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Cybersécurité : la résilience, chaînon manquant de votre stratégie

A l’heure de la transformation numérique des organisations, la stratégie de cybersécurité est un sujet sur toutes les lèvres. Dans le même temps, on n’entend quasiment jamais prononcer le mot résilience. Pourtant, la résilience devrait être le pilier majeur de toute stratégie de réduction des risques. Essayons donc de décrypter les raisons de cette anomalie et d’en identifier les risques.

Résilience, le chaînon manquant de votre stratégie de cybersécurité
Crédit © rawpixel.com 2018

Et tout d’abord, il convient de situer la cyber-résilience par rapport à la cybersécurité. Dans les deux cas, il s’agit de répondre aux cyber-risques. Un risque se caractérise par une probabilité de survenance et par un impact (sous forme de conséquences) lors de la réalisation du risque. Dans tous les cas, la stratégie des risques a pour objet d’aligner le niveau des risques au seuil de tolérance de l’Organisation. Cela se fait en mixant la réduction de la probabilité et de l’impact. Bien sûr, la stratégie des risques couvre tous les risques de l’Entreprise et parmi ceux-ci, on aura les cyber-risques.

La réduction de la probabilité de survenance des évènements de sécurité sera essentiellement réalisée grâce à des mesures se situant en amont. On parlera de mesures préventives. On est là dans le domaine de la sécurité. Les mesures de sécurité sont essentiellement de 3 types :

  • préventives
  • de détection (pour détecter l’incident lorsqu’il se produit),
  • correctives pour corriger le système et revenir à une situation acceptable (incluant l’activation d’un plan de continuité ou PCA).

A côté de ces aspects, se pose le problème de la réduction de l’impact et de l’après-crise. Il s’agit donc de répondre à la question « comment pouvons-nous survivre si un tel incident se produit? ». En d’autres termes il s’agit de planifier ce qu’il convient de faire pour réduire les impacts lorsqu’un incident se sera produit. On est là dans le domaine de la résilience.

L’expérience de l’année écoulée

Il y a tout juste un an, l’été 2017 a montré très concrètement à quoi pouvait ressembler des cyber-attaques mondiales. Ce fut le cas notamment avec NotPetya. Un an plus tard, les conséquences du « ransomworm » ne sont toujours pas complètement terminées. Le groupe Merck a annoncé fin novembre 2017 que cette cybe-rattaque lui coûterait environ 600 millions de dollars sur l’exercice 2017 ! Mais, en additionnant les dernières annonces, le seuil des 2 milliards de perte est clairement plus réaliste. C’est la première fois qu’un tel impact est recensé pour un incident cyber. Ce changement de dimension mobilise aujourd’hui enfin les directions générales et les conseils d’administration. Et ce n’est pas trop tôt! Ils sont maintenant demandeurs de moyens pour limiter les impacts de telles attaques. Mais ils sont aussi en attente sur la posture à adopter lorsqu’un cas réel se présentera.

Les mesures préventives de cybersécurité ne suffisent clairement plus à empêcher les cyber-risques de se réaliser. Il est désormais évident que la technologie n’est pas le rempart infranchissable que tout le monde imaginait. La cyber-criminalité est devenue une véritable industrie qui progresse plus rapidement que les moyens de protection ne se développent.

Cyber-résilience : les actions clés

Une cyber-attaque majeure peut être destructive ou entraîner une perte de confiance dans les systèmes clés. Le premier réflexe pour une majorité d’entreprises est alors d’activer le plan de continuité d’activité (PCA). Celui-ci constitue un élément majeur de la stratégie de résilience des organisations. L’objectif est d’assurer la survie de l’organisation lorsque surviennent des sinistres d’ampleur entraînant l’indisponibilité de ses actifs clés. Il peut s’agir de moyens informatiques, d’infrastructures de communication ou d’immeubles voire de collaborateurs.

Or les cyber-attaques majeures, destructives comme Wannacry ou NotPetya, ou provoquant une perte de confiance dans les infrastructures (réseau, gestion des accès, gestion du parc…) telles que les attaques ciblées en profondeur, ne sont pas prises en compte lors de l’élaboration de la majorité des PCA. Ces derniers sont focalisés sur un enjeu de disponibilité. Ils n’appréhendent pas les problématiques de destruction simultanée et de perte de confiance dans le SI induites par les cyber-attaques.

En effet, les dispositifs de continuité du SI sont plus souvent liés aux ressources qu’ils protègent. Ils sont donc également affectés par ces attaques. Depuis plus de dix ans, les dispositifs de continuité (utilisateurs ou informatiques) ont adopté les principes de mutualisation des infrastructures et de secours « à chaud ». Le double objectif de cette approche est à la fois de répondre aux exigences de reprise rapide et d’une meilleure exploitabilité. Mais, de fait, le lien entre le SI nominal et son secours rend les dispositifs de continuité vulnérables aux cyber-attaques.

Des dispositifs de continuité vulnérables

À titre d’exemple, suite à l’attaque NotPetya, l’idée d’utiliser les postes de secours présents sur le site de repli a très rapidement été évoquée dans le cadre d’une gestion de crise. Malheureusement ceux-ci partageaient les mêmes systèmes de gestion de parcs et les mêmes vulnérabilités. Ils donc avaient été logiquement détruits de la même manière que les sites nominaux. Les investissements et les efforts investis dans les dispositifs de continuité ont semblé, à ce moment, très vains.

Enfin il reste les sauvegardes comme dernier rempart. Etablies sur une base souvent quotidienne ou hebdomadaire, elles constituent, pour la plupart des organisations, le dispositif de dernier recours pour reconstruire le SI.

Dorénavant, il n’est pas rare de faire face à une intrusion qui date de plusieurs mois. Bien que la  détection soit récente, dans ce cas, les sauvegardes embarquent de fait les éléments malveillants. Il peut s’agir de malwares par exemple, mais aussi de modifications déjà opérées par les attaquants.

De plus, la continuité en tant que telle des systèmes de sauvegarde est bien souvent négligée. Lors de plusieurs cas de gestion de crise sur NotPetya, les serveurs gérant les sauvegardes avaient eux-mêmes été détruits. Les restaurer a souvent nécessité plusieurs jours vu leur complexité et leur imbrication dans le SI.

S’agissant des SI industriels, les constats sont tout aussi alarmants. Les systèmes numériques industriels sont résilients à des pannes techniques ou des incidents mécaniques anticipés. En revanche, ils n’ont que rarement intégré, dès leur conception, les potentialités d’une malveillance humaine et ils ne disposent souvent pas de mécanismes de sécurité avancés. La longueur de leur cycle de vie (souvent plusieurs dizaines d’années) les expose à l’exploitation de vulnérabilités anciennes. Enfin l’indépendance des chaînes de contrôle  vis-à- vis des systèmes numériques qu’elles supervisent n’est pas toujours respectée.

Des leçons tirées de l’expérience

Il s’avère que lors du déroulement d’une crise, le cycle est souvent identique. Les écueils rencontrés sont quasiment toujours les mêmes. Il convient donc de tirer les leçons de cette expérience.

Gestion de crise en cas de cyber-attaques : les écueils rencontrés
Crédit © Wavestone 2017

Des scénarios d’attaques récurrents

Destruction massive ou indisponibilité d’une grande partie du SI

Ce type de cyber-attaques, concrétisé au travers des cas Wannacry et NotPetya, entraîne généralement une indisponibilité massive du fait du chiffrement des fichiers de données et/ou du système d’exploitation. Les sociétés touchées par des attaques de ce type (parmi lesquelles Merck, Maersk, Saint Gobain, Fedex… mais aussi Sony Pictures ou Saudi Aramco) ont perdu jusqu’à plus de 95% de leurs systèmes d’information (des dizaines de milliers d’ordinateurs et de serveurs) en un délai souvent inférieur à 1h.

La situation au démarrage de la crise est alors très difficile. En effet, il n’y a plus aucun moyen de communication et d’échange au sein de l’entreprise, y compris au sein de la DSI. Les victimes ont communiqué sur des pertes atteignant plusieurs centaines de millions d’euros suite à ces attaques.

Compromission et perte de confiance dans le SI

Il s’agit d’attaques ciblées ne remettant pas en cause le bon fonctionnement du système. Elles visent par contre à donner aux attaquants l’accès à l’ensemble des systèmes de l’entreprise (messagerie, fichiers, applications métiers…). Elles leur permettent d’usurper l’identité de n’importe quel employé et de réaliser des actions en leur nom. Les attaquants peuvent ainsi atteindre tout type de données ou réaliser des actions métiers nécessitant plusieurs validations successives.

Ces cyber-attaques ont touché de très nombreuses entreprises dans tous les secteurs. Les conséquences sont souvent des fraudes massives, comme celles ayant touché la banque du Bangladesh. Il peut aussi s’agir de vols de données financières et de paiements. Ce fut le cas de celles ayant touché plusieurs groupes de distribution aux Etats-Unis dont Target ou encore Home Depot.

La situation au démarrage de ce type de cyber-crise est extrêmement complexe. La raison réside dans la conjugaison de plusieurs éléments aggravants : perte de confiance dans le système d’information et flou grandissant sur les actions et objectifs. Il faut alors investiguer discrètement jusqu’à pouvoir déloger l’attaquant et reconstruire un système sain. Les victimes de ces attaques ont également fait état d’impacts financiers atteignant plusieurs centaines de millions d’euros.

La résilience passe par une bonne gestion de crise

Les crises cyber sont des crises très particulières. Elles sont souvent longues (plusieurs semaines). Elles sont parfois difficiles à cerner (qu’a pu faire l’attaquant ? depuis combien de temps ? quels sont les impacts ?). Elles impliquent des parties prenantes externes, elles-mêmes souvent peu préparées sur ce sujet (avocats, huissiers, autorités, fournisseurs, voire les clients…). Il est donc indispensable d’ajuster les dispositifs existants qui n’ont pas été conçus pour intégrer cette dimension particulière.

Acteur opérationnel de la gestion de la crise cyber, la DSI ne doit pas être sur-mobilisée sur l’investigation et la défense. Cela se ferait au détriment de la production et du secours. Cet aspect constitue un point d’anticipation important à ne pas négliger. Il s’agit donc d’identifier clairement les équipes à mobiliser sur la crise et d’organiser les interventions parallèles d’investigation et de construction du plan de défense.

Au-delà de l’aspect organisationnel, il faut s’assurer de disposer également de l’outillage d’investigation (cartographie, recherche de signature de l’attaque, SI de gestion de crise indépendant, capacité d’analyse de malware inconnu…), d’assainissement (capacité de déploiement rapide de correctifs, isolation en urgence de portions non touchées du SI, isolation réseau…) et de reconstruction (accès rapide aux sauvegardes, accès aux documentations minimum de reconstruction, support des fournisseurs clés, capacité à réinstaller massivement des postes de travail…) requis pour comprendre la position de l’attaquant, stopper sa propagation et faire repartir au plus vite l’activité.

La rédaction d’un guide de gestion de crise, définissant les étapes structurantes, les responsabilités macroscopiques et les points de clés de décision sera un plus. Et parce qu’il est primordial de s’exercer en amont afin d’être prêt le jour où il faudra faire face à la crise, la réalisation d’exercices de crise sera un bon révélateur de la situation réelle.

Les dispositifs de continuité doivent être repensés

Des solutions les plus simples…

Les dispositifs de continuité doivent également évoluer pour s’adapter aux cyber-menaces. Les solutions possibles sont nombreuses. Elles peuvent toucher tous les types de dispositifs de continuité. Le plan de reprise utilisateur peut intégrer par exemple la mise à disposition de clés USB avec un système alternatif. Les collaborateurs pourraient l’utiliser en cas de destruction logique de leur poste de travail.

Certaines organisations ont fait le choix de provisionner des volumes de postes de travail de remplacement directement avec leurs fournisseurs de matériel afin de les installer rapidement en cas de destruction physique.

A des solutions très complexes et coûteuses…

Le plan de continuité informatique peut inclure de nouvelles solutions pour être efficace en cas de cyber-attaques. La plus emblématique vise à construire des chaînes applicatives alternatives. Il s’agit de « dupliquer » une application sans utiliser les mêmes logiciels, systèmes d’exploitation et équipes de production. C’est une solution extrême, très coûteuse et difficile à maintenir. Elle est envisagée pour certaines applications critiques dans le monde de la finance notamment.

