyer du le référentiel NIST CSF. Ce cadre a été élaboré par le  National Institute of Standards and Technology . Il a pour but de permettre aux organisations – indépendamment de la taille, du degré de cyber-risque ou de la sophistication de la cybersécurité – d’appliquer les principes et les meilleures pratiques de gestion des risques à l’amélioration de la sécurité et de la résilience des infrastructures critiques. En Europe, NIST CSF est quasi inconnu. On pourra utiliser comme base de travail les normes ISO 27001 (Systèmes de management de la sécurité de l’information) et ISO 27005 (Gestion des risques liés à la sécurité de l’information).

Il existe de nombreuses autres sources également très intéressante pour l’élaboration de votre cadre de risque. Parmi celles-ci, vous  pouvez également  vous appuyer sur la publication COBIT for risk de l’ISACA.

Une chose est sûre : il est inutile de réinventer la roue!!!

5 – Identifier les risques, prioriser, définir l’approche et planifier

La discussion du conseil d’administration sur les cyber-risques devrait inclure l’identification des risques à éviter, à accepter, à atténuer ou à transférer par le biais de l’assurance, ainsi que des plans spécifiques associés à chaque approche.

Une gestion efficace du risque de cybersécurité nécessite une compréhension de l’importance relative des actifs de l’entreprise afin de déterminer la fréquence à laquelle ils devront être examinés pour détecter les expositions au risque. Ce n’est pas une tâche simple. Il faut beaucoup de réflexion et d’efforts, ainsi qu’une grande expertise en cybersécurité.

Exigences légales et réglementaires

Les industries les plus matures ont également des directives et des exigences réglementaires sectorielles en ce qui concerne les responsabilités en matière de cybersécurité du conseil d’administration. C’est par exemple  cas du secteur financier et bancaire. Certaines exigences réglementaires et légales sont aussi à l’étude au niveau des états. Parmi ces réglementations présentant des exigences en matière de sécurité des informations, on peut citer le RGPD.

Le RGPD (ou GDPR en Anglais) est la réglementation européenne sur la protection des données personnelles. Elle s’impose à toute Organisation publique ou privée traitant les données personnelles de citoyens européens. Le RGPD comporte plusieurs exigences précises en matière de cybersécurité des données personnelles. Le non respect de cette réglementation expose l’Organisation contrevenante, quelle que soit sa localisation dans le monde à une amende pouvant atteindre 4% de son chiffre d’affaire mondial avec un minimum de 20 millions d’Euros. La conformité réglementaire et légale est une responsabilité de la Gouvernance. Il s’agit donc d’une responsabilité du Conseil d’Administration. Déjà plusieurs Entreprises ont été sanctionnées en France par la CNIL pour non conformité au RGPD. Et, à chaque fois, il s’agissait de problématiques liées à la sécurisation de données dans leur système informatique.

Responsabilités du Conseil d’Administration

Le Conseil d’Administration assure la responsabilité de Gouvernance de l’Organisation. Gouverner une organisation consiste à s’assurer de la création de bénéfices pour les parties prenantes en optimisant les risques et les ressources. Ceci peut être représenté par le diagramme suivant extrait de COBIT.

Responsabilités de la Gouvernance et du Management - COBIT
Crédit © 2012 ISACA

Le Conseil d’Administration a pour responsabilité d’évaluer les bénéfices attendus, les risques et les ressources nécessaires (Evaluate). Il devra, suite  à cette évaluation, donner l’orientation à suivre (Direct). Il a également la responsabilité de surveiller la performance et les progrès réalisés (Monitor).

Evaluer les besoins, les risques et les ressources

Une évaluation de la posture de la cybersécurité est une première étape utile pour toute organisation qui souhaite identifier sa position actuelle en matière de cybersécurité, ses faiblesses, les risques encourus et ce qu’elle doit entreprendre pour augmenter son niveau de maturité. C’est là une étape importante pour permettre à toute organisation de renforcer ses défenses en matière de cybersécurité. Le Conseil d’Administration pourra dès lors prioriser les risques et fournir une feuille de route concrète à la Direction.

En quoi consiste votre posture de cybersécurité?

Selon le National Institute of Standards and Technology (SP 800-128 de NIST), une posture de cybersécurité se rapporte à «l’état de sécurité des réseaux, informations et systèmes d’une entreprise basé sur des ressources de sécurité de l’information (personnes, matériel, logiciels, stratégies). ) et des capacités en place pour gérer la défense de l’entreprise et réagir à mesure que la situation change ».

En d’autres termes, votre posture de cybersécurité indiquera à quel point votre entreprise est saine et cyber-résiliente. Elle indiquera à quel point l’organisation peut se défendre contre les cyberattaques, les violations et les intrusions. Définir votre posture de cybersécurité est donc important. En effet, cela guidera toute votre stratégie de cybersécurité, déterminera vos projets et influencera vos dépenses en la matière au fil des ans.

Signification des niveaux de maturité

  • Un niveau de maturité faible de la cybersécurité faible signifie généralement des défenses faibles. L’organisation  court donc un risque élevé. Elle nécessite par conséquent des améliorations significatives à plusieurs niveaux pour renforcer sa posture de cybersécurité et protéger ses actifs essentiels contre les violations et les intrusions.
  • Si le niveau de maturité est moyen c’est généralement indicatif de défenses de cybersécurité moyennes. L’organisation a alors pris plusieurs mesures pour sécuriser ses actifs critiques. Elle est cependant toujours en danger et il reste encore beaucoup à faire.
  • Un niveau de maturité élevé indique généralement de solides défenses. Cela signifie que l’organisation a mis en œuvre les stratégies, processus et procédures nécessaires pour optimiser sa posture de cybersécurité. Elle est conscients de ses actifs critiques et est préparée à faire face à des incidents de sécurité en toute confiance.

Donner l’orientation à la haute direction

Le Comité Stratégique IT

Le Conseil d’Administration définit l’orientation concernant l’utilisation de l’informatique par l’Organisation. Le Conseil d’Administration doit approuver le plan stratégique informatique, le programme de sécurité de l’information et les autres politiques liées aux TI. Pour ce faire, le Conseil d’Administration peut créer un  comité stratégique en charge des problématiques IT. Ce Comité Stratégique IT sera présidé par un membre du Conseil et aura notamment les responsabilités suivantes :

  • Examiner et approuver un plan stratégique informatique qui s’aligne sur la stratégie d’entreprise globale;
  • Promouvoir une gouvernance informatique efficace;
  • Superviser les processus d’approbation des fournisseurs tiers de l’organisation;
  • Superviser et recevoir des mises à jour sur les principaux projets informatiques, les budgets informatiques, les priorités informatiques et les performances informatiques globales;
  • Approuver les politiques à appliquer et signaler les incidents de sécurité importants au conseil d’administration;
  • Superviser l’adéquation et l’allocation des ressources informatiques pour le financement et le personnel;
  • Tenir la direction responsable de l’identification, de la mesure et de l’atténuation des risques informatiques;
  • Assurer une couverture d’audit indépendante, complète et efficace des contrôles informatiques.

Le recours à des sous-traitants pour la fournitures de certains services

Le Conseil d’Administration et la haute Direction devraient établir et approuver des politiques fondées sur les risques pour régir le processus d’impartition. Les politiques devraient reconnaître le risque pour l’Organisation d’externaliser les relations. Elles devraient également être adaptées à la taille et à la complexité de l’Organisation. Les facteurs que les Entreprises devraient envisager sont les suivants:

  • S’assurer que chaque relation d’impartition appuie les exigences globales et les plans stratégiques de l’organisation;
  • S’assurer que l’organisation dispose d’une expertise suffisante pour superviser et gérer la relation;
  • Evaluer les prestataires potentiels en fonction de la portée et de la criticité des services externalisés;
  • Adapter le programme de surveillance des prestataires de services à l’échelle de l’entreprise en fonction des évaluations des risques initiales et continues des services externalisés;

Surveiller la performance de l’organisation et les progrès

L’audit

  • Le Conseil dAdministration et la haute direction ont la responsabilité de veiller à ce que le système de contrôle interne de l’établissement fonctionne efficacement;
  • Le Conseil d’Administration devrait s’assurer que des directives écrites pour la conduite des audits informatiques ont été adoptées;
  • Le Comité d’Audit (sous la responsabilité du C.A.) est chargé d’examiner et d’approuver les stratégies d’audit (y compris les politiques et les programmes) et de surveiller l’efficacité de la fonction d’audit.

 

Cybersécurité : comment convaincre le Conseil d’Administration

A l’heure où les Entreprises entreprennent leur transformation digitale, le risque en matière de Cybersécurité s’accroit de jour en jour et une question se pose : comment sensibiliser et convaincre le Conseil d’Administration d’adopter une stratégie en matière de cybersécurité?

Stratégie de cybersécurité : comment convaincre le Conseil d'Administration?
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Lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre une stratégie de cybersécurité à l’échelle de l’entreprise, les responsables de la sécurité, tels que les RSSI, les directeurs informatiques ou les gestionnaires des risques, ont souvent les mains liées. Ressources et budgets insuffisants, incompréhension du risque au plus haut niveau sont leur lot quotidien. Il leur faut donc tout d’abord convaincre le Conseil d’Administration de la criticité du sujet. C’est en effet le Conseil d’Administration qui exerce la responsabilité de gouvernance de l’Entreprise. C’est donc lui qui priorise les risques et définit les ressources qu’il autorise pour atteindre les bénéfices attendus par les parties prenantes de l’Organisation.

Heureusement, la cybersécurité est désormais passée de la sphère technique à la salle du conseil au cours de ces dernières années. Aussi, de plus en plus de membres du conseil d’administration comprennent l’importance d’une bonne cybersécurité dans l’environnement numérique actuel. Il faut dire aussi que beaucoup d’Entreprises ont renouvelé leurs conseils d’administration avec des administrateurs plus jeunes et plus au fait des problématiques de sécurité de l’information.


La stratégie de cybersécurité doit être décidée par le Conseil d’Administration, exécutée par le Comité de Direction et devenir la propriété des premières lignes de l’Organisation. (Help Net Security)


Néanmoins, environ 87% des membres du Conseil d’Administration et des cadres supérieurs n’ont pas confiance dans le niveau de cybersécurité de leur organisation.

Vous êtes RSSI ou responsable de la mise en œuvre des stratégies de sécurité pour votre organisation? Alors il est très probable que vous serez amené à présenter vos propositions au Conseil d’Administration. Et vous devrez le faire d’une manière claire, pertinente et convaincante. Nous allons donc vous donner quelques pistes pour mieux sensibiliser les administrateurs à l’urgence d’agir en la matière.

Cybersécurité : comment convaincre votre Conseil d’Administration?

Nous vous proposons 10 bonnes pratiques à suivre pour expliquer la cybersécurité à votre conseil d’administration afin d’obtenir l’adhésion nécessaire pour sécuriser votre entreprise. Il ne s’agit pas là d’une liste exhaustive et vous devrez, sans aucun doute l’adapter en fonction des priorités de votre Organisation. Il s’agit seulement de 10 pratiques éprouvées par nos experts dans le cadre de leurs missions auprès des Entreprises :

  1. Apprenez à bien connaître les membres du CA
  2. Banissez les termes techniques
  3. Appuyez-vous sur des exemples réels
  4. Alignez-vous sur la stratégie business globale
  5. Concentrez-vous uniquement sur les points importants
  6. Adoptez une approche basée sur la gestion des risques
  7. Expliquez clairement ce que vous essayez de réaliser
  8. Argumentez en vous appuyant sur des chiffres significatifs et justes
  9. Proposez des solutions concrètes
  10. Démontrez le retour sur investissement

Apprenez à bien connaître les membres de votre Conseil d’Administration

Quel que soit votre secteur d’activité, la taille de votre entreprise ou son niveau de maturité en matière de cybersécurité, une présentation réussie dépendra de votre connaissance du public. Assurez-vous donc de vous familiariser vous-même avec chacun des membres du conseil avant d’entrer dans la salle. Apprenez à connaître leurs antécédents, leur position respective et leur influence dans l’organisation. Comprenez aussi leurs points sensibles et leur approche globale vis à vis de la sécurité et des risques. Plus vous en saurez sur les membres du conseil, plus il sera facile de les comprendre. Et cela vous permettra de les convaincre plus facilement avec des arguments qui leur parleront.

Au minimum, essayez d’en savoir un peu plus sur le président du Conseil d’Administration, ainsi que sur les présidents des comités suivants:

  • Comité de sécurité,
  • Comité des Risques et de la Conformité.

Banissez les termes techniques

Plus vous utiliserez des termes simples et mieux les membres du Conseil d’Administration comprendront votre présentation.

Il y a fort à parier que,votre CA ne soit pas très familier avec les termes, les outils et les technologies de sécurité. Pour vous assurer que vous pouvez être compris et faire passer votre message, banissez les termes techniques. Concentrez plutôt votre discours sur des principes et des scénarios faciles à comprendre. Remplacez les termes tels que les attaques  de type SIEM, DDoS et MITM par des concepts universels tels que la gestion des risques, les cyberattaques et les principes de sécurité.

Abordez les sujets qui intéressent les administrateurs tels que :

Appuyez-vous sur des exemples réels

Tout point que vous voudrez aborder doit être appuyé par un exemple concret. Cela aidera les membres du conseil à comprendre l’essence de ce que vous dites.

Par exemple, le niveau de maturité en matière de l’entreprise en matière de cybersécurité pourrait être présenté avec une échelle de feux tricolores simple allant du vert au rouge en passant par l’orange. L’impact de certaines cyber-menaces peut être souligné par des articles récents montrant les conséquences. Ainsi, par exemple, il peut s’agir des coûts résultant de l’absence de mise en oeuvre des mesures de cybersécurité appropriées.

Si ce n’est pas suffisant, appuyez vous sur des études de cas réels. Choisissez  des organisations similaires à la vôtre. Vous pourrez ainsi montrer comment les stratégies de cybersécurité ont aidé à sécuriser d’autres organisations contre les violations et les intrusions.

Alignez-vous sur la stratégie business globale de votre Organisation

Quelle que soit la conviction de votre proposition, elle sera inutile si elle ne correspond pas à la stratégie globale de l’organisation. Vous n’êtes pas là pour discuter des difficultés inhérentes à la gestion de vos opérations de sécurité. Votre CA ne s’intéresse qu’à la stratégie de haut niveau de l’entreprise. Aussi chaque décision sera probablement basée sur la manière dont elle aidera l’organisation à atteindre ses objectifs business.

Avant de parler aux administrateurs, assurez-vous de vous familiariser avec la stratégie et les objectifs globaux de l’entreprise. Faites ainsi valoir vos arguments en faveur de l’atteinte ces objectifs.

Concentrez-vous uniquement sur les points importants

Rappelez-vous que votre CA ne se réunit que de façon périodique et que son temps est précieux. C’est pourquoi votre présentation doit se concentrer uniquement sur les éléments critiques. N’incluez jamais des informations « intéressantes à avoir » mais non essentielles. Si vous éliminez le superflu votre CA appréciera votre respect pour son temps. Il se rappellera ainsi d’autant mieux les points essentiels que vous souhaitez faire passer.