A des solutions intermédiaires mais suffisantes

D’autres solutions moins complexes sont envisagées. Il s’agit par exemple de l’ajout de contrôle fonctionnel d’intégrité dans le processus métier. Son concept repose sur la réalisation de contrôles réguliers, à différents niveaux et à différents endroits dans la chaîne applicative. Ceci permet de détecter rapidement des attaques qui toucheraient par exemple les couches techniques (modification d’une valeur directement dans une base de données) sans avoir été réalisées par les actions métier classiques (via les interfaces graphiques). Ces mécanismes peuvent aussi s’appliquer aux systèmes d’infrastructures, par exemple en réconciliant les tickets de demande de création de compte d’administration avec le nombre de comptes réellement dans le système.

D’un niveau de complexité intermédiaire, il est possible d’envisager la définition de zone d’isolation système et réseau que l’on peut activer en cas d’attaques et qui vont isoler les systèmes les plus sensibles du reste du SI. Le SI industriel pourra, à ce titre, constituer à lui seul, une de ces zones d’isolation vis-à-vis du reste du SI.

Cyber-résilience et cybersécurité doivent être imbriqués

Implémenter ces nouvelles mesures de cyber-résilience nécessite des efforts importants. Des efforts qui seront vains si ces solutions de secours et les systèmes nominaux ne sont pas eux-mêmes déjà sécurisés correctement et surveillés avec attention. Le RSSI est l’acteur clé pour faire aboutir ces démarches souvent entamées mais rarement finalisées. L’aide du Risk Manager  — ou, s’il est désigné, son Responsable du Plan de Continuité d’Activité (RPCA) — sera alors un plus. Il est aujourd’hui communément acquis qu’il est impossible de sécuriser des systèmes à 100%. Il faut donc accepter la probabilité d’occurrence de cyber-attaques. C’est à ce moment-là que le Risk Manager ou le Responsable du PCA prendra tout son rôle.

Il est très clair que la résilience est un pilier majeur de votre stratégie de cybersécurité. A ce titre il convient de l’y intégrer dès la conception. Mais il vous appartient également de convaincre votre conseil d’administration de la réalité des cyber-risques et de la nécessité de la mise en oeuvre de mesures de résilience.

Comment s’y prendre concrètement?

Nous ne le répétons, jamais assez, mais deux bonnes pratiques de base sont absolument nécessaires.

Inutile de réinventer la roue : appuyez-vous sur ce qui existe

Il serait vain de partir d’une feuille blanche. Inspirez-vous des bonnes pratiques du marché. A cet effet, AXELOS a publié une référentiel de bonnes pratiques en matière de résilience des SI : RESILIA. Complémentaires d’ITIL, ces bonnes pratiques vous aideront à compléter vos processus existants afin d’y incorporer la planification de la résilience de votre SI

Faite monter vos collaborateurs en compétence, formez-les

La réponse aux cyber-attaques nécessite une préparation minutieuse et du personnel formé et efficace. A cet effet, 2AB & Associates vous propose des formations sur RESILIA (RESILIA Foundation et RESILIA Practitioner) ainsi que des formations sur la continuité des activités (Business Continuity Foundation et ISO 22301 Lead Implementer). Nous vous proposons également une formation indispensable pour mieux évaluer et planifier la réponse aux cyber-risques : ISO 27005 Risk Manager.

Et bien sûr, nos experts sont à votre disposition pour répondre à vos commentaires.

Transformation numérique : les conseils d’administration sont-ils prêts?

Les conseils d’administration (CA) devraient être impliqués dans la direction et le leadership de la transformation numérique de leur organisation, en prenant en considération les scénarios de risque non négligeables associés à cette mutation.

Transformation numérique : les conseils d'administration sont-ils prêts
Crédit © image par rawpixel.com

Le rôle du Conseil d’Administration de toute organisation est de s’assurer pour le compte des parties prenantes de l’Entreprise, de la création de valeur sous forme de bénéfices, tout en optimisant les risques et les ressources. Selon COBIT, le référentiel de Gouvernance publié par l’ISACA, cela passe par trois phases. La première consiste à évaluer les besoins de chacune des parties prenantes. La seconde est de prendre une décision en terme de direction à suivre par le management. Enfin, la troisième étape consiste à surveiller la performance et le progrès réalisé par l’Organisation dans la direction donnée.


«Les conseils d’administration jouent un rôle essentiel dans le processus de transformation numérique en apportant expertise, jugement, scepticisme sain et souci de la valeur à long terme.» (Deloitte)


Malheureusement les conseils d’administration ne sont pas encore prêts à superviser les technologies de l’information.  Ils le sont donc d’autant moins en ce qui concerne la transformation numérique de leur Organisation. En effet, non seulement «plus de 80% des CA pourraient ne pas avoir les compétences et les connaissances nécessaires pour gérer efficacement la technologie des entreprises et réaliser des gains stratégiques et des rendements financiers au niveau de l’entreprise» mais, de plus, les cadres mondiaux de gouvernance d’entreprise (COSO par exemple) ne font encore aucune référence significative au leadership numérique du CA.

La transformation numérique a cependant des impacts extrêmement importants sur le fonctionnement des Organisations. Le degré de focalisation requis pour garantir que la transformation numérique se concrétise comme prévu est donc très  élevé. Quels sont les problèmes à surmonter dans la structure des conseils d’administration si les organisations qu’ils supervisent doivent être durables dans le cadre de la transformation digitale actuelle? Les comités stratégiques IT du CA constituent un moyen clé de mieux superviser et contrôler la transformation numérique.

La gouvernance du SI a encore trop de mal à trouver sa place

Selon une étude du Gartner, jusqu’à 85% des projets en technologies de l’information échouent. Les défaillances informatiques détruisent la valeur pour les actionnaires en gaspillant des ressources. Ces défaillances font échouer des opportunités business et détruisent ainsi la valeur que les services informatiques auraient pu créer. Il ne fait aucun doute que ce taux d’échec continuera, voire augmentera, pour les initiatives de transformation numérique.

Une évolution dans le bon sens depuis dix ans

Le besoin de conseils d’administration ayant des compétences en technologies de l’information s’impose de plus en plus au niveau mondial. Cela leur permet d’atténuer les risques d’échec technologiques. C’est tout particulièrement important lorsque le succès stratégique et la pérennité de l’entreprise dépendent de la réussite de son informatique. La figure suivante illustre l’évolution de la gouvernance du SI ces dernières années.

L'évolution de la gouvernance du SI depuis 10 ans
Crédit © 2018 ISACA

L’exception chez les « gaulois réfractaires »

Cette gouvernance formelle du SI se matérialise de plus en plus par un comité stratégique informatique. C’est une préconisation phare de COBIT, le cadre de Gouvernance du SI publié par l’ISACA en 2012. C’est également une tendance forte dans les très grandes organisations qui ont souvent des comités stratégiques. Du moins dans les pays anglo-saxons…

conseil d'administration : l'exception chez les gaulois réfractaires

Lors d’une récente conférence destinée aux administrateurs au Canada, le consensus a été que les comités stratégiques informatique sont encore largement méconnus dans ce pays. Ils sont également ignorés dans la quasi totalité des pays francophones Européens (France, Belgique, Luxembourg) et encore plus en Afrique. A l’inverse on trouve de plus en plus souvent un comité stratégique IT dans les entreprises des pays anglophones. Est-ce à dire que l’absence de gouvernance du SI est une caractéristique liée à la langue Française? Serait-ce le syndrome du « Gaulois réfractaire » évoqué par le Président Macron récemment? Je ne saurais répondre mais le constat est hélas factuel. C’est d’autant plus inquiétant pour l’avenir économique des ces pays à l’heure de la transformation numérique mondiale.

Les conseils d’administration de l’ère digitale doivent s’adapter

Lors d’un récent congrès d’administrateurs de sociétés, une question des organisateurs portait sur le comité stratégique informatique. De façon très décevante, la réponse quasi-unanime des participants était que ni l’ampleur de leurs dépenses informatiques ni la contribution de l’informatique au risque opérationnel n’avaient été jugées suffisamment importantes pour justifier la création d’un comité stratégique distinct. C’est là une preuve supplémentaire de la totale déconnexion des membres des conseils d’administration de la réalité du changement en cours au niveau mondial. Peut-être est-ce dû au fait que, à ce jour, les conseils d’administration peuvent apparaître comme ayant fait du bon travail de gouvernance dans des entreprises de premier plan sans aucune expertise en TI dans leurs rangs? En tout cas, il y a beaucoup de choses derrière cette réponse totalement inadéquate.

D’autant que ce sont ces mêmes membres du conseil d’administration qui parlent publiquement de la transformation numérique et de l’innovation numérique! Ils sont donc apparemment inconscients de l’impact organisationnel énorme et des risques que comporte une telle mutation, qui, par définition, inclut les TI. Ce risque augmente significativement lorsque les membres du CA ne reconnaissent pas leurs responsabilités dans la gouvernance du SI.

L’évolution nécessaire de la composition du CA

Aux Etats Unis, la plupart des membres des conseils d’administration sont indépendants. C’est là une conséquence directe de la loi Sarbanes-Oxley (SOX) depuis 2002. D’ailleurs, dans le S & P 500, Spencer Stuart constate que 85% des administrateurs sont indépendants depuis 2007. Une autre conclusion intéressante de cette étude porte sur l’âge moyen de ces administrateurs qui était de 63,1 ans en 2017. En France, selon l’AGEFI, l’âge moyen des administrateurs des sociétés du CAC40 est de 58,9 ans en 2017. Il apparaît en légère hausse par rapport à 2016. Seulement 68% des membres des CA du CAC40 sont indépendants selon le même rapport de l’AGEFI en 2017.

Un problème de compétence, mais pas seulement

Une question que le Forum Economique Mondial pose aux administrateurs est de savoir si leur conseil d’administration possède des compétences numériques, multigénérationnelles et une expertise suffisante pour donner des conseils sur des sujets commerciaux et technologiques en évolution rapide. En ce qui concerne la sensibilisation au digital, Mckinsey constate que peu de CA ont une expertise numérique suffisante. Difficile donc d’avoir des échanges significatifs sur ce sujet important avec la direction à l’ère de la transformation digitale. Par ailleurs, avec une moyenne d’âge de 63,1 ans (59,9 ans en France), il est difficile de qualifier le conseil d’administration moyen de multigénérationnel.

 L’âge moyen des membres du conseil d’administration en question

Cela complète les conclusions d’une enquête menée par le Harvard Law School Forum impliquant 860 administrateurs de sociétés publiques. De nombreux membres du conseil d’administration ne sont pas à l’aise avec la supervision informatique car, avec un âge moyen de 63,1 ans:

  • L’expérience professionnelle de la plupart des membres du conseil d’administration est antérieure à l’ère de la transformation digitale des organisations;
  • Très peu d’administrateurs ont simplement des connaissances de base en technologies de l’information.

Ce n’est donc pas que les conseils d’administration en général ne souhaitent pas une gouvernance informatique accrue. C’est plutôt que les administrateurs en place n’ont tout simplement pas les compétences ou l’expérience nécessaires pour comprendre pourquoi ou quand ils ont besoin de gouvernance informatique ou même d’un comité stratégique informatique. Les conseils d’administration peuvent-ils être négligents en n’ayant pas de compétences en informatique à bord et, par conséquent, ne pas être en mesure de poser des questions approfondies de supervision des TI au-delà des questions d’audit générales du comité d’audit? La réponse est «non», les conseils ont le devoir fiduciaire d’avoir un minimum de compétence en informatique.

Le vice-président du Comité d’Hygiène et de Sécurité du CA de Delta Air Lines a bien résumé la situation :


Les conseils d’administration doivent être préparés avec les compétences, la technologie et les processus appropriés. Hélas, la plupart des CA échouent sur la majorité ou la totalité de ces exigences.


Dans le cadre de la transformation digitale de l’économie, il est temps que les actionnaires repensent la façon dont ils votent pour les membres du CA lors de leurs assemblées générales annuelles (AGO).

Le périmètre de la transformation digitale mal compris

L’une des clés pour mieux comprendre l’approche des administrateurs est l’écoute de leurs remarques face aux technologies de l’information. Le mot spécifique qu’ils utilisent le plus souvent, c’est «dépenser» (coût). Or le coût est plus en adéquation avec l’informatique opérationnelle qu’avec la transformation numérique. Cela signifie que les membres des conseils d’administration  semblent voir l’informatique uniquement sous l’angle des coûts opérationnels. Ils n’ont pas une approche incluant aussi les  opportunités. C’est pourquoi ils trouvent acceptable de «gouverner» l’informatique par le biais du comité d’audit. S’appuyant sur les constatations citées à la figure 1, la gestion des TI au sein du comité d’audit n’est pas satisfaisante. C’est d’autant plus vrai lorsque la transformation numérique est un objectif stratégique de l’Entreprise.