Adoptez une approche basée sur la gestion des risques

Les entreprises ont des ressources limitées pour gérer leurs risques et le CA est le garant de leur optimisation. L’une des priorités majeures du Conseil d’Administration est de s’assurer que les risques pour l’Organisations sont correctement gérés. Lors de votre présentation, vous devez vous assurer que votre stratégie de cybersécurité aura un impact durable sur l’Entreprise. Concentrez-vous donc sur les principales stratégies qui peuvent vous aider à améliorer votre situation en matière de cybersécurité et à renforcer vos défenses contre les menaces et les intrusions.

En adoptant une approche de gestion des risques, vous serez mieux compris des administrateurs. C’est un des sujets auxquels ils sont très sensibles et qu’ils maîtrisent parfaitement.

Expliquez clairement ce que vous essayez de réaliser

En introduction essayez de bien faire comprendre aux administrateurs la raison de votre présence devant eux. Avant de commencer votre présentation, assurez-vous donc d’expliquer clairement quel est votre objectif :

  • S’agit-il d’une nouvelle orientation stratégique en matière de cybersécurité?
  • Avez-vous besoin de plus de budget pour certaines acquisitions?
  • Devrez-vous embaucher des ressources supplémentaires et obtenir leur approbation?
  • Avez-vous besoin que le CA examine et approuve une nouvelle politique relative à la sécurité?

Les membres du conseil d’administration doivent avoir une compréhension claire de ce que vous essayez d’obtenir de leur part.

Argumentez en vous appuyant sur de chiffres significatifs et justes

Collectez des faits et des chiffres. Et surtout préparez-vous à répondre de façon précise aux questions.

Il est probable que les membres du Conseil d’administration poseront des questions spécifiques sur la situation actuelle de l’organisation en matière de cybersécurité, son évolution au fil des dernières années et la manière dont ils peuvent mesurer le niveau d’exposition au risque.

Assurez-vous de trouver des chiffres et des statistiques pertinents pour faire valoir votre point de vue. Par exemple, la stratégie de cybersécurité proposée peut nécessiter un budget supplémentaire de 8%, mais vous obtenez un retour sur investissement mesurable car votre exposition au risque sera réduite de 25%. La connaissance des chiffres significatifs et vérifiables constituera un argument clé pour convaincre le conseil.

Proposez des solutions concrètes

Soulever un problème est une chose, proposer une solution en est une autre.


Souvent les managers des départements ou des équipes viennent me voir en me disant « J’ai un problème ». Et j’ai l’habitude de leur répondre « Alors va le résoudre, et reviens me voir lorsque tu auras des solutions à me proposer ». Le CA n’est pas là pour vous aider à résoudre vos défis. Il a seulement pour rôle d’entériner une des solutions que vous lui proposez.


Assurez-vous de ne pas simplement parler de vos défis mais plutôt de mettre en place des solutions concrètes de cybersécurité qui vous faciliteront la vie tout en bénéficiant à l’Organisation. Par exemple, votre présentation pourrait se terminer par une liste de 5 stratégies concrètes que vous prévoyez d’entreprendre. Présentez leur impact budgétaire, leur date de début et de fin, leur impact sur l’activité et le retour sur investissement prévu. Une conversation de haut niveau est un bon point de départ. Cependant seules des solutions concrètes permettront d’apporter un changement durable.

Démontrez le retour sur investissement

Si vous voulez obtenir l’adhésion du CA à votre proposition de stratégie de cybersécurité, assurez-vous d’expliquer clairement comment vous allez rendre compte de vos projets. Et surtout, expliquez comment vous pouvez démontrer le retour sur investissement de votre proposition. Par exemple, vous pouvez décider de mener une évaluation de la situation de la cybersécurité de votre entreprise pour savoir où vous en êtes aujourd’hui et où vous devriez vous situer à la fin de la mise en œuvre.

Une progression mesurable du niveau de maturité de l’Entreprise en matière de cybersécurité peut aider à gagner l’adhésion des membres du conseil d’administration. Ils pourront ainsi être assurés que leur engagement a été payant.

En conclusion…

Pour qu’une stratégie de cybersécurité soit efficace et permette d’opérer un changement durable, le RSSI devra faire preuve d’intelligence pour obtenir l’adhésion de son Conseil d’Administration. Gardez à l’esprit que le temps que vous allez passer devant le CA est limité (généralement moins de 30 minutes). Alors concentrez-vous sur les éléments les plus importants qui éveilleront leur intérêt  et qui sont alignés avec leurs priorités et objectifs permettant d’assurer le succès de l’Entreprise sur le long terme

Si vos arguments sont clairs, pertinents et facilement compréhensibles, liés aux opérations et à la stratégie de l’entreprise, et que vous pouvez démontrer le retour sur investissement de votre proposition de stratégie de cybersécurité, alors vous aurez de meilleures chances d’obtenir le soutien nécessaire pour ce que vous essayez de réaliser.

Vous avez besoin d’aide pour préparer votre intervention ou même pour vous assister lors de votre présentation au CA? Vous pouvez contacter l’un de nos experts en Gouvernance et en Stratégie de cybersécurité qui vous proposera une présentation exécutive efficace à destination des membres de votre Conseil d’Administration.

CISA vs CIA – Infographie

Beaucoup d’auditeurs se posent la question du cursus le plus adapté pour favoriser leur évolution professionnelle : CISA ou bien CIA. Notre article CISA vs CIA : Quel choix pour un auditeur? mettait en perspective les deux certifications professionnelles, Alors, pour mieux fixer les idées, vous proposons aujourd’hui une infographie résumant  les particularités de chacune. Les deux certifications ont leurs partisans et leur opposants. Le CIA, proposé par l’IIA (The Institute of Internal Auditors) est largement préféré par les auditeurs internes. Le CISA, proposé par l’ISACA (The Information Systems Audit and Control Association), est pour sa part largement plébiscité par les informaticiens.

Notre infographie CISA vs CIA

CISA vs CIA Infographie
© 2018 2AB & Associates

Pour en savoir plus

Vous souhaitez en savoir plus? Nous vous proposons d’approfondir avec quelques articles associés publiés sur notre blog :

Si vous avez déjà passé l’une de ces certifications, n’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires qui aideront également les lecteurs à se faire leur propre opinion.

Nos experts se tiennent également à votre disposition pour répondre à toutes vos questions.

CISA vs CIA : quel choix pour un auditeur?

La progression dans sa carrière professionnelle est une préoccupation pour chacun et chacune d’entre nous. Que ce soit pour des raisons financières ou d’intérêt du travail ou d’avancement, voire pour changer d’emploi. Ce sont des pensées qui traversent l’esprit. Souvent, on pense certification comme un sésame vers un meilleur poste, une meilleure rémunération ou un accroissement des responsabilités. Cependant, une certification professionnelles exige beaucoup d’investissement tant en apprentissage que dans le domaine financier. Il est donc nécessaire de bien réfléchir avant de faire un choix qui conditionnera notre avenir. .Alors lorsqu’on est un auditeur interne ou externe il est normal de se trouver face au choix cornélien du choix de la certification professionnelle qui sera la meilleure pour notre avenir : CISA ou CIA?

CISA versus CIA : Quel choix pour un auditeur?

Les deux certifications, proposées par deux associations professionnelles internationales d’auditeurs, l’ISACA et l’IIA, ont toutes les deux leurs avantages. Nous allons essayer dans cet article de vous aider à faire votre choix.

La première chose importante à conserver à l’esprit c’est que les deux sont des certifications professionnelles. Les deux exigent de votre part une connaissance vaste et surtout une compétence, basée sur l’expérience de plusieurs années. Inutile donc de vous lancer si vous n’avez pas déjà une expérience de quelques années dans l’audit. Vous ne pourrez tout simplement obtenir la certifications car votre compétence sera vérifiée auprès de vos précédents employeurs. Et surtout gardez bien à l’esprit que ce n’est pas la certification qui fait un bon auditeur.