Lors d’une discussion récente que j’avais avec un administrateur d’une grande société Française cotée au CAC40 et figurant parmi les leaders mondiaux de son domaine, il me disait « La transformation numérique? C’est juste de la technologie. Et la technologie suivra toujours ». Cela révèle pour le moins une incompréhension du périmètre de la transformation numérique par ceux-là même qui doivent la superviser. Ce n’est clairement pas de bon augure pour les organisations concernées.

Cette approche uniquement basée sur les coûts est aujourd’hui largement dépassée. Elle suggère qu’il n’y a peut-être pas de véritable transformation digitale dans ces organisations. Cela va à l’opposé des commentaires publics apparemment tournés vers l’avenir des membres du conseil d’administration.

Cybersécurité, compétitivité, intégration stratégique et transformation numérique

L’informatique a longtemps été beaucoup plus axée sur la durabilité organisationnelle et le positionnement stratégique que sur le coût de l’automatisation des processus. Bien sûr, le conseil d’administration continue de devoir s’intéresser à la gouvernance. Il est cependant peu probable que de nombreux administrateurs soient en mesure de discerner le rôle de l’informatique dans la réalisation des préoccupations de Deloitte concernant la création de valeur à long terme.

Recommandations aux actionnaires et aux membres du CA

La gouvernance du système d’information, pilotée par KING III, ISO / IEC 38500 et COBIT, a été formalisée depuis 2008 au moyen de la norme ISO / IEC 38500. Si l’informatique est simplement opérationnelle dans une organisation, la gouvernance informatique ne doit pas dépasser la charte des coûts du comité d’audit et risque. Mais si l’activité de l’Entreprise dépend de façon stratégique de son informatique, y compris dans un contexte de transformation digitale, alors, conformément à la norme ISO / IEC 38500, le conseil d’administration a trois responsabilités principales:

  • Evaluer continuellement les performances informatiques dans le cadre de la stratégie organisationnelle;
  • Réorienter continuellement l’informatique si ses performances compromettent la stratégie de l’organisation;
  • Surveiller en permanence les performances informatiques pour s’assurer que la stratégie de l’entreprise sera livrée aux actionnaires.

Un outil efficace : le comité stratégique TI

Les problèmes business critiques tels que celui évoqué dans cet article prennent beaucoup de temps pour être résolus. Il est donc nécessaire de réagir efficacement. La création d’un comité stratégique TI est indubitablement un outil efficace pour y remédier. Incontestablement, le sujet des systèmes d’information a depuis longtemps dépassé les domaines d’audit et de risque de base. Des organisations importantes telles que Wallmart en ont tiré les conséquences. Ainsi Wallmart s’est doté d’un comité stratégique TI dédié au niveau du conseil d’administration. Il ne faut surtout pas croire hâtivement qu’un comité stratégique TI est technique. Ce n’est pas du tout le cas. Les responsabilités énumérées dans le paragraphe précédent, ainsi que des sujets tels que la compétitivité, la transformation et la durabilité fondées sur l’informatique, sont clairement stratégiques.

Bien que la gouvernance informatique ait continué à se développer au cours de la dernière décennie et soit devenue la gouvernance du SI, le chemin à parcourir est encore long. Non seulement il n’ya pas de discussion majeure sur le leadership numérique au sein des cadres de gouvernance d’entreprise au niveau mondial, mais les administrateurs ne semblent pas encore avoir les aptitudes et les compétences nécessaires pour gérer correctement les initiatives de transformation numérique.

Une nécessité : le renouvellement des conseils d’administration

Que peut-on faire dans cette situation? En règle générale, les administrateurs sont élus lors de l’assemblée générale annuelle (AGO) par les actionnaires. Dans les organisations où la durée du mandat est limitée, les administrateurs devraient être renouvelés et bénéficier de nouvelles perspectives sur le rôle et les risques. en transformation numérique. Les actionnaires détiennent généralement une partie du pouvoir nécessaire pour remplacer les administrateurs actuels au sein des conseils d’administration. Ils ont par conséquent des moyens d’action sur les membres du CA. Ils peuvent donc s’assurer que les administrateurs possèdent des connaissances de base en informatique.

La question est de savoir si ils le veulent vraiment ou si les facteurs générant des gains à court terme (croissance du prix des actions) sont plus importants que la viabilité à long terme. Ces deux objectifs sont totalement incompatibles. Et c’est là que se situe une partie du problème.

Restons positifs malgré tout

On commence, dans certaines entreprises, à apercevoir une lueur au bout du tunnel. Quelques Organisations, auprès desquelles j’interviens comme conseil, ont unanimement considéré que la durabilité par le biais de la transformation numérique exige plus qu’un simple créneau dans les ordres du jour plus larges des comités d’audit ou des risques.

Au lieu de cela, dans le contexte de la transformation digitale, le service informatique mérite un degré de gouvernance spécialisé qui ne peut lui être accordé que par le biais d’un comité stratégique informatique dédié. C’est une première étape encourageante. Il faut maintenant oeuvrer pour que cela se développe et se généralise. C’est en s’appuyant sur des cadres de gouvernance tels que COBIT ou ISO 38500 qu’on a quelques chances d’y parvenir. Malheureusement cette mutation est très lente. Et pas sûr que les conseils d’administration aient le temps d’évoluer avant que la situation ne devienne critique.

Cybersécurité : rôle et responsabilités du Conseil d’Administration

Les cyber-menaces sont complexes et en constante évolution. Elles peuvent aussi causer d’importants dommages financiers et de réputation à une Organisation. De plus, il n’y a aucun moyen d’être protégé à 100%. C’est pourquoi la cybersécurité ne relève plus uniquement des services informatiques. Les Conseils d’Administration sont les premiers responsables de la survie de leur organisation et, dans le monde interconnecté d’aujourd’hui, la cyber-résilience fait partie intégrante de cette responsabilité. Cela signifie que le Conseil d’Administration à un rôle actif à jouer et doit assurer ses responsabilités en matière de cybersécurité.

Cybersécurité : rôle et responsabilités du Conseil d'Administration
Crédit © image by rawpixel.com

En charge de la Gouvernance de leur Organisation, les Conseils d’Administration s’assurent de l’optimisation des risques et des ressources. Dans un monde en pleine transformation digitale, ils devraient donc considérer le cyber-risque comme prioritaire. Ceci implique qu’ils devraient jouer un rôle de leader en matière de cybersécurité au sein de leur Entreprise. Dans ce cadre, voici donc quelques responsabilités en matière de sécurité informatique qui leur incombent directement.

Principes de base en matière de cyber sécurité

COBIT, référentiel de bonnes pratiques en gouvernance des Entreprises, définit un certain nombre de principes de base pour gouverner une Organisation. Le Manuel de l’Administrateur sur la surveillance des risques lés au cyber espace, publié aux USA par L’Association Nationale des Administrateurs de Sociétés (NACD) définit également le rôle et les responsabilités du C.A. en matière de cybersécurité. Cinq principes se dégagent. Ces principes de base sont universels. Ils s’appliquent à toute Organisation, publique, privée ou même à but non lucratif, quelles que soient sa taille, son domaine d’activité ou sa localisation. Ils devraient donc être pris en considération par  tous les C.A. afin d’améliorer leur surveillance des cyber-risques.

1 – La cybersécurité est une problématique d’Entreprise et non une problèmatique technologique

Les administrateurs doivent comprendre et aborder les questions de la cybersécurité en tant que sujet de gestion des risques à l’échelle de l’entreprise, et pas uniquement en tant que sujet informatique.

Il est toujours aussi surprenant de constater combien d’entreprises associent encore la sécurité des informations ou la cybersécurité à l’informatique. Certes, la plupart des signalements d’incidents de sécurité proviennent de l’informatique, Mais on ne peut pas s’y limiter car les impacts se font sentir à l’échelle de toute l’organisation. Les compétences requises pour gérer les risques et traiter les problèmes doivent donc se situent au niveau global de l’organisation. Le Conseil d’Administration doit comprendre que tout miser sur la technologie est une grave erreur.  C’est d’ailleurs la cause sous-jacente d’un grand nombre de violations majeures.

2 – Comprendre les implications juridiques et réglementaires des cyber-risques

Les administrateurs doivent comprendre les implications légales et réglementaires des cyber-risques dans la mesure où ceux-ci se rapportent au caractère spécifique de leur Organisation.

Avec la fonction vient la responsabilité. La direction et le conseil d’administration sont considérés comme responsables ultimes des cyber-risques. Ces derniers mois, de nombreux piratages importants se sont produits et, dans de nombreux cas, ils ont perdu leur poste. Gregg Steinhafel, Président du Conseil d’Administration et Directeur Général de Target, a été contraint de démissionner de toutes ses fonctions à la suite de la violation massive des données de l’Entreprise en 2013. Et plus récemment, le Directeur Général d’Equifax, Richard Smith, a du démissionner à la suite de l’important piratage informatique qui a compromis les données d’environ 143 millions d’Américains.

3 –  S’appuyer sur l’expertise adéquate et mettre la cybersécurité à l’orde du jour

Les conseils d’administration devraient avoir un accès adéquat à l’expertise en matière de cyber-risques et de cybersécurité. D’autre part, les discussions sur la gestion des risques informatiques devraient faire l’objet d’une point régulier à l’ordre du jour des réunions du conseil. Il est également très important de pouvoir accorder un temps suffisant aux discussions sur ce sujet important. Il est de plus en plus courant de voir des membres du conseil d’administration qui ont un bagage technologique ou en sécurité. Cette expertise peut vraiment aider à sensibiliser les autres administrateurs. C’est la prise de conscience qui permet de gagner la bataille contre les cybercriminels.

4 – Mettre en oeuvre un cadre de sécurité pour l’Entreprise doté de ressources suffisantes

C’est la responsabilité du Conseil d’Administration de s’assurer de la mise en place d’un cadre de gestion des risques au niveau de l’Entreprise. La Direction doit être en charge de sa mise en oeuvre, de sa surveillance et de son suivi. Il est essentiel que le Conseil d’Administration lui donne les ressources nécessaires pour atteindre cet objectif. Ces ressources devront comprendre le personnel adéquat, les budget et les outils et technologies indispensables.

Pour la définition du cadre de risques, il est toujours plus facile d’appuyer sur des référentiels existants et éprouvés. Ainsi aux USA, il sera pertinent de s’appuyer du le référentiel NIST CSF. Ce cadre a été élaboré par le  National Institute of Standards and Technology . Il a pour but de permettre aux organisations – indépendamment de la taille, du degré de cyber-risque ou de la sophistication de la cybersécurité – d’appliquer les principes et les meilleures pratiques de gestion des risques à l’amélioration de la sécurité et de la résilience des infrastructures critiques. En Europe, NIST CSF est quasi inconnu. On pourra utiliser comme base de travail les normes ISO 27001 (Systèmes de management de la sécurité de l’information) et ISO 27005 (Gestion des risques liés à la sécurité de l’information).

Il existe de nombreuses autres sources également très intéressante pour l’élaboration de votre cadre de risque. Parmi celles-ci, vous  pouvez également  vous appuyer sur la publication COBIT for risk de l’ISACA.

Une chose est sûre : il est inutile de réinventer la roue!!!

5 – Identifier les risques, prioriser, définir l’approche et planifier

La discussion du conseil d’administration sur les cyber-risques devrait inclure l’identification des risques à éviter, à accepter, à atténuer ou à transférer par le biais de l’assurance, ainsi que des plans spécifiques associés à chaque approche.

Une gestion efficace du risque de cybersécurité nécessite une compréhension de l’importance relative des actifs de l’entreprise afin de déterminer la fréquence à laquelle ils devront être examinés pour détecter les expositions au risque. Ce n’est pas une tâche simple. Il faut beaucoup de réflexion et d’efforts, ainsi qu’une grande expertise en cybersécurité.

Exigences légales et réglementaires

Les industries les plus matures ont également des directives et des exigences réglementaires sectorielles en ce qui concerne les responsabilités en matière de cybersécurité du conseil d’administration. C’est par exemple  cas du secteur financier et bancaire. Certaines exigences réglementaires et légales sont aussi à l’étude au niveau des états. Parmi ces réglementations présentant des exigences en matière de sécurité des informations, on peut citer le RGPD.

Le RGPD (ou GDPR en Anglais) est la réglementation européenne sur la protection des données personnelles. Elle s’impose à toute Organisation publique ou privée traitant les données personnelles de citoyens européens. Le RGPD comporte plusieurs exigences précises en matière de cybersécurité des données personnelles. Le non respect de cette réglementation expose l’Organisation contrevenante, quelle que soit sa localisation dans le monde à une amende pouvant atteindre 4% de son chiffre d’affaire mondial avec un minimum de 20 millions d’Euros. La conformité réglementaire et légale est une responsabilité de la Gouvernance. Il s’agit donc d’une responsabilité du Conseil d’Administration. Déjà plusieurs Entreprises ont été sanctionnées en France par la CNIL pour non conformité au RGPD. Et, à chaque fois, il s’agissait de problématiques liées à la sécurisation de données dans leur système informatique.

Responsabilités du Conseil d’Administration

Le Conseil d’Administration assure la responsabilité de Gouvernance de l’Organisation. Gouverner une organisation consiste à s’assurer de la création de bénéfices pour les parties prenantes en optimisant les risques et les ressources. Ceci peut être représenté par le diagramme suivant extrait de COBIT.

Responsabilités de la Gouvernance et du Management - COBIT
Crédit © 2012 ISACA

Le Conseil d’Administration a pour responsabilité d’évaluer les bénéfices attendus, les risques et les ressources nécessaires (Evaluate). Il devra, suite  à cette évaluation, donner l’orientation à suivre (Direct). Il a également la responsabilité de surveiller la performance et les progrès réalisés (Monitor).

Evaluer les besoins, les risques et les ressources

Une évaluation de la posture de la cybersécurité est une première étape utile pour toute organisation qui souhaite identifier sa position actuelle en matière de cybersécurité, ses faiblesses, les risques encourus et ce qu’elle doit entreprendre pour augmenter son niveau de maturité. C’est là une étape importante pour permettre à toute organisation de renforcer ses défenses en matière de cybersécurité. Le Conseil d’Administration pourra dès lors prioriser les risques et fournir une feuille de route concrète à la Direction.

En quoi consiste votre posture de cybersécurité?

Selon le National Institute of Standards and Technology (SP 800-128 de NIST), une posture de cybersécurité se rapporte à «l’état de sécurité des réseaux, informations et systèmes d’une entreprise basé sur des ressources de sécurité de l’information (personnes, matériel, logiciels, stratégies). ) et des capacités en place pour gérer la défense de l’entreprise et réagir à mesure que la situation change ».

En d’autres termes, votre posture de cybersécurité indiquera à quel point votre entreprise est saine et cyber-résiliente. Elle indiquera à quel point l’organisation peut se défendre contre les cyberattaques, les violations et les intrusions. Définir votre posture de cybersécurité est donc important. En effet, cela guidera toute votre stratégie de cybersécurité, déterminera vos projets et influencera vos dépenses en la matière au fil des ans.

Signification des niveaux de maturité

  • Un niveau de maturité faible de la cybersécurité faible signifie généralement des défenses faibles. L’organisation  court donc un risque élevé. Elle nécessite par conséquent des améliorations significatives à plusieurs niveaux pour renforcer sa posture de cybersécurité et protéger ses actifs essentiels contre les violations et les intrusions.
  • Si le niveau de maturité est moyen c’est généralement indicatif de défenses de cybersécurité moyennes. L’organisation a alors pris plusieurs mesures pour sécuriser ses actifs critiques. Elle est cependant toujours en danger et il reste encore beaucoup à faire.
  • Un niveau de maturité élevé indique généralement de solides défenses. Cela signifie que l’organisation a mis en œuvre les stratégies, processus et procédures nécessaires pour optimiser sa posture de cybersécurité. Elle est conscients de ses actifs critiques et est préparée à faire face à des incidents de sécurité en toute confiance.

Donner l’orientation à la haute direction

Le Comité Stratégique IT

Le Conseil d’Administration définit l’orientation concernant l’utilisation de l’informatique par l’Organisation. Le Conseil d’Administration doit approuver le plan stratégique informatique, le programme de sécurité de l’information et les autres politiques liées aux TI. Pour ce faire, le Conseil d’Administration peut créer un  comité stratégique en charge des problématiques IT. Ce Comité Stratégique IT sera présidé par un membre du Conseil et aura notamment les responsabilités suivantes :

  • Examiner et approuver un plan stratégique informatique qui s’aligne sur la stratégie d’entreprise globale;
  • Promouvoir une gouvernance informatique efficace;
  • Superviser les processus d’approbation des fournisseurs tiers de l’organisation;
  • Superviser et recevoir des mises à jour sur les principaux projets informatiques, les budgets informatiques, les priorités informatiques et les performances informatiques globales;
  • Approuver les politiques à appliquer et signaler les incidents de sécurité importants au conseil d’administration;
  • Superviser l’adéquation et l’allocation des ressources informatiques pour le financement et le personnel;
  • Tenir la direction responsable de l’identification, de la mesure et de l’atténuation des risques informatiques;
  • Assurer une couverture d’audit indépendante, complète et efficace des contrôles informatiques.

Le recours à des sous-traitants pour la fournitures de certains services

Le Conseil d’Administration et la haute Direction devraient établir et approuver des politiques fondées sur les risques pour régir le processus d’impartition. Les politiques devraient reconnaître le risque pour l’Organisation d’externaliser les relations. Elles devraient également être adaptées à la taille et à la complexité de l’Organisation. Les facteurs que les Entreprises devraient envisager sont les suivants:

  • S’assurer que chaque relation d’impartition appuie les exigences globales et les plans stratégiques de l’organisation;
  • S’assurer que l’organisation dispose d’une expertise suffisante pour superviser et gérer la relation;
  • Evaluer les prestataires potentiels en fonction de la portée et de la criticité des services externalisés;
  • Adapter le programme de surveillance des prestataires de services à l’échelle de l’entreprise en fonction des évaluations des risques initiales et continues des services externalisés;

Surveiller la performance de l’organisation et les progrès

L’audit

  • Le Conseil dAdministration et la haute direction ont la responsabilité de veiller à ce que le système de contrôle interne de l’établissement fonctionne efficacement;
  • Le Conseil d’Administration devrait s’assurer que des directives écrites pour la conduite des audits informatiques ont été adoptées;
  • Le Comité d’Audit (sous la responsabilité du C.A.) est chargé d’examiner et d’approuver les stratégies d’audit (y compris les politiques et les programmes) et de surveiller l’efficacité de la fonction d’audit.

 

Cybersécurité : comment convaincre le Conseil d’Administration

A l’heure où les Entreprises entreprennent leur transformation digitale, le risque en matière de Cybersécurité s’accroit de jour en jour et une question se pose : comment sensibiliser et convaincre le Conseil d’Administration d’adopter une stratégie en matière de cybersécurité?

Stratégie de cybersécurité : comment convaincre le Conseil d'Administration?
Crédit © Image by rawpixel.com

Lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre une stratégie de cybersécurité à l’échelle de l’entreprise, les responsables de la sécurité, tels que les RSSI, les directeurs informatiques ou les gestionnaires des risques, ont souvent les mains liées. Ressources et budgets insuffisants, incompréhension du risque au plus haut niveau sont leur lot quotidien. Il leur faut donc tout d’abord convaincre le Conseil d’Administration de la criticité du sujet. C’est en effet le Conseil d’Administration qui exerce la responsabilité de gouvernance de l’Entreprise. C’est donc lui qui priorise les risques et définit les ressources qu’il autorise pour atteindre les bénéfices attendus par les parties prenantes de l’Organisation.

Heureusement, la cybersécurité est désormais passée de la sphère technique à la salle du conseil au cours de ces dernières années. Aussi, de plus en plus de membres du conseil d’administration comprennent l’importance d’une bonne cybersécurité dans l’environnement numérique actuel. Il faut dire aussi que beaucoup d’Entreprises ont renouvelé leurs conseils d’administration avec des administrateurs plus jeunes et plus au fait des problématiques de sécurité de l’information.


La stratégie de cybersécurité doit être décidée par le Conseil d’Administration, exécutée par le Comité de Direction et devenir la propriété des premières lignes de l’Organisation. (Help Net Security)


Néanmoins, environ 87% des membres du Conseil d’Administration et des cadres supérieurs n’ont pas confiance dans le niveau de cybersécurité de leur organisation.

Vous êtes RSSI ou responsable de la mise en œuvre des stratégies de sécurité pour votre organisation? Alors il est très probable que vous serez amené à présenter vos propositions au Conseil d’Administration. Et vous devrez le faire d’une manière claire, pertinente et convaincante. Nous allons donc vous donner quelques pistes pour mieux sensibiliser les administrateurs à l’urgence d’agir en la matière.

Cybersécurité : comment convaincre votre Conseil d’Administration?

Nous vous proposons 10 bonnes pratiques à suivre pour expliquer la cybersécurité à votre conseil d’administration afin d’obtenir l’adhésion nécessaire pour sécuriser votre entreprise. Il ne s’agit pas là d’une liste exhaustive et vous devrez, sans aucun doute l’adapter en fonction des priorités de votre Organisation. Il s’agit seulement de 10 pratiques éprouvées par nos experts dans le cadre de leurs missions auprès des Entreprises :

  1. Apprenez à bien connaître les membres du CA
  2. Banissez les termes techniques
  3. Appuyez-vous sur des exemples réels
  4. Alignez-vous sur la stratégie business globale
  5. Concentrez-vous uniquement sur les points importants
  6. Adoptez une approche basée sur la gestion des risques
  7. Expliquez clairement ce que vous essayez de réaliser
  8. Argumentez en vous appuyant sur des chiffres significatifs et justes
  9. Proposez des solutions concrètes
  10. Démontrez le retour sur investissement

Apprenez à bien connaître les membres de votre Conseil d’Administration

Quel que soit votre secteur d’activité, la taille de votre entreprise ou son niveau de maturité en matière de cybersécurité, une présentation réussie dépendra de votre connaissance du public. Assurez-vous donc de vous familiariser vous-même avec chacun des membres du conseil avant d’entrer dans la salle. Apprenez à connaître leurs antécédents, leur position respective et leur influence dans l’organisation. Comprenez aussi leurs points sensibles et leur approche globale vis à vis de la sécurité et des risques. Plus vous en saurez sur les membres du conseil, plus il sera facile de les comprendre. Et cela vous permettra de les convaincre plus facilement avec des arguments qui leur parleront.

Au minimum, essayez d’en savoir un peu plus sur le président du Conseil d’Administration, ainsi que sur les présidents des comités suivants:

  • Comité de sécurité,
  • Comité des Risques et de la Conformité.

Banissez les termes techniques

Plus vous utiliserez des termes simples et mieux les membres du Conseil d’Administration comprendront votre présentation.

Il y a fort à parier que,votre CA ne soit pas très familier avec les termes, les outils et les technologies de sécurité. Pour vous assurer que vous pouvez être compris et faire passer votre message, banissez les termes techniques. Concentrez plutôt votre discours sur des principes et des scénarios faciles à comprendre. Remplacez les termes tels que les attaques  de type SIEM, DDoS et MITM par des concepts universels tels que la gestion des risques, les cyberattaques et les principes de sécurité.

Abordez les sujets qui intéressent les administrateurs tels que :

Appuyez-vous sur des exemples réels

Tout point que vous voudrez aborder doit être appuyé par un exemple concret. Cela aidera les membres du conseil à comprendre l’essence de ce que vous dites.

Par exemple, le niveau de maturité en matière de l’entreprise en matière de cybersécurité pourrait être présenté avec une échelle de feux tricolores simple allant du vert au rouge en passant par l’orange. L’impact de certaines cyber-menaces peut être souligné par des articles récents montrant les conséquences. Ainsi, par exemple, il peut s’agir des coûts résultant de l’absence de mise en oeuvre des mesures de cybersécurité appropriées.

Si ce n’est pas suffisant, appuyez vous sur des études de cas réels. Choisissez  des organisations similaires à la vôtre. Vous pourrez ainsi montrer comment les stratégies de cybersécurité ont aidé à sécuriser d’autres organisations contre les violations et les intrusions.

Alignez-vous sur la stratégie business globale de votre Organisation

Quelle que soit la conviction de votre proposition, elle sera inutile si elle ne correspond pas à la stratégie globale de l’organisation. Vous n’êtes pas là pour discuter des difficultés inhérentes à la gestion de vos opérations de sécurité. Votre CA ne s’intéresse qu’à la stratégie de haut niveau de l’entreprise. Aussi chaque décision sera probablement basée sur la manière dont elle aidera l’organisation à atteindre ses objectifs business.