Le CISA (Certified Information System Auditor)

La certification CISA (Certified Information Systems Auditor) est délivrée par l’ISACA (Information System for Audit and Control Association). Lancé en 1978, le CISA a été délivré à plus de 140.000 auditeurs professionnels dans le monde en 40 ans. Le CISA est reconnu mondialement dans les domaines de  l’audit, du contrôle et de la sécurité des systèmes d’information. Les critères de certification sont constants et représentent un niveau de compétence élevé dans le domaine de l’audit informatique, de la sécurité informatique, de la gouvernance informatique et de la gestion des risques.

Le CISA est souvent exigé dans le cadre de recrutements dans ces secteurs. En effet, la certification aide les employeurs dans la sélection de vérificateurs hautement qualifiés destinés à évaluer et mesurer les contrôles informatiques. Elle atteste également que le candidat possède des connaissances solides ainsi qu’un ensemble de compétences vérifiées en matière d’audit.

L’examen du CISA

Le taux d’échec associé à cet examen est assez élevé. Pour obtenir la certification, le candidat doit réussir l’examen qui comprend des sections sur les cinq domaines suivants:

  • Processus d’audit des systèmes d’information (21%);
  • Gouvernance et management des systèmes d’information (16%);
  • Acquisition, conception et mise en oeuvre des SI (18%);
  • Exploitation, maintenance et support des SI (20%);
  • Protection des actifs informationnels (25%).

L’examen se présente sous la forme d’un QCM de 150 questions sur 4 heures, au format électronique. L’examen ne peut être passé que sur rendez-vous dans un centre PSI. Il est proposé dans différentes langues dont le Français et l’Anglais.

Admissibilité au CISA

Le candidat est éligible à la certification s’il a réussi l’examen et s’il possède une expérience dans ces domaines. L’expérience minimale requise est de cinq ans. Chaque expérience sera méticuleusement vérifiée par l’ISACA auprès des précédents employeurs du candidat. De plus, le candidat doit signer et s’engager à respecter les conditions associées au Code de déontologie professionnelle de  l’ISACA.

Le CIA (Certified Internal Auditor)

La mission de l’IIA (The Institute of Internal Auditors) est d’offrir un leadership dynamique à l’échelle mondiale dans le domaine de l’audit interne. La certification CIA est reconnue au niveau mondial et démontre les compétences et le professionnalisme des auditeurs internes. Le CIA atteste des aptitudes des auditeurs internes à jouer un rôle important dans leur organisation. Durant toute la préparation, l’accent est mis sur les normes internationales pour les praticiens. L’auditeur interne doit faire preuve de professionnalisme et a une obligation de conseil dans le cadre des « International Standards for the Professional Practice of Internal Auditing » de l’IIA. Tout au long du parcours, l’accent est mis sur la gestion du projet d’audit interne et se conclut par des concepts liés aux risques internes, au contrôle, à la gouvernance et à la technologie. Le CIA vous permettra de :

  • prouver votre maîtrise de l’audit interne et votre professionnalisme;
  • renforcer votre crédibilité au sein la profession et dans votre organisation;
  • accéder à de nouvelles opportunités de carrière;
  • vous distinguer de vos pairs;
  • développer vos connaissances des meilleures pratiques;
  • poser les fondements de l’amélioration continue de vos compétences et de votre promotion;
  • faire reconnaître vos compétences;

Les examens du CIA

L’obtention du CIA se base sur la réussite à 3 examens sous forme de QCM en Anglais :

  • Partie 1 : Les concepts de base de l’audit interne
    • 125 questions en 2h30
  • Partie 2 : La pratique de l’audit interne
    • 100 questions en 2h00
  • Partie 3 : Les éléments de l’audit interne
    • 100 questions en 2h00

Admissibilité au CIA

Outre la réussite aux trois examens, les candidats doivent satisfaire aux conditions d’admissibilité suivantes :

  • Détenir un diplôme d’enseignement supérieur équivalent à Bac+3 (master) ou son équivalent d’une université agréée;
  • Avoir exercer pendant au moins 24 mois en tant qu’auditeur interne (ou équivalent). Les candidats peuvent postuler au programme de la certification CIA et passer l’examen avant de satisfaire aux conditions requises en matière d’expérience, mais ils ne seront pas certifiés avant d’avoir rempli toutes les conditions du programme;
  • Faire preuve d’un comportement professionnel et d’un jugement exemplaire, et s’engager à respecter le Code de déontologie établi par l’IIA;
  • Présenter des références irréprochables et vérifiables.

Quelques critères de choix

La question qui m’est fréquemment posée parmi les candidats est celle de savoir s’ils doivent opter pour le CIA ou le CISA. La différence entre CISA et CIA  peut être résumée, car le CISA s’adresse aux spécialistes IT alors que le CIA est destinée aux auditeurs internes généralistes. Les deux cours ont leurs limites et leurs qualités. La certification de la CIA coûte environ 1 500 dollars ou plus. Alors que la certification CISA coûte environ 1000 $. Des coûts supplémentaires peuvent survenir pendant la formation en raison des livres à acquérir et des cours de préparation à suivre.

Alors comment choisir? CISA ou CIA?

La question demeure, quelle certification serait-it préférable d’obtenir? Le CISA ou le CIA? Si vous planifiez de passer les deux, alors laquelle doit être passée en premier?

La certification CISA se situe à un haut niveau pour les auditeurs informatiques. Il est nécessaire que vous possédiez parfaitement les bases de l’audit et que vous ayez  une bonne connaissance de l’informatique. Les auditeurs informatiques obtiennent la certification pour pratiquer le terrain, alors que les auditeurs non-it la choisissent pour passer à l’audit informatique. Le CISA comprend 1 examen qui comprend 1 an d’adhésion à l’ISACA. Avec une connaissance et une expérience solides, on peut préparer et obtenir la certification dans un délai de six mois à un an. Ce qui en fait un bon retour sur investissement.

Alors que la CIA est une certification plus large et est associée à 3 examens. La certification couvre l’audit et l’informatique à un niveau plus large. Contrairement au CISA, le CIA est plus lié à l’audit général qu’à l’informatique. Il est obligatoire que vous réussissiez les 3 examens dans les 4 ans à compter du premier examen. Le passage des 3 examens du CIA prend généralement 1 à 2 ans. Le CIA est plus respecté que le CISA en raison de son étendue plus large. L’examen du CIA est plus difficile que celui du CISA. En outre, une chose à considérer est que les auditeurs informatiques sont généralement mieux payés que les auditeurs non informatiques.

Les plus du CIA

Le CIA est une bonne option si vous souhaitez être un auditeur interne mais que vous n’êtes pas certain de la spécialisation, du domaine ou de vos préférences en matière de gestion ou encore du  rôle général de l’audit interne au sein d’une société. Si le CIA est jumelé à un CPA (Certified Public Accountant), vous disposerez d’une excellente combinaison pour viser un poste de haut niveau en tant que CAE (Chief audit Executive) ou responsable de l’audit interne. Le CISA n’est bénéfique que si vous envisagez une carrière dans l’audit informatique. La durée totale du cours de certification en 3 parties de la CIA est de 1 à 2 ans.

Les points-clés du CISA

La certification CISA est garante de normes élevées d’audit informatique. Si vous vous intéressez davantage à  l’audit informatique et que vous considérez que l’avenir de l’audit est davantage lié aux technologie qu’à l’analyse, alors le CISA est un bon choix. Son champ d’application est plus restreint et l’examen ne comprend qu’une partie. L’avantage pratique de passer une certification en CISA est qu’il est moins difficile et que le processus d’examen est plus rapide que pour le CIA. Un candidat peut achever sa préparation en 6 mois voire même en 2 mois s’il est déjà impliqué dans des missions d’audit informatique. Le cours de préparation dure généralement une semaine et il est conseillé de lire d’abord les manuels avant de le suivre.

Si vous envisagez les deux certifications?

La valeur du CIA et la spécialisation du CISA ont toutes deux une grande valeur. Cependant, les efforts requis pour les examens de la CIA sont très élevés. L’examen CISA nécessite moins d’efforts que celui du CIA. Vous devriez assez facilement réussir le  CISA si possédez déjà le CIA.

Cependant, il est moins utile de suivre le chemin inverse. Si vous voulez être un auditeur informatique et que vous choisissez le CISA,  l’ajout d’un certification CIA ultérieure n’apportera pas beaucoup de valeur à votre profil.

Les opportunités de carrière – CISA vs CIA

La certification joue le rôle de garantie des normes professionnelles auprès de recruteurs. Elle permet donc d’améliorer la fiabilité des recrutements. Une certification de qualité peut ainsi constituer un avantage concurrentiel pour un auditeur. Le détenteur du certificat est plus susceptible  de contribuer à la création de valeur par l’organisation. Et donc, de fait, un auditeur titulaire d’un CISA ou d’un CIA est a de grandes chances d’obtenir un salaire plus élevé. Cependant, un titulaire du CISA a tendance à gagner plus qu’un demandeur d’emploi titulaire d’un CIA.

Selon le baromètre annuel des salaires publié chaque année par le site payscale.com un auditeur interne possédant un CIA toucherait un salaire annuel entre 50.000$ et 116.000$ avec une moyenne de rémunération annuelle de 85.000$. De son côté, un auditeur titulaire d’un CISA aurait une rémunération se situant entre 60.000$ et 124.000$ avec une moyenne de 98.000$.

Il est cependant clair que le salaire et la place dépendent largement de l’industrie, de l’entreprise, de la localisation géographique et de votre rôle.

BCM – Préparez-vous à survivre en cas de crise!

Dans un monde de plus en plus risqué, tout peut arriver à tout instant : une catastrophe naturelle, une cyber-attaque, une pandémie, un incendie. Attendre que l’accident arrive serait condamner votre entreprise à une mort plus que probable. Alors inutile d’attendre. Préparez-vous dès maintenant à survivre à une crise lorsqu’elle arrivera.

BCM - gestion de la continuité des affaires
Crédit photo © garagestock

Nous démarrons aujourd’hui une nouvelle série d’articles consacrés à la Gestion de la Continuité des Activités. Il s’agit une problématique concernant tous les types d’organisations, quelle que soit leur taille. D’ailleurs, de plus en plus de réglementations sectorielles et de lois nationales imposent l’existence d’un processus de gestion de la continuité des activités pour certains types d’entreprises (banques, opérateurs télécoms, santé, agro-alimentaire, etc.). Il est également important d’éviter une confusion fréquente et de bien distinguer la gestion de la continuité des activités business d’une organisation, dont nous parlerons ici, de la continuité informatique qui fera l’objet d’un futur article. Ainsi, la continuité informatique ne peut pas exister sans une Gestion de la Continuité des Activités Business dont elle n’est qu’une conséquence.


Vous êtes à la maison, et on vous apprend qu’un incendie majeur touche votre entreprise… Le temps s’arrête et les questions surgissent dans votre tête : „ Est-ce que les employés sont en sécurité? „ Quelles sont les conséquences, qu’avons-nous perdu? „ Combien de temps serons-nous affectés? Que doit-on prioriser?


Toute entreprise est exposée à de nombreux risques. Ces risques lorsqu’ils sont liés à des incidents majeurs, peuvent avoir des impacts considérables au niveau des opérations. Cependant l’impact le plus important se concrétisera au niveau de la confiance et de l’image. Vos clients risquent alors de vous abandonner. Vos investisseurs risquent également de reprendre leurs fonds, privant l’entreprise de moyens d’opérer. Nous allons donc essayer au travers de cet article de voir quelles sont les bonnes pratiques de gestion de la continuité des activités.

La continuité des activités (Business Continuity Management ou BCM), c’est établir à l’avance, sans les facteurs d’urgence et de panique, comment votre entreprise réagira si un incident survient. Elle permet de mettre en place des stratégies pour diminuer les effets de l’incident sur votre environnement, sur vos actifs, vos activités, vos revenus et votre réputation.

Qu’est-ce que la Gestion de la Continuité des Activités (BCM)?

La continuité des activités business

La continuité des activités (Business Continuity Management ou BCM), c’est établir à l’avance, sans les facteurs d’urgence et de panique, comment votre entreprise réagira si un incident survient. Elle permet de mettre en place des stratégies pour diminuer les effets de l’incident sur votre environnement, sur vos actifs, vos activités, vos revenus et votre réputation. La gestion de la continuité des activités commence donc par l’élaboration de votre plan de continuité business (BCP).

Dans cet article, nous vous présentons les différentes étapes à suivre pour construire votre plan de continuité des activités. Celui-ci devra être simple, efficace et orienté vers l’action. Il sera structuré pour vous permettre de faire face à tout type de situation. Vous devrez déterminer préalablement quelles seront les responsabilités de chacun et les procédures à suivre afin d’éviter de dépendre uniquement de la débrouillardise des individus pour faire face au sinistre. Finalement, il sera important que ce plan soit mis en pratique et tenu à jour afin de demeurer pertinent. Le chef d’entreprise devra donc s’impliquer dans la démarche, et un responsable devra être assigné.


Êtes-vous bien préparé aux catastrophes naturelles et aux phénomènes météorologiques extrêmes? Selon une étude récente d’Environnement Canada, les événements météorologiques extrêmes qui survenaient tous les 40 ans reviennent maintenant tous les 6 ans.

Que feriez-vous en cas de cyberattaque? Selon le gouvernement canadien, environ 70 % des entreprises canadiennes ont été victimes de cyber-attaque l’an dernier, avec un coût moyen de 15 000 $ par incident.

 La question n’est donc plus de savoir SI, mais bien QUAND votre entreprise aura à faire face à un incident.


Qu’est-ce qu’un incident?

Un incident, c’est une situation qui peut être, ou conduire à, une perturbation, une perte, une urgence ou une crise. L’incident peut être mineur, comme une perte temporaire d’accès à vos locaux. Il peut aussi être majeur, comme la perte complète de vos systèmes informatiques. Il peut être d’origine naturelle (inondation, incendie), social (grève, émeute) ou technologique (cyber-attaque, etc.).

Pourquoi entreprendre une démarche de continuité des activités (BCM)?

Dans le cas où une urgence se produit, vos employés pourraient être dans l’incapacité d’accéder au lieu de travail. Vos fournisseurs pourraient également ne pas être en mesure de vous fournir le matériel ou les services nécessaires à la poursuite de vos activités. Les incidents provoquant une interruption peuvent survenir n’importe quand et affecter toute entreprise.

Les changements climatiques auront une incidence sur la fréquence et l’ampleur des événements météorologiques auxquels votre entreprise ou vos partenaires pourraient avoir à faire face. De plus, de nouveaux risques émergents, comme les cyberattaques, peuvent aussi concerner tout type d’organisation.