Avant de parler aux administrateurs, assurez-vous de vous familiariser avec la stratégie et les objectifs globaux de l’entreprise. Faites ainsi valoir vos arguments en faveur de l’atteinte ces objectifs.

Concentrez-vous uniquement sur les points importants

Rappelez-vous que votre CA ne se réunit que de façon périodique et que son temps est précieux. C’est pourquoi votre présentation doit se concentrer uniquement sur les éléments critiques. N’incluez jamais des informations « intéressantes à avoir » mais non essentielles. Si vous éliminez le superflu votre CA appréciera votre respect pour son temps. Il se rappellera ainsi d’autant mieux les points essentiels que vous souhaitez faire passer.

Adoptez une approche basée sur la gestion des risques

Les entreprises ont des ressources limitées pour gérer leurs risques et le CA est le garant de leur optimisation. L’une des priorités majeures du Conseil d’Administration est de s’assurer que les risques pour l’Organisations sont correctement gérés. Lors de votre présentation, vous devez vous assurer que votre stratégie de cybersécurité aura un impact durable sur l’Entreprise. Concentrez-vous donc sur les principales stratégies qui peuvent vous aider à améliorer votre situation en matière de cybersécurité et à renforcer vos défenses contre les menaces et les intrusions.

En adoptant une approche de gestion des risques, vous serez mieux compris des administrateurs. C’est un des sujets auxquels ils sont très sensibles et qu’ils maîtrisent parfaitement.

Expliquez clairement ce que vous essayez de réaliser

En introduction essayez de bien faire comprendre aux administrateurs la raison de votre présence devant eux. Avant de commencer votre présentation, assurez-vous donc d’expliquer clairement quel est votre objectif :

  • S’agit-il d’une nouvelle orientation stratégique en matière de cybersécurité?
  • Avez-vous besoin de plus de budget pour certaines acquisitions?
  • Devrez-vous embaucher des ressources supplémentaires et obtenir leur approbation?
  • Avez-vous besoin que le CA examine et approuve une nouvelle politique relative à la sécurité?

Les membres du conseil d’administration doivent avoir une compréhension claire de ce que vous essayez d’obtenir de leur part.

Argumentez en vous appuyant sur de chiffres significatifs et justes

Collectez des faits et des chiffres. Et surtout préparez-vous à répondre de façon précise aux questions.

Il est probable que les membres du Conseil d’administration poseront des questions spécifiques sur la situation actuelle de l’organisation en matière de cybersécurité, son évolution au fil des dernières années et la manière dont ils peuvent mesurer le niveau d’exposition au risque.

Assurez-vous de trouver des chiffres et des statistiques pertinents pour faire valoir votre point de vue. Par exemple, la stratégie de cybersécurité proposée peut nécessiter un budget supplémentaire de 8%, mais vous obtenez un retour sur investissement mesurable car votre exposition au risque sera réduite de 25%. La connaissance des chiffres significatifs et vérifiables constituera un argument clé pour convaincre le conseil.

Proposez des solutions concrètes

Soulever un problème est une chose, proposer une solution en est une autre.


Souvent les managers des départements ou des équipes viennent me voir en me disant « J’ai un problème ». Et j’ai l’habitude de leur répondre « Alors va le résoudre, et reviens me voir lorsque tu auras des solutions à me proposer ». Le CA n’est pas là pour vous aider à résoudre vos défis. Il a seulement pour rôle d’entériner une des solutions que vous lui proposez.


Assurez-vous de ne pas simplement parler de vos défis mais plutôt de mettre en place des solutions concrètes de cybersécurité qui vous faciliteront la vie tout en bénéficiant à l’Organisation. Par exemple, votre présentation pourrait se terminer par une liste de 5 stratégies concrètes que vous prévoyez d’entreprendre. Présentez leur impact budgétaire, leur date de début et de fin, leur impact sur l’activité et le retour sur investissement prévu. Une conversation de haut niveau est un bon point de départ. Cependant seules des solutions concrètes permettront d’apporter un changement durable.

Démontrez le retour sur investissement

Si vous voulez obtenir l’adhésion du CA à votre proposition de stratégie de cybersécurité, assurez-vous d’expliquer clairement comment vous allez rendre compte de vos projets. Et surtout, expliquez comment vous pouvez démontrer le retour sur investissement de votre proposition. Par exemple, vous pouvez décider de mener une évaluation de la situation de la cybersécurité de votre entreprise pour savoir où vous en êtes aujourd’hui et où vous devriez vous situer à la fin de la mise en œuvre.

Une progression mesurable du niveau de maturité de l’Entreprise en matière de cybersécurité peut aider à gagner l’adhésion des membres du conseil d’administration. Ils pourront ainsi être assurés que leur engagement a été payant.

En conclusion…

Pour qu’une stratégie de cybersécurité soit efficace et permette d’opérer un changement durable, le RSSI devra faire preuve d’intelligence pour obtenir l’adhésion de son Conseil d’Administration. Gardez à l’esprit que le temps que vous allez passer devant le CA est limité (généralement moins de 30 minutes). Alors concentrez-vous sur les éléments les plus importants qui éveilleront leur intérêt  et qui sont alignés avec leurs priorités et objectifs permettant d’assurer le succès de l’Entreprise sur le long terme

Si vos arguments sont clairs, pertinents et facilement compréhensibles, liés aux opérations et à la stratégie de l’entreprise, et que vous pouvez démontrer le retour sur investissement de votre proposition de stratégie de cybersécurité, alors vous aurez de meilleures chances d’obtenir le soutien nécessaire pour ce que vous essayez de réaliser.

Vous avez besoin d’aide pour préparer votre intervention ou même pour vous assister lors de votre présentation au CA? Vous pouvez contacter l’un de nos experts en Gouvernance et en Stratégie de cybersécurité qui vous proposera une présentation exécutive efficace à destination des membres de votre Conseil d’Administration.

COBIT – La gouvernance, clé du succès de l’entreprise

Le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) est entré en vigueur le 25 mai 2018, exigeant une bonne gouvernance des données pour toutes les entreprises et collectivités, indépendamment de la juridiction, sur le traitement des données personnelles associées aux citoyens de l’UE et de l’EEE. Dans un précédent article, j’ai montré comment COBIT 5 pouvait aider tout projet de mise en conformité au RGPD. Si le RGPD a été vraiment pris au sérieux, nos organisations sont aujourd’hui en mesure de mieux gérer leurs données. De fait, cela facilite leur tâche de gestion quotidienne de l’Entreprise.

COBIT Gouvernance, la clé du succès en entreprise
Crédits © weerapat1003

Grâce à une bonne gouvernance, nous pouvons aborder avec confiance des problèmatiques actuellement encore ignorées par la pensée dominante. Elles sont pourtant désormais très pertinentes et constitueront un facteur de succès ou d’échec pour les prochains mois et les prochaines années. Parmi les problèmes dominants affectant les Entreprises, on peut citer :

  • L’adaptation de la main-d’œuvre du troisième millénaire,
  • La transformation digitale de l’économie,
  • Après le RGPD, le règlement sur la protection de la vie privée ,
  • Le BREXIT,
  • Les géants du web, notre nouveau risque systémique,
  • L’insécurité intégrée…

Le thème central, commun à tous ces sujets, est celui des systèmes d’information. L’activité stratégique et opérationnelle doit désormais adopter une approche plus «entrepreneuriale» que «mature» pour exploiter les opportunités au fur et à mesure qu’elles se présentent. Les cadres de gouvernance doivent encourager l’innovation et gérer simultanément les risques associés au moyen de politiques, de procédures et de pratiques adaptées. Une approche collaborative est nécessaire pour anticiper et répondre rapidement au changement.

COBIT 5 : le cadre de Gouvernance d’Entreprise publié par l’ISACA

Le cadre COBIT 5 de l’ISACA permet d’avoir un aperçu de la gouvernance d’entreprise. La famille de publications comprend «COBIT 5, a Business Framework for the Governance and Management of Enterprise IT». Ce document de 94 pages fournit un guide complet sur où et comment rechercher des opportunités d’évolution et d’innovation dans votre entreprise.

COBIT 5 : un mythe tenace

Malheureusement la traduction Française de cette publication n’est pas très pertinente. Elle semble faire plus de cas de l’informatique que des métiers de l’Entreprise, seuls créateurs de valeur. Le titre lui-même a été traduit par « COBIT 5, un référentiel orienté affaires pour la gouvernance et la gestion des TI de l’entreprise ». Le titre original, en Anglais, ne fait pas référence aux TI mais à « l’information de l’entreprise et aux technologies associées ». C’est beaucoup plus vaste et cela couvre la totalité des métiers au lieu de la seule informatique. Pour COBIT, l’informatique n’est seulement qu’un « outil » au service des métiers de l’Entreprise (on parlera du 6ème « enabler »). COBIT n’est aucune un référentiel destiné à l’IT. C’est un référentiel de Gouvernance et de Management de l’Entreprise.

Le périmètre de COBIT 5 : La gouvernance et le management de l’entreprise

Cela inclut bien évidemment l’IT, mais seulement comme un composant de l’Entreprise.

Vous pouvez accéder au périmètre des publications COBIT 5 sur le site de l’ISACA. COBIT a la particularité d’être composé de publications permettant au lecteur d’accéder au contenu du cadre au travers des filtres. L’accès au cadre de référence complet est totalement gratuit. Certains autres documents, tels que le modèle de référence des processus ou le guide de mise en oeuvre sont gratuits pour les membres de l’ISACA. Enfin, d’autres documents, notamment les guides professionnels, sont payants mais avec une remise substantielles pour les membres.

Publications COBIT
Source © ISACA

COBIT 5 : quelques cas réussis de mise en oeuvre dans le monde

Chacun des cas présentés ici correspond à la liste des problèmes dominants identifiés au début de cet article. Il n’ont souvent qu’un lien très lointain avec les technologies de l’information. Vous y trouverez des liens utiles présentant le contexte et la façon dont  COBIT 5 a permis relever ces défis organisationnels.

Adaptation de la main d’oeuvre du 3ème millénaire – Cas PWC

PWC, tout comme DELOITTE et d’autres grands cabinets internationaux exigent un engagement intensif de leurs salariés dès le début. Des récompenses en matière d’évolutions de carrière, telles que des partenariats, sont appelées à venir plus tard. Ces entreprises sont actuellement confrontées à un turnover croissant de jeunes, essentiellement nés entre 1980 et 1995. Il s’agit de ceux qu’on qualifie généralement d’enfants du millénaire. Ceux de la génération Z, nés après 1995, commencent à peine à arriver sur le marché de l’emploi. PWC et DELOITTE ont constaté que la main-d’œuvre entrante avait des attentes différentes de celle des générations précédentes. Les jeunes souhaitent désormais une approche flexible pour travailler. Ils attendent des récompenses pour de bonnes performances dès le début ainsi que tout au long de leur carrière.

COBIT 5 via son approche de cascade des objectifs se focalise sur l’identification besoins des parties prenantes. Ceux-ci sont alors traduits en objectifs de l’entreprise liant les attentes internes et externes des parties prenantes avec celles de l’entreprise.Une fois identifiés, les changements appropriés peuvent être apportés aux politiques et aux pratiques.

Pour mieux comprendre comment vous appuyer sur COBIT pour résoudre cette problématique, nous vous proposons les liens suivants :

Transformation digitale de l’économie – Cas Domino’s

La transformation digitale pousse les entreprises à adapter leurs modèles commerciaux et à se concentrer. Domino’s a réalisé qu’ils devaient passer d’un service de restauration rapide à un service digital. En utilisant l’analyse de données pour personnaliser les offres marketing auprès des clients, les clients sont attirés par un service correspondant à leur style de vie.

COBIT 5, au travers des conseils sur les services, l’infrastructure et les applications, aide les entreprises à évaluer le potentiel de la transformation numérique sur l’organisation. Cette orientation élargit la réflexion, de la définition d’une solution unique jusqu’à la mise en œuvre d’un actif holistique, intégrale et soutenant les objectifs de l’entreprise.

Si vous souhaitez mieux comprendre comment COBIT a permis à Domino’s de réussir sa transformation digitale : https://www.bernardmarr.com/default.asp?contentID=1264.