Un plan de continuité des activités vous permet de bénéficier de plusieurs avantages :

  • Réponses plus efficaces lors d’un incident afin :
    • de protéger la vie des employés et les actifs de l’entreprise; ƒ
    • de limiter les pertes matérielles et financières; ƒ
    • d’assurer la poursuite des activités essentielles en permettant ainsi de préserver les revenus et la réputation, et de faciliter le retour à la normale.
  • Implantation de solutions qui réduiront votre vulnérabilité aux incidents et qui augmenteront votre résilience et votre robustesse dans vos opérations normales. „
  • Mise en évidence de l’image d’une entreprise responsable à l’intention des employés, clients, actionnaires, investisseurs, banques et assureurs. „
  • Avantage concurrentiel, car vous pourrez maintenir vos activités même en cas d’incident. „
  • Conformité aux attentes de clients qui peuvent requérir un plan de continuité des activités formalisé. „
  • Respect d’exigences propres à votre secteur telles que les normes AS9100 et IATF 16949 dans le domaine aérospatial, le code SQF dans le domaine alimentaire, Bale III pour le secteur financier ou encore la loi sur les télécommunications (France, Cote d’Ivoire, …) ou les règles de l’Autorité des marchés financiers (AMF) au Canada, .

Etes-vous prêts à affronter un sinistre?

Vous serez peut-être surpris et rassuré d’apprendre que des mesures déjà en place au sein de votre entreprise pourraient vous permettre de répondre à certains scénarios d’incident, tels un problème informatique ou une perte d’accès à votre site opérationnel.

Avant que vous entrepreniez une démarche structurante en continuité des activités, il est recommandé que vous effectuiez une auto-évaluation de votre état de préparation. Ainsi, vous pourrez mieux cerner les enjeux, déceler les forces et les faiblesses de votre entreprise en matière de continuité des activités et comprendre où des efforts seront nécessaires pour répondre adéquatement à un incident.

Éléments potentiellement déjà en place dans votre entreprise (énumération non exhaustive):

  • Capacité de travailler à distance (télétravail); „
  • Produits fournis et/ou services offerts sur plus d’un emplacement; „
  • Systèmes informatiques (courriels, applications informatiques, données) dans le cloud; „
  • Procédures de sauvegarde des données à l’externe; „
  • Plan de sécurité incendie; „
  • Coordonnées des employés et des partenaires business à jour et disponibles à l’extérieur du bureau; „
  • Procédure d’alerte et de mobilisation en cas d’urgence; „
  • Programme de maintenance des équipements; „
  • Stock réparti sur deux emplacements ou distinct de l’environnement de production; „
  • Fournisseurs de remplacement; „
  • Formation croisée des employés ou processus documentés.

Si ce n’est pas déjà fait, dressez une liste des coordonnées des employés et des partenaires clés pour les joindre pendant les heures normales d’ouverture et en dehors de celles-ci. Conservez cette liste à portée de main à l’extérieur de votre site professionnel.


Comment élaborer un plan de continuité?

Pour élaborer un plan de continuité des activités et s’assurer qu’il sera fonctionnel lors d’un incident, quatre grandes étapes sont à suivre. Celles-ci requerront le soutien de la direction et l’implication de tous les secteurs de l’entreprise. Des outils sont disponibles sur le net (par exemple le formulaire d’auto-évaluation élaboré par le Gouvernement du Québec) pour vous soutenir dans la réalisation de chacune de ces étapes. Quand vous aurez rempli les outils, il vous sera ensuite facile de constituer votre plan de continuité des activités.

Plan de Continuité des Activités
Crédit © Gouvernement du Québec

La planification est aussi importante que le plan lui-même.

Le processus d’élaboration d’un plan de continuité des activités est de plus en plus formalisé. Des normes nationales  et internationales (ISO 22301) ainsi que de bonnes pratiques (Business Continuity Institute et Disaster Recovery Institute) définissent les éléments que devrait comporter ce processus.


Dans nos prochains articles consacrés à Gestion de la Continuité des Activités, nous aborderons successivement ces quatre étapes.

Comment démarrer sa Gestion de la Continuité des Activités?

Avant de démarrer vos activités de planification de la gestion de la continuité des activités nous vous invitons à faire suivre aux personnes qui en seront directement en charge, une formation BCM Foundation (les fondamentaux de la Gestion de la continuité des activités).

Si vous êtes confrontés à cette problématique ou si vous avez été victimes d’un sinistre, nous vous invitons à poster vos commentaires. Ceux-ci aideront sans aucun doute d’autres lecteurs confrontés aux mêmes problèmes.

COBIT et VeriSM : la recette du succès

Le modèle VeriSM récemment lancé, semble être un complément intéressant à COBIT. VeriSM, bien que très récent, a suscité beaucoup d’intérêt et de discussions dans les équipes de gestion des services. Déjà de nombreuses organisations envisagent et évaluent cette approche.

COBIT et VeriSM : La recette du succès
Crédit : © Dreamstime

Des idées clés au cœur de VeriSM

Quelques idées fortes sont au coeur même du modèle VeriSM :

  • Dans un monde de services numériques, gouverner les services devient une préoccupation importante pour l’ensemble de toute organisation. Ce n’est plus le problème de l’informatique uniquement,
  • Le « département informatique » est simplement une aptitude organisationnelle comme toutes les autres (par exemple les RH, les ventes, le marketing). Il doit donc travailler en étroite collaboration avec toutes les autres capacités de conception, de construction et de gestion des services numériques,
  • Toutes les organisations doivent prendre conscience de leur environnement, des ressources et capacités disponibles (à la fois en interne et en externe) lors de la conception, du développement et de la fourniture de services numériques. C’est le concept de réseau de management ou de management maillé,
  • Des principes de gestion des services clairement définis devraient servir de guide pour tout nouveau service. Ceci, afin de garantir que ce sont bien les bons «muscles» du maillage qui sont sollicités au fur et à mesure du développement du service et pendant toute la durée de son cycle de vie.

VeriSM n’est pas en soi un cadre, un référentiel ou une méthodologie. VeriSM est, en fait, un modèle préconisant l’évaluation et l’utilisation flexible des pratiques de gestion. Ces pratiques sont décrites dans VeriSM au travers des éléments du management maillé (« Management Mesh« ).

COBIT 5 est l’un de ces cadres de meilleures pratiques en matière de gouvernance et de management de l »information. Il présente donc une grande synergie avec VeriSM. De ce fait COBIT 5 aidera les organisations à adopter une approche VeriSM et à établir et exploiter efficacement un maillage du management.

LE CONCEPT DE MANAGEMENT MAILLE DE VeriSM

VeriSM - Le management maillé
Crédits © Van Haren 2017

COBIT 5 pour la Gouvernance

Le modèle VeriSM repose sur l’établissement d’une gouvernance efficace des services gestion de l’information et de la prestation de services informatiques performants.

COBIT 5 est un cadre reconnu en matière de gouvernance de l’Entreprise. Il définit un référentiel unique de gouvernance qui couvre de façon transparente l’ensemble de l’Entreprise, de manière globale et de bout en bout. Il s’agit là de trois des cinq principes clés de COBIT.

COBIT 5 : LES 5 PRINCIPES

COBIT : les 5 principes
Crédits : © ISACA 2012 – Tous droits réservés

Les principes de gestion des services VeriSM doivent refléter les besoins et les moteurs de l’organisation et de ses parties prenantes traduits en objectifs de l’entreprise. Ils constituent donc une composante clé de la gouvernance.

La cascade d’objectifs de COBIT 5

Les besoins des parties prenantes de l’Entreprise doivent être traduits en actions stratégiques pour être mise en oeuvre. La cascade d’objectifs de COBIT 5 représente le mécanisme de traduction des besoins des parties prenantes en objectifs d’entreprise précis, réalisables et personnalisés, puis en objectifs liés aux TI et en objectifs pour chacun des facilitateurs. Cette traduction permet de fixer des objectifs précis à tous les niveaux. De plus, ces objectifs couvrent tous les domaines de l’entreprise. Ils viennent ainsi en appui aux objectifs généraux et aux exigences des parties prenantes. Ils permettent donc de soutenir efficacement l’alignement entre les besoins de l’entreprise et les solutions et services informatiques.