Mise en conformité au futur règlement Européen sur la protection de la vie privée – Cas WhatsApp

Le règlement sur la vie privée et les communications électroniques, qui devrait être adopté par l’UE à la fin de 2018, constitue un ajout subtil au RGPD couvrant les communications électroniques.Des consentements explicites supplémentaires seront nécessaires. L’infrastructure de communication intelligente transporte, génère, utilise et stocke des données personnelles et corporatives identifiables. Donc, de fait, les principaux services de communication tels que WhatsApp sont inclus. C’est aussi le cas des fournisseurs de cookies, d’appareils IoT et de marketing direct et e-marketing.

COBIT 5 fournit des conseils sur la façon dont les entreprises, incluant leur IT, doivent se conformer aux exigences réglementaires. COBIT peut donc aider à révéler où des consentements explicites pourraient être nécessaires.

Voici quelques liens qui peuvent vous permettre de mieux comprendre comment COBIT aide à mieux protéger la vie privée :

Le BREXIT – Cas Currency Cloud

La situation sur le BREXIT restant assez imprévisible à l’heure actuelle, les entreprises doivent donc définir des plans d’urgence afin de minimiser les impacts d’un accord non favorable. Même si une organisation n’a aucun contact avec l’UE, elle doit vérifier comment le BREXIT affecte sa chaîne d’approvisionnement et sa banque. Pour certains, comme la plateforme d’échanges financiers Currency Cloud, «pas d’accord» avec l’UE serait synonyme de devoir mettre en place une présence européenne pour obtenir leur licence opérationnelle européenne, au cas où.

COBIT 5 couvre les exigences de conformité aux réglementations, lois et autres normes. Cela aide à identifier le point de départ et les processus sur lesquels se focaliser. COBIT inclut des sections sur la continuité des opérations, couvrant la prévention, l’atténuation et le retour à la normale en cas de perturbation pour aider à identifier les possibles zones de friction.

Pour mieux comprendre comment COBIT peut aider les entreprises britanniques à affronter le BREXIT : https://www.ibtimes.co.uk/why-neither-brexit-nor-loss-passporting-will-stop-uks-fintech-momentum-1659410.

Les géants du web, nouveau risque systémique – Cas des GAFAM

Chaque entreprise est dans un marché pour acheter et vendre. Pour opérer de manière efficace et efficiente, beaucoup d’entre nous se tournent vers l’infrastructure informatique et les fournisseurs de communication offrant des solutions «guichet unique» faciles à utiliser, telles que Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Mais c’est une épée à trois tranchants.

Le grand avantage, qui les rend si attrayants, est qu’ils devient facile d’accéder à des structures de communication et de stockage avec la sécurité et l’échelle nécessaires. Les principaux inconvénients sont :

  1. avec peu d’acteurs dominants, le contrôle sur les marchés n’est pas entre nos mains
  2. et si l’un d’eux échoue, techniquement ou commercialement, l’impact négatif sur les affaires et la vie privée sera énorme.

COBIT 5 peut aider à définir une nouvelle approche pour traiter un point de défaillance systémique. Il existe également une liste de contrôles utiles sur les questions à poser aux parties prenantes externes.

L’insécurité intégrée – Cas Expedia

Un sous-produit de la construction l’efficacité de l’entreprise de construction est de jeter les bases de l’insécurité par inadvertance. Expedia a découvert qu’une de ses filiales avait laisser fuiter des données sur ses clients. Le partage et la gestion des données, même au sein d’un même groupe, sont difficiles à contrôler car les exigences et la responsabilité sont diluées, obscurcies ou réinterprétées par le partenaire en charge du traitement des données.

Pour en savoir plus sur le cas Expedia : https://www.cnbc.com/2018/03/20/an-expedia-subsidiary-says-a-security-breach-affected-880000-cards.html.

COBIT 5 est derrière chaque entrepreneur pour l’aider

COBIT 5 est là pour nous aider à mieux réfléchir à la manière dont nous gérons et opérons. Tant de choses sont demandées aux entreprises, il est facile de rater les choses auxquelles nous devrions penser. La technologie détermine à la fois le rythme et la façon dont nous travaillons. Une bonne gouvernance est essentielle pour assurer la prospérité des entreprises.COBIT 5 est essentiel p our bien gouverner.

Pour mieux comprendre pourquoi une formation COBIT vous est indispensable : http://www.ab-consulting.fr/blog/geit/cobit-5/formation-cobit-7-raisons.

Vous aussi vous avez un cas particulier, hors du domaine IT, d’utilisation réussie de COBIT 5 dans un contexte particulier? N’hésitez pas à nous laisser votre commentaire.

RGPD – La loi Française enfin publiée le 20 Juin 2018

Après une « étrange » et longue bataille juridique et un recours des sénateurs d’opposition auprès du Conseil Constitutionnel, la loi Française sur la protection des données personnelles, alignée sur le règlement européen connu sous le nom de RGPD (GDPR) a enfin été promulguée le 20 juin 2018, soit près d’un mois après la date d’entrée en vigueur du RGPD. Alors que contient cette loi? Pourquoi une aussi longue bataille pour obtenir sa promulgation? Pourquoi est-il si difficile pour la France et les Français de s’aligner sur les lois et réglementations internationales?

RGPD - La loi Française sur la protection des données personnelles publiée le 20 Juin 2018
Crédits © Sondem

La loi relative à la protection des données personnelles a été promulguée le 20 juin 2018. Elle adapte la loi « Informatique et libertés » du 6 janvier 1978 au règlement général sur la protection des données (RGPD) du 27 avril 2016, directement applicable dans tous les pays européens au 25 mai 2018.

La loi du 20 juin 2018 modifie la loi « informatique et libertés » de 1978 pour la mettre en conformité avec le RGPD. Notamment, sont concernés les pouvoirs et missions de la CNIL et l’élargissement des données sensibles. Elle tire également  parti des marges de manœuvre permises par le RGPD : majorité numérique, etc.. Enfin, elle s’aligne à une directive européenne publiée également le 27 avril 2016 sur les fichiers en matière pénale, dite directive « police justice ».

Adaptation du rôle de la CNIL et de ses pouvoirs de contrôle et de sanction

La composition, les missions et les pouvoirs de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) sont modifiés.

L’évolution des missions de la CNIL

Le RGPD introduit une nouvelle logique de responsabilisation et d’accompagnement des acteurs traitant des données personnelles (entreprises, administrations, etc.). Les missions de la CNIL évoluent donc afin de les adapter à cette nouvelle logique. En contrepartie, les formalités préalables auprès de la CNIL prévues dans la loi de 1978 sont quasiment toutes supprimées.

En outre, et en complément des missions qu’elle exerce déjà, la CNIL est désormais chargée :

  • d’établir et de publier des lignes directrices, recommandations ou référentiels destinés à faciliter la mise en conformité des traitements et à procéder à l’évaluation préalable des risques par les responsables de traitement et leurs sous-traitants ;
  • de produire et de publier des règlements types afin d’assurer la sécurité des systèmes de traitement et de régir les traitements de données biométriques, génétiques et de santé ;
  • d’encourager l’élaboration de codes de conduite par les acteurs traitant des données ;
  • de certifier des personnes, des produits, des systèmes de données ou des procédures ;
  • de lister les fichiers pénaux pouvant présenter un risque élevé pour les droits et libertés fondamentales des personnes.

Un rôle de conseil

Dans l’exercice de ses missions, la CNIL doit désormais prendre en compte les besoins propres des collectivités locales. Or, parmi elles, beaucoup s’inquiètent des nouvelles règles européennes. Pour les aider, la CNIL a publié sur son site internet un certain nombre de pages qui leur sont dédiées. La loi prévoit que les petites et moyennes entreprises (TPE-PME) doivent également faire l’objet d’un accompagnement personnalisé. A cet égard, la CNIL, en partenariat avec Bpifrance, a d’ores et déjà publié un guide pratique les sensibilisant au RGPD.

Un rôle consultatif vis à vis du parlement

Toujours au titre de ses missions, la CNIL peut désormais être consultée sur toute proposition de loi portant sur la protection des données personnelles par les présidents ou les commissions compétentes de l’Assemblée nationale ou du Sénat et par les présidents des groupes parlementaires.

Renforcement des pouvoirs de la CNIL en matière de contrôle et de sanction

Pouvoirs de contrôle étendus

Les pouvoirs de contrôle de la CNIL sont précisés et étendus par la loi. La nature des locaux que ses agents peuvent visiter et les conditions dans lesquelles le secret professionnel, notamment médical, peut leur être opposé sont redéfinies. De plus, pour les contrôles en ligne, ses agents peuvent dorénavant recourir à une identité d’emprunt.

Plusieurs articles de la loi sont également consacrés à la procédure de coopération entre la CNIL et les autres autorités de protection européennes en cas de traitements transnationaux (touchant des personnes de plusieurs pays européens). Le RGPD pose, en effet, de nouvelles règles en la matière. L’objectif est d‘apporter une réponse unique en cas d’atteinte au droit à la vie privée des citoyens de plusieurs pays européens. La récente affaire Cambridge Analytica-Facebook est, à cet égard, une illustration.

Pouvoirs de sanction adaptés

Les pouvoirs de sanction de la CNIL sont adaptés. De nouvelles sanctions, comme le prononcé d’une astreinte ou le retrait d’une certification ou d’un agrément, sont prévues en cas de violation des règles sur la protection des données personnelles. En outre, le montant des amendes administratives est très fortement augmenté. Elles sont désormais alignées sur le RGPD et peuvent aller jusqu’à 20 Millions d’Euros ou 4% du CA mondial annuel. Ces astreintes et amendes concernent autant les entreprises que les collectivités locales et les associations, qu’elles soient responsables d’un traitement ou sous-traitants. Seul l’État en est dispensé.

Lors de la discussion du projet de loi, le Sénat voulait exempter les collectivités locales des sanctions financières. Il souhaitait également que leur produit serve à financer l’accompagnement par l’État des responsables de traitement et de leurs sous-traitants. Il a, de plus, proposé la création d’une dotation communale et intercommunale afin d’aider les collectivités à se mettre en conformité avec le RGPD. Cette mise en conformité va, en effet, avoir un coût budgétaire pour les petites collectivités. Toutefois, ces amendements ont tous été rejetés. Néanmoins, à la demande des sénateurs, la mutualisation des services numériques entre les collectivités et leurs groupements est facilitée. Les communes peuvent, en particulier, se doter d’un délégué à la protection des données commun. Cette disposition est totalement en ligne avec le RGPD qui ne mentionnait rien à cet égard.

La CNIL a-t-elle les moyens d’exercer sa mission?

Pour assurer la bonne application du RGPD, la CNIL a clairement besoin de ressources. La présidente de la CNIL, Isabelle Falque-Pierrotin, a d’ores et déjà demandé aux pouvoirs publics plus de moyens humains. Ceux-ci seront discutés dans le cadre de la prochaine loi de finances. La CNIL emploie actuellement 200 personnes. Ce chiffre est à comparer avec ceux des autorités de protection comparables. Celles-ci comptent en général 500 ou 700 collaborateurs (comme au Royaume-Uni et en Allemagne).

Renforcement de la protection des données personnelles sensibles

Conformément au RGPD, le champ des données sensibles (sur l’origine raciale, les opinions politiques, etc.) est étendu aux données génétiques et biométriques ainsi qu’aux données relatives à l’orientation sexuelle d’une personne. En principe, ces données ne peuvent pas faire l’objet d’un traitement en raison de leur nature même.

Des dérogations à cette interdiction sont toutefois prévues par le droit européen. C’est le cas en matière de sécurité sociale ou si la personne a expressément consenti au traitement de ses données ou si elle les a rendues publiques, etc.. La loi du 20 juin 2018 ajoute d’autres dérogations. Sont notamment permis les traitements de données biométriques (empreintes digitales, etc.) strictement nécessaires aux contrôles d’accès sur les lieux de travail, aux ordinateurs et aux applications utilisés au travail. Sont de même autorisés les traitements portant sur la réutilisation d’informations figurant dans les décisions de justice diffusées dans le cadre de l’open data.

Les marges de manoeuvre permises et prévues par le RGPD

Le RGPD, bien que d’application directe, contient plus d’une cinquantaine de marges de manœuvre autorisant les États membres à préciser certaines dispositions. La plupart d’entre elles ont été utilisées pour conserver des dispositions qui existaient déjà dans la loi de 1978. La loi du 20 juin 2018 n’aménage que quelques points, afin notamment de répondre aux évolutions technologiques et sociétales.