LA CASCADE D’OBJECTIFS DE COBIT 5

La cascade d'objectifs de COBIT 5
Crédit : © ISACA 2012 – Tous droits réservés

COBIT 5 fournit de plus une matrice permettant de faire correspondre les principales préoccupations des parties prenantes avec 17 objectifs génériques de toute Entreprise. Grâce à une seconde matrice, ces 17 objectifs d’Entreprise peuvent ensuite être  mis en correspondance avec 17 objectifs pour le département TI. Par exemple, l’objectif de transparence financière de l’Entreprise  pourra être mis en correspondance avec l’objectif TI de « transparence des coûts, des bénéfices et des risques IT ». Enfin, une troisième matrice permet de faire correspondre ces objectifs TI avec les processus à mettre en oeuvre ou à améliorer. Les processus constituent une des 7 catégories de facilitateurs. La relation n’est pas univoque. Un processus de bas niveau peut ainsi supporter plusieurs objectifs d’entreprise. Toutefois grâce à cette cascade d’objectifs, il est aisé d’identifier les principaux processus soutenant chacun des objectifs stratégiques de l’Entreprise.

Bien sûr chaque entreprise est différente. Ces matrices sont donc fournies à titre d’exemples et doivent être adaptées à chaque organisation spécifique.

Le management maillé de VeriSM

Les organisations définiront leur maillage de gestion de différentes manières qui leur seront propres. Comme indiqué ci-dessus, les éléments du maillage sont nombreux et variés. COBIT 5 encourage également une approche holistique pour comprendre et rassembler les différentes ressources et capacités de gestion des services.

COBIT 5 définit 7 catégories de facilitateurs (« enablers ») :

Les 7 facilitateurs de COBIT 5
Crédit © ISACA 2012 – Tous droits réservés

À l’heure actuelle, l’ISACA n’a publié des guides de référence détaillés que pour les facilitateurs « processus » et « information« . Cependant ils fournissent des indications importantes et suffisantes sur la documentation et la classification des éléments clés de tout maillage de gestion.

La mise en œuvre de VeriSM en Entreprise

Les organisations qui adoptent d’abord une approche VeriSM considéreront / évalueront très probablement COBIT 5 comme une manière d’ajouter une valeur significative au maillage de gestion. A l’opposé, les organisations qui utilisent déjà COBIT 5 y trouveront un avantage significatif lors de l’adoption d’une approche VeriSM. Quel que soit le modèle proposé en premier, le cycle de vie de mise en oeuvre inclus dans COBIT 5 est une excellente démarche pour répondre à la complexité et aux défis généralement rencontrés lors de tout projet de transformation.

L’approche de programme de transformation de COBIT 5

COBIT 5 : Le modèle de mise en oeuvre
Crédit © ISACA 2012 – Tous droits réservés

Le diagramme ci-dessus décrit avec une extrême précision le modèle de mise en oeuvre de tout projet de transformation.  Expliqué en détail dans le Guide de mise en œuvre  de COBIT 5 (ISACA) et soutenu par une qualification professionnelle, l’approche selon le cycle de vie détaille une démarche holistique en 7 étapes pour parvenir à un changement durable en se focalisant sur trois axes :

  • Amélioration continue : Permettre et soutenir le changement organisationnel pour offrir des avantages durables en veillant à ce que les améliorations soient intégrées dans la structure de l’organisation,
  • Facilitation du changement : Le programme est conçu pour soutenir le besoin d’amélioration continue, avec des changements apportés dans des itérations hiérarchisées et gérables, garantissant que les avantages sont fournis à un rythme de changement auquel l’organisation peut faire face,
  • Gestion de programme : appliquer des techniques formelles de gestion de programme et de projet (analyse de rentabilisation formelle, objectifs bien définis et bien définis, parrainage de cadres) pour garantir que les avantages sont réalisés

L’importance de la facilitation du changement

On estime jusqu’à 70% le taux d’échec des projets de transformation. Bien sûr, il y a de nombreuses raisons à cela. Cependant,  parmi celles-ci, les principales sont liées aux personnes et en particulier à la résistance au changement.

Kotter reconnaît cela dans son modèle de changement en huit étapes, dont la première étape critique est de créer un sentiment d’urgence. Cela se reflète dans l’étape 1 de l’anneau de facilitation du changement. En clair, cela signifie être capable de répondre à la question suivante :


Il y a un million et une chose que nous pourrions faire,

Pourquoi cela doit-il se produire et pourquoi cela doit-il arriver maintenant?


Si cela ne peut pas être clairement expliqué, d’une manière qui ait du sens et soit convaincante pour l’ensemble de l’organisation, la réponse est probablement : « ça ne marchera pas!« .

Encore une fois, la cascade des objectifs est utile ici. Il devrait y avoir une cascade claire entre les objectifs du programme et la réalisation des objectifs de l’Entreprise. Certes, la réalisation d’objectifs d’entreprise de haut niveau, bien qu’ils soient clairement pertinents pour tous les employés, n’est peut-être pas ce qui nous fait sortir du lit le matin. Cependant, c’est ce qui excite les plus hauts niveaux du management organisationnel et de la gouvernance. C’est donc ce qui assurera le parrainage de la direction qui est si crucial pour la réussite de tout programme.

Les services numériques au coeur du besoin de transformation des entreprises

Il existe de nombreuses définitions différentes du terme service numérique. La mienne serait : un service numérique est un service qui permet aux consommateurs de traiter avec l’entreprise par voie électronique à un moment et à un endroit qui leur conviennent, sans qu’une interaction humaine soit nécessaire. Amazon, Uber, Airbnb sont tous des exemples de fournisseurs de services numériques. La demande des consommateur est en croissance exponentielle. Déjà aujourd’hui on voit les consommateurs aller voir et toucher les produits qu’ils souhaitent acheter dans des magasins. Ensuite ils rentrent les commander en ligne sur un site de vente en ligne tel qu’Amazon. Demain cela concernera 90% des Entreprises dans tous les domaines (banques, assurance, hôtellerie, etc.). Toutes ces Entreprises vont devoir se transformer pour survivre.

 

Crédits : Mark Flynn et blog de l’APMG

Ce n’est pas le CISA qui fait un bon auditeur

Je suis toujours très étonné de constater que les pages les plus consultées sur ce blog sont celles qui font référence au CISA, à la certification PMP et aux certifications qui correspondent aux meilleurs salaires. C’est un peu comme si le fait de posséder une certification garantissait un niveau de rémunération. D’ailleurs une des pages les plus populaires de ce blog est celle qui liste les 6 certifications les mieux payées.

Le CISA ne fait pas un auditeur
Crédit © Bakhtiarzein

Le CISA est une certification professionnelle, pas un label

En France et dans la majorité des pays francophones, on cultive une vénération totalement incohérente pour les diplômes et les certifications de tout type. Ainsi, un de mes clients, en Afrique de l’Ouest, membre de l’élite dirigeante, me confiait :


Aux Etats-Unis, quand tu recherches un emploi, le recruteur te demande: « Pourquoi voulez-vous travailler pour nous et qu’est-ce que vous pouvez nous apporter? ». En France le recruteur te demande: « Quels diplômes et quelles certifications possédez-vous? ». En Afrique, le recruteur te pose la question suivante: « Qui est-ce qui t’envoie? ».


Tout est résumé dans cette approche. La France est obsédée par les certifications et les diplômes. Dès lors il n’est pas étonnant de voir que l’intérêt des personnes se porte sur les certifications. Et le CISA figurant parmi les certifications qui, statistiquement, sont détenues par des  personnes considérées comme les mieux rémunérées, le raccourci est assez facile. CISA devient synonyme de forte rémunération.

Comment est structuré le CISA?

Essayons d’abord de replacer le CISA dans son contexte. C’est une certification professionnelle, proposée par l’ISACA et destinée à reconnaître les compétences d’auditeurs TI expérimentés. A ce titre, il est composé de deux parties. La première partie est un examen – difficile -de 150 questions destinées à vérifier les connaissances des auditeurs. Il porte sur 5 domaines de connaissances  que devraient posséder à minima tous les auditeurs TI pour accomplir leur mission :

  • Le processus d’audit des SI (représente 21% des connaissances testées)
  • La gouvernance et le management des TI (16% sur l’organisation, les rôles et responsabilités et surtout le système de management de l’entreprise)
  • Acquisition, développement et mise en oeuvre des SI (18% sur l’audit des projets dans le domaine des TI)
  • Exploitation, maintenance et gestion des services (20% sur la production informatique)
  • Protection des actifs informationnels (25% sur la sécurité des systèmes d’information)

Bien évidemment, cela n’est en aucun cas suffisant pour prétendre être un bon auditeur TI. Vous pouvez toujours apprendre par coeur les contenu des manuels, cela ne prouvera jamais que vous êtes compétent. Tout au plus cela prouvera que vous avez « une mémoire de cheval »… Et clairement, vous ne serez pas le profil dont ont besoin les entreprises pour se développer. C’est juste un minuscule premier pas vers la compétence. Pour pouvoir se développer sur leur marché, les entreprises ont besoin de personnels compétents.

La compétence de l’auditeur, dès lors qu’il a acquis les connaissances de base, se mesure à son aptitude à réaliser des missions d’audit. La compétence intègre donc une composante importante liée à l’expérience et au comportement des personnes. C’est ce qui constitue la seconde partie du CISA : la vérification de l’expérience et de l’attitude des candidats sur une durée totale de 5 ans durant les 10 dernières années écoulées.

Comment s’effectue la vérification de la compétence des postulants au CISA?

Chaque postulant à la certification CISA doit remplir des documents listant ses expériences passées dans le domaine de l’audit et du contrôle interne des TI. Chaque document doit ensuite être signé par un (ex-) manager qui pourra attester de la véracité de vos compétences d’auditeur. Lorsque vous avez atteint la durée cumulée de 5 années durant lesquelles il existe des preuves de votre expérience, vous pourrez alors renvoyer votre dossier à l’ISACA. A ce moment, un comité de certification évaluera votre dossier et vérifiera vos compétences. Le plus souvent il s’agit de revoir votre dossier de candidature et de vérifier sa cohérence par rapport au cinq domaines de compétences.

De façon aléatoire et/ou en fonction du résultat de cette revue, ISACA contacte les personnes qui vous ont servi de référence. Elles seront interviewées par un membre de l’ISACA qui vérifiera que le document reçu représente bien la vérité. Ensuite le comité de certification, après délibération, vous attribuera, ou pas, la certification CISA.

Dès lors que l’ISACA reçoit votre dossier complet, le processus  prend environ de 4 à 8 semaines.

Et après l’obtention du certificat?

Ce n’est que lorsque vous recevez le certificat final, à l’issue du processus complet que vous pourrez revendiquer votre certification sur votre CV et sur les réseaux sociaux. Tant que vous n’avez réussi que l’examen seulement, vous n’êtes pas certifié CISA. Dans ce cas, il est d’ailleurs mentionné clairement par l’ISACA que vous ne pouvez en aucune façon le mentionner. Vous ne pouvez revendiquer votre certification qu’en mentionnant votre numéro de certificat. Il est à noter que l’ISACA audite régulièrement les réseaux sociaux afin d’éliminer et de sanctionner les « fraudeurs ».

Il est également important de noter que le CISA étant une certification professionnelle destinée aux auditeurs IT, elle n’est valable que pour une durée de 3 ans. A l’issue de ces trois ans vous serez nudité par le Comité de Certification. Celui-ci déterminera si votre CISA vous est attribué pour 3 années supplémentaires.

Comment maintenir son CISA dans le temps?

Dès l’obtention du CISA, vous serez soumis à des obligations pour pouvoir le conserver. Parmi ces obligations, figure celle d’adhérer au code d’éthique de l’ISACA et de le respecter en toute circonstance. En cas de manquement avéré votre CISA vous sera retiré immédiatement et définitivement. Il vous sera également demandé d’être adhérent à l’ISACA et de maintenir votre adhésion chaque année.

De plus, le métier d’auditeur évoluant en permanence, vous serez obligé, chaque année, de fournir des preuves que vous êtes dans un processus d’amélioration de vos compétences. Cela se fait en suivant des formations, en participant activement à des publications ou encore en participant à des conférences. Chacune de ces activités vous rapportera des CPE (Continual Professional Education). En moyenne, un CPE équivaut à 50 minutes de formation ou d’activité reconnue. Chaque année vous devez communiquer à l’ISACA le nombre de CPE acquis dans l’année écoulée. Vous devez en produire un minimum de 20 par année avec un minimum cumulé de 120 sur 3 ans.

A la fin de chaque période de 3 ans, votre certification est évaluée par le comité de certification et vos CPE peuvent être audités pour s’assurer qu’ils sont bien justifiés. Vous devrez donc conserver précieusement les preuves des CPE que vous revendiquez. Si l’ISACA découvre que vous revendiquez des CPE non valides ou si vous n’atteignez pas le minimum requis sur les 3 ans, votre certificat vous sera immédiatement retiré. Vous devrez alors retirer immédiatement la mention de votre CISA sur vos cartes de visite, vos CV et sur les réseaux sociaux. Le retrait du CISA est définitif. Dans le cas où vous souhaiteriez l’obtenir de nouveau, vous devrez repasser l’examen et suivre de nouveau le processus complet de certification.

Le CISA fait-il de vous un bon auditeur?

Comme vous pouvez le comprendre, le CISA ne fait pas de vous un bon auditeur. Au contraire, c’est si vous êtes déjà un bon auditeur que vous pourrez espérer obtenir le CISA. Ensuite pour le conserver, vous devrez démontrer durant toute votre vie professionnelles que vous restez parmi les meilleurs. C’est ce qui explique la valeur de cette certification et les salaires élevés qui lui sont associés. Les Entreprises sont toujours prêtes à bien rémunérer des personnes compétentes qui leurs apportent de la valeur. Elles n’ont aucun intérêt à rémunérer le savoir. Il est dans ce cas plus simple d’acheter une bonne base de connaissances auprès d’un éditeur. Ce n’est donc pas le CISA qui fait la rémunération. C’est la satisfaction des conditions exigées des auditeurs pour conserver leur CISA qui justifie leur rémunération élevée.

Y a-t-il de mauvais auditeurs parmi les détenteurs du CISA?

Malgré toutes les précautions prises par l’ISACA, il existe bien sûr des cas de personnes qui passent au travers « des mailles du filet ». L’ISACA est une association professionnelle dont l’effectif salarié est d’environ une centaine de personnes au niveau mondial. L’association n’a donc pas les moyens de vérifier en détail tous les dossiers. Elle procède donc par échantillonnage. N’oublions pas que nous avons affaire à des auditeurs. Il existe donc des personnes qui arrivent à obtenir leur certification en n’ayant pas les qualités requises. Mais l’audit réalisé tous les trois ans pour maintenir la certification aide à les éliminer sur le long terme. Il y a aussi des fraudeurs qui obtiennent des références de complaisance. Dans ce cas l’interview des références par les membres de l’ISACA a tôt fait de mettre au jour la fraude. Mais là encore, ces interviews ne sont pas systématiques et elles sont réalisées par échantillonnage.

Cependant, dans l’ensemble, une gros effort est fait pour maintenir la crédibilité de cette certification. Et c’est bien ce qui en garantit toute la valeur auprès des Entreprises et des recruteurs.

 

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