Des formalités préalables maintenues pour certains traitements

Les formalités préalables (autorisations ou déclarations) auprès de la CNIL sont quasiment toutes supprimées. La loi en maintient cependant quelques une, comme prévu par le RGPD, pour certains traitements. Sont concernés les traitements :

  • comportant le numéro d’inscription des personnes au répertoire national d’identification des personnes physiques, sauf exceptions ;
  • de données génétiques ou biométriques nécessaires à l’authentification ou au contrôle de l’identité des personnes mis en œuvre pour le compte de l’État ;
  • qui intéressent la sûreté de l’État, la défense, la sécurité publique ou qui ont pour objet la prévention et la répression des infractions pénales ;
  • de données de santé se justifiant par une finalité d’intérêt public (sécurité des médicaments, etc.).

Catégories particulières de traitement

Plusieurs dispositions de la loi sont consacrées à des catégories particulières de traitements. Sont notamment visés les traitements de données de santé, qui font l’objet d’un régime spécifique.

Sont aussi concernés les traitements de données sur les infractions, condamnations ou mesures de sûreté connexes (hors champ de la directive c’est-à-dire à d’autres fins que la prévention et la répression des infractions). Ces traitements peuvent dorénavant être effectués par une liste élargie de personnes. Citons par exemple les associations d’aide aux victimes ou de réinsertion ou des personnes mises en cause ou victimes dans une procédure pénale. En revanche, le Conseil Constitutionnel, saisi par des sénateurs Les républicains, a déclaré anticonstitutionnel l’élargissement de la mise en œuvre des tels traitements « sous le contrôle de l’autorité publique » (comme l’hébergement des données sur un serveur). Cette formulation, pourtant reprise du RGPD, a été jugée insuffisamment précise.

Droits des personnes concernées

Sur ce point encore, la loi utilise les marges de souplesse permises par le RGPD.

Protection des données personnelles concernant les enfants

Elle fixe à 15 ans la majorité numérique, c’est-à-dire l’âge à partir duquel un enfant peut consentir seul au traitement de ses données, typiquement sur les réseaux sociaux. Le gouvernement et les sénateurs souhaitaient retenir le seuil de 16 ans. C’est l’âge du consentement fixé par défaut par le RGPD. Le texte a toutefois laissé aux États la possibilité de l’abaisser jusqu’à 13 ans. C’est donc dans ce cadre que les députés ont voté l’âge de la majorité numérique à 15 ans.

Recours à des décisions individuelles automatisées

La loi ouvre, par ailleurs, plus largement la possibilité pour l’administration de recourir à des décisions individuelles automatisées. Les décisions fondées exclusivement sur un algorithme ne sont plus interdites. Néanmoins, de nouvelles garanties sont données aux administrés : droits à l’information et à l’explication (déjà consacrés par la loi pour une République numérique de 2016), droit à recours avec une intervention humaine a posteriori, obligation pour l’administration de maîtriser l’algorithme et ses évolutions (prohibition des algorithmes auto-apprenants), interdiction d’utiliser des données sensibles.

Sur ce point les deux chambres étaient à nouveau en désaccord. Les sénateurs souhaitaient encadrer plus strictement l’usage des algorithmes par l’administration. Ils demandaient aussi la transparence des algorithmes utilisés par les universités dans le cadre de Parcoursup. Or cette transparence est exclue par la loi « orientation et réussite des élèves » du 8 mars 2018). Les propositions du Sénat ont été rejetées. Cependant, sur amendement du gouvernement, le fonctionnement de Parcoursup fera l’objet, chaque année, d’un rapport au Parlement.

Dans sa décision du 12 juin 2018, le Conseil constitutionnel a jugé conforme à la Constitution les nouvelles règles régissant l’emploi des algorithmes par l’administration. Il considère que « le législateur a défini des garanties appropriées pour la sauvegarde des droits et libertés des personnes soumises aux décisions administratives individuelles prises sur le fondement exclusif d’un algorithme ».

Traitement des données scolaires

La loi oblige aussi les établissements publics des premier et second degrés à rendre public, à partir de la rentrée 2018, le registre de leurs traitements de données scolaires. Il s’agit entre autres de permettre aux parents d’élèves de savoir comment les données de leurs enfants sont traitées.

Actions de groupe

Les actions de groupe, déjà autorisées depuis fin 2016 pour faire cesser en justice un manquement par un responsable de traitement ou un sous-traitant, sont étendues à la réparation des préjudices matériels et moraux subis en cas de violation des données personnelles.

En vertu du RGPD, les citoyens peuvent aussi se faire représenter par les associations ou organismes actifs dans le domaine de la protection des données personnelles pour exercer en leur nom une réclamation auprès de la CNIL, un recours juridictionnel contre la CNIL ou contre le responsable du traitement ou sous-traitant.

Récemment, l’association La Quadrature du Net a déposé une réclamation collective auprès de la CNIL. Elle est dirigée contre les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). L’association estime, en effet, que ces derniers ne respectent pas le RGPD sur le consentement « libre et éclairé » des internautes.

Le libre choix de ses applications sur smartphone

Cette disposition est issue de l’amendement « Bothorel », du nom du député qui l’a porté. Aujourd’hui, la quasi-totalité des smartphones vendus en France et en Europe sont équipés d’un système d’exploitation mobile iOS ou Android. Ces systèmes sont imposés ainsi que le moteur de recherche par défaut (souvent Google). Il n’y a donc pas de consentement véritable des utilisateurs. La loi oblige désormais les fabricants ou distributeurs de smartphones à proposer aux consommateurs plus de choix dans les applications. L’objectif est de faire un peu plus de place aux navigateurs web et moteurs de recherche « alternatifs ». Ceux-ci sont parfois plus respectueux de la protection des données personnelles de leurs utilisateurs (par ex. Qwant en France).

La transposition de la directive « police »

Enfin, la loi du 20 juin 2018 transpose la directive du 27 avril 2016 dite « police – justice ». Celle-ci harmonise le régime des traitements à finalité pénale. Il est clairement fait référence aux fichiers de police et de justice comme le fichier national des empreintes génétiques. Par contre, les fichiers de renseignement sont exclus.

Un droit à l’information est en particulier créé pour les personnes fichées en matière pénale. Ces dernières peuvent aussi désormais exercer de façon directe leur droit d’accès auprès du responsable du traitement (sauf exceptions). Elles peuvent ensuite demander la rectification des données les concernant, voire leur effacement.

Les autorités publiques doivent, par ailleurs, respecter un certain nombre d’obligations. Parmi celles-ci, citons la production d’une analyse d’impact pour les données sensibles, la tenue d’un registre des activités du traitement et d’un journal pour certaines opérations de traitement, la désignation d’un délégué à la protection des données, la communication de toute violation de données à la CNIL et à la personne concernée, etc.

De nouvelles règles sur les transferts de données personnelles vers les autorités judiciaires et les forces de l’ordre des pays hors Union européenne sont également posées.

 

RGPD: Optical Center va payer 250.000 € d’amende! Et vous?

La formation restreinte de la CNIL a prononcé le 7 mai dernier une sanction de 250.000 euros à l’encontre de la société OPTICAL CENTER. Celle-ci est accusée avoir insuffisamment sécurisé les données de ses clients effectuant une opération en ligne sur son site internet. Heureusement, à cette date, le RGPD n’était pas encore entré en vigueur. Ceci explique le montant relativement faible de l’amende infligée. Après le 25 mai, la même infraction aurait pu être sanctionnée d’une amende allant jusqu’à 20 millions d’Euros.

Et vous? Où en êtes-vous de votre mise en conformité un mois après l’entrée en vigueur des sanctions? 

RGPD la CNIL sanctionne Optical Center
Crédits © Jürgen Fälchle

C’est la première fois que la CNIL inflige une amende conséquente pour un défaut de sécurité sur un site web. Alors des questions se posent. Pourquoi et comment les données personnelles des clients d’une entreprise peuvent-elles se retrouver accessibles par un simple clic dans un navigateur… par la planète entière ?

La décision de la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) a été prise deux semaines seulement avant l’entrée en vigueur du Règlement Général de Protection des Données Personnelles (RGPD). Après le 25 mai, Optical Center aurait pu payer jusqu’à 20 millions d’euros — ou 4% du chiffre d’affaire du groupe — au lieu des 250.000 € exigés. Ce qui est reproché à la société est très grave et nous allons essayer de l’analyser. Pourtant, l’Entreprise a été très réactive. Le défaut de sécurité sur son site web a été corrigé le lendemain de sa découverte. Cependant la CNIL a estimé qu’elle ne pouvait pas laisser une telle infraction à la loi sans sanctions. Il faut souligner que Optical Center avait déjà été condamnée à 25.000 € pour le même type de manquement en 2015.

Il s’agit d’un défaut de sécurité et non d’une faille exploitée

C’est quoi la différence?

Suite à un signalement, la CNIL a effectué un contrôle en ligne. Le site web d’Optical Center permettait l’accès direct par navigateur — sans vérification d’authentification — à 334.000 factures de ses clients. Autrement dit, n’importe qui pouvait télécharger les documents en question. Il suffisait de taper l’adresse web y donnant l’accès. Ces factures contenaient les noms et les prénoms des clients ainsi que leur adresse postale, leurs coordonnées téléphoniques et pour certains, leur numéro de sécurité sociale et des informations médicales (correction ophtalmique). Selon la CNIL, qui a été informée d’une « fuite de données conséquente » en juillet 2017 du site  www.optical-center.fr, « le site n’intégrait pas de fonctionnalité permettant de vérifier qu’un client est bien connecté à son espace personnel (« espace client ») avant de lui afficher ses factures. Il était ainsi relativement simple d’accéder aux documents d’un autre client de la société ».

Le site web d’Optical Center n’a donc pas été piraté. La fuite de données provenait simplement d’un défaut d’administration du site. C’est très différent d’un piratage exploitant une « faille » du serveur. Dans le cas d’un piratage, des compétences techniques pointues auraient été nécessaires pour contourner la sécurité établie. Il aurait fallu pénétrer par un moyen technique dans le système distant afin d’y copier des fichiers. Dans l’affaire Optical Center, il n’y avait aucun besoin de prouesses techniques pour copier les 334.000 documents. L’accès aux factures des autres clients était direct, comme pour accéder à ses propres factures.

La sanction tient compte des précédents

Cette fois, la CNIL indique que Optical Center a immédiatement averti son prestataire. « Tout en soulignant la réactivité de la société dans la résolution de la faille, la formation restreinte [de la CNIL, en charge de l’instruction des sanctions] a considéré que la question de la restriction d’accès aux documents mis à disposition des clients, à partir de leur espace réservé, aurait dû faire l’objet d’une attention particulière de la part de la société » précise l’autorité administrative indépendante.

Compte tenu notamment de la particulière sensibilité des données ayant été rendues librement accessibles, du nombre de clients impactés et du volume de documents contenus dans la base de données de la société à la date de l’incident (plus de 334.000), la formation restreinte a décidé de rendre publique sa décision. Donc, ce sont la récidive et la quantité de données accessibles qui expliquent la lourdeur de la sanction.

Les sites internet doivent être mieux sécurisés

Le coup de poing sur la table de la CNIL

L’amende de 250.000 € à l’encontre d’Optical Center est un coup de semonce. Cela devrait faire réfléchir les entreprises sur leurs obligation de sécurisation de leurs sites web. Cette affaire n’est pas sans rappeler celle de la fuite de données sur le site web de Darty. Celle-ci avait conduit la CNIL à infliger à la célèbre marque d’électroménager une amende de 100.000 € pour des raisons similaires.

La mise en place de contrôles d’accès sécurisés, leur vérification par des administrateurs, sont le b.a.ba de la sécurité informatique — dont celle des sites internet. Il est surprenant que des entreprises recueillant des informations sur leurs clients ne soient pas en mesure de faire le minimum à ce niveau là. Ce constat est inquiétant, surtout pour des entreprises aux chiffres d’affaire importants et dont les moyens sont parfaitement suffisants pour s’assurer une « qualité normale » de sécurité de leurs sites internet.

Des entreprises focalisées uniquement sur les coûts

D’ailleurs, c’est bien là que réside la raison de ces défauts de sécurité. Payer des gens compétents est un élément vital en sécurité informatique. Or la culture des entreprises françaises, de ce point de vue là, ne semble pas être encore à la hauteur des enjeux. Les Entreprises Françaises sont malheureusement toujours focalisée sur les coûts au détriment des risques. Souvent, les salaires des techniciens sont faibles, leur nombre est insuffisant. Dans de nombreux cas les Responsables de la Sécurité des Systèmes d’Information (RSSI) sont inexistants. Enfin, plus souvent encore, l’Entreprise n’a pas nommé de CISO (Chief Information Security Officer) à son comité de direction.

De fait, les « économies » des entreprises (et des structures publiques) sont souvent réalisées sur le dos de la sécurité des SI. Par conséquent la France apparait, en matière de protection des données personnelles, comme un très mauvais élève. Un chiffre est éloquent concernant la sécurité des SI. Selon les dernières statistiques de l’ISO, la France compte 209 entreprises certifiées ISO 27001. Ce chiffre est à mettre en relation avec les statistiques de nos voisins. On recense 1338 entreprises certifiées ISO 27001 en Allemagne, 3367 au Royaume Uni, 1220 en Italie et 752 en Espagne. Il y a donc un gros travail à faire pour les Entreprises Françaises pour revenir dans la moyenne européenne.

Enfin, le dernier problème concerne les lanceurs d’alerte en sécurité informatique. Ils sont la plupart du temps attaqués en justice en France, plutôt qu’écoutés. Pas certain que dans ces conditions la sécurité des sites web n’y gagne beaucoup…

Et vous? Avez-vous pris toutes les mesures nécessaires?

Si vous en doutez, n’hésitez pas à poster vos commentaires et vos questions. Nos consultants experts se feront un plaisir de vous répondre.

RGPD/GDPR : Quels changements le 25 mai 2018?

Le règlement européen en matière de protection des données à caractère personnel ou RGPD (GDPR en Anglais) est la nouvelle réglementation européenne qui s’applique désormais à toute organisation, publique ou privée, traitant des données relatives aux personnes physiques avec lesquelles elles interagissent (clients, prospects, employés, partenaires, …) dans l’Espace Economique Européen. Il y avait déjà, en France, une loi qui protégeait les citoyens contre les traitements abusifs de leurs données personnelles. Il s’agit de la Loi Informatique et Libertés de 1978. Au niveau Européen, il s’agissait de la Directive 95/46/CE qui était en vigueur depuis 1995. Alors, avec le RGPD (GDPR), qu’est-ce qui change vraiment le 25 Mai 2018? Et pourquoi à un peu plus d’un mois de l’échéance, tous les acteurs économiques sont-ils aussi fébriles?

RGPD/GDPR - Les changement au 25 Mai 2018
Crédits : Vasily Merkushev – Fotolia.com

La nouveauté tient essentiellement au fait que le régulateur a prévu des montants d’amendes administratives énormes en cas de non-conformité avec le RGPD (GDPR). Ces amendes doivent être efficaces, proportionnées et dissuasives ainsi que le mentionne la loi. Elles peuvent aller jusqu’à 4% du chiffre d’affaires annuel mondial pour les groupes internationaux. Leur montant peut atteindre jusqu’à 20 millions d’euros pour les PME. Elles seront applicables dès le 25 Mai 2018 en cas de non respect de la loi. J’entends déjà les commentaires « Il ne faut pas paniquer, il y aura un délai de grâce« . Le problème c’est que c’est le délai de grâce qui se termine le 25 Mai 2018. En fait la réglementation est déjà applicable depuis Avril 2016. La Commission Européenne a laissé deux années de grâce avant l’application des sanctions. Son objectif était de permettre aux entreprises et organisations publiques pour se mettre en règle.

Afin de vous guider de façon efficace, nous allons voir pas à pas les obligations principales auxquelles vous devez vous soumettre ainsi que les actions à entreprendre pour mettre votre organisation en conformité avec le RGPD (GDPR). Ce post constitue une introduction à une série d’articles, à venir dans les prochaines semaines, qui détailleront chacune de ces actions.

Une chose est claire. Si vous n’avez pas encore commencé la mise en conformité, vous n’avez aucune chance d’être prêts pour le 25 Mai 2018. Alors il vous incombe de prioriser les actions et d’être en mesure de démontrer que vous avez démarré. Vous pourrez toujours espérer la mansuétude de l’autorité de contrôle.

Trois pièges à éviter

S’agit-il vraiment d’une problématique informatique?

Tout d’abord, essayons d’évacuer un mythe. Le mise en conformité avec le RGPD (GDPR) n’a rien à voir avec une obligation au niveau informatique. Les affaires sont un peu difficiles pour les sociétés spécialisées en informatique qui prolifèrent. Depuis que l’information sur le montant des amendes circule, beaucoup d’entre elles, voyant là un créneau pour se développer, proposent des logiciels vous permettant de réaliser cette mise en conformité. Il s’agit là d’une énorme arnaque. Le problème est d’abord un problème de gouvernance de votre organisation et non un problème informatique. Bien sûr, cela pourra ensuite déboucher sur une mise en conformité des systèmes informatiques que vous utilisez. En aucun cas un nouveau logiciel ne vous permettra d’être en conformité avec le RGPD (GDPR). Donc exit les logiciels estampillés ‘conforme au RGPD’ (GDPR compliant).

Comme d’habitude en pareil cas, le marché foisonne de charlatans.Ils ne connaissent souvent pas le premier mot de la loi et proposent des outils tout faits pour résoudre tous les problèmes. Ils résolvent surtout le problèmes que vous n’avez pas, ignorant ceux que vous avez vraiment. En effet la plupart de ces charlatans sont seulement des informaticiens et en aucun cas des juristes. Leur caractéristique commune est essentiellement qu’ils sont incapables de comprendre la loi. Soyez donc prudents avant de vous lancer dans un chantier périlleux tout autant qu’onéreux!

Votre organisation est-elle concernée par le RGPD (GDPR)?

Le deuxième mythe qu’il nous faut lever c’est celui qui consiste à penser que toutes les organisations sont concernées. C’est archi-faux. Seules les organisations qui manipulent des données personnelles sont concernées. Les données d’entreprise ne sont pas concernées par la réglementation. Il y a aussi une notion de taille de l’entreprise et de cible qui entre en jeu.

Les sanctions prévues seront-elles vraiment appliquées?

amende-GDPR
Crédit : Gilles Paire – Fotolia.com

Le troisième piège consiste à se dire que, compte tenu de l’ampleur de la tâche qui attend les autorités de contrôle nationales (en France c’est la CNIL) et de leur manque de moyens, rien ne se passera vraiment. C’est négliger un élément important. Il s’agit d’une loi européenne. Donc, en cas de non application dans un pays, des sanctions tomberont directement sur le pays. Les autorités de contrôle, indépendantes des gouvernements nationaux, vont simplement devoir prioriser leurs actions. Elles vont aussi devoir prioriser les organisation qui représentent le plus de risques pour les citoyens.

Il peut s’agir d’entreprises d’ores et déjà ciblées et qui vont devoir se mettre en conformité (Mise en demeure de DIRECT ENERGIE). C’est aussi le cas d’Entreprises pour lesquelles les organismes de contrôle reçoivent des plaintes de personnes physiques. Il peut s’agir d’organisations dont la protection des données personnelles a été testée par une publication et pour laquelle les non-conformités ont été rendues publiques (condamnation récente de DARTY). Enfin, il peut s’agir d’organismes publics qui n’auront pas désigné un responsable de la protection des renseignements personnels (DPO).  Ce serait le cas, par exemple, d’une municipalité de quelques milliers d’habitants n’ayant pas nommé de DPO.

Le RGPD (GDPR) s’applique-t-il à mon Entreprise ?

Notion de donnée personnelle et de traitement

Le texte de la loi

La loi fournit quelques définitions aux articles 2 et 4 permettant de mieux comprendre le périmètre du RGPD (GDPR). Vous pouvez consulter le texte intégral de la réglementation en ligne sur le site de la CNIL.


Article 4. Définitions

  1. «données à caractère personnel», toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable (ci-après dénommée «personne concernée»). Est réputée être une «personne physique identifiable» une personne physique qui peut être identifiée, directement ou indirectement, notamment par référence à un identifiant, tel qu’un nom, un numéro d’identification, des données de localisation, un identifiant en ligne, ou à un ou plusieurs éléments spécifiques propres à son identité physique, physiologique, génétique, psychique, économique, culturelle ou sociale;
  2. «traitement», toute opération ou tout ensemble d’opérations effectuées ou non à l’aide de procédés automatisés et appliquées à des données ou des ensembles de données à caractère personnel, telles que la collecte, l’enregistrement, l’organisation, la structuration, la conservation, l’adaptation ou la modification, l’extraction, la consultation, l’utilisation, la communication par transmission, la diffusion ou toute autre forme de mise à disposition, le rapprochement ou l’interconnexion, la limitation, l’effacement ou la destruction.

Que faut-il comprendre?

D’après l’article 4, est considérée comme donnée personnelle toute donnée relative à une personne physique identifiée ou identifiable. Le traitement, pour sa part, démarre au moment de la collecte et se termine après la destruction des informations. Le traitement peut donc consister en une action réalisée par le responsable du traitement. Par exemple il peut consister en la collecte, l’enregistrement, l’organisation, l’extraction de données personnelles. Il peut être « passif » comme la mise à disposition, conservation ou diffusion (via un site web ou un réseau social). Le périmètre apparaît donc extrêmement vaste.

Champ d’application matériel du RGPD (GDPR)

Le texte de la loi

L’article 2 précise de façon plus limitée le champ d’application matériel de la loi.


Article 2. Champ d’application matériel

  1. Le présent règlement s’applique au traitement de données à caractère personnel, automatisé en tout ou en partie, ainsi qu’au traitement non automatisé de données à caractère personnel contenues ou appelées à figurer dans un fichier.
  2. Le présent règlement ne s’applique pas au traitement de données à caractère personnel effectué :
      • a) dans le cadre d’une activité qui ne relève pas du champ d’application du droit de l’Union;
      • b) par les États membres dans le cadre d’activités qui relèvent du champ d’application du chapitre 2 du titre V du traité sur l’Union européenne;
      • c) par une personne physique dans le cadre d’une activité strictement personnelle ou domestique;
      • d) par les autorités compétentes à des fins de prévention et de détection des infractions pénales, d’enquêtes et de poursuites en la matière ou d’exécution de sanctions pénales, y compris la protection contre des menaces pour la sécurité publique et la prévention de telles menaces.

Comment l’interpréter?

La loi est donc extrêmement claire quant à son champ d’application. Elle s’applique à tout traitement par une organisation publique ou privée de données personnelles par un moyen informatisé ou non. Seules les données personnelles sont concernées. Les données d’entreprise (sur des processus, des procédures, des produits, etc.) ne sont pas concernées par le RGPD (GDPR). Les personnes physiques qui gèrent leusr contacts téléphoniques sur leur téléphone portable sont également exclues de la réglementation. En d’autres termes, si vous êtes une collectivité, une entreprise, une association à but non lucratif, et si vous recueillez et gérez des noms, prénoms, adresses email, photos, des numéros de sécurité sociale ou des adresses IP, alors le règlement s’applique et vous êtes dans l’obligation de mettre votre traitement en conformité.

Quelles sont les obligations principales du RGPD (GDPR)?

Pour vous mettre en conformité avant le 25 Mai 2018, nous pouvons déjà vous donner 10 recommandations clés à mettre en oeuvre immédiatement. Ce ne sera bien sûr pas suffisant pour être conforme mais cela démontrera au moins que vous avez initié la démarche.

RGPD/GDPR : Les obligations
Crédits : Vasily Merkushev – Fotolia.com

1. Identifiez les données à caractère personnel que vous traitez

Il peut s’agir de données relatives à vos clients, à des prospects, à des membres (dans le cas d’une association), à vos employés , etc. Et identifiez les traitements que vous mettez en oeuvre pour chacune d’entre elles. Les traitements peuvent être manuels (par exemple basées sur des formulaires papier) ou informatisés. Documentez tous ces éléments avec les types de traitements réalisés pour chaque type de données.

2. Etablissez un registre des traitements

La loi exige que vous teniez un registre détaillé de tous les traitements réalisées sur les données personnelles indépendamment du fait que le traitement soit manuel ou informatisé, réalisé en interne ou sous-traité. Ce registre des traitements, obligatoire, vous permettra de démontrer que tous les traitements réalisés sont conformes au RGPD(GDPR).

3. Obtenez le consentement explicite des personnes concernées avant tout traitement

Tout traitement de données personnelles doit être précédé de l’obtention du consentement explicite des personnes concernées. N’oubliez pas que la collecte constitue un traitement. Cela signifie qu’avant de débuter la collecte d’informations personnelles, la personne concernée doit avoir exprimé clairement son consentement. Ceci implique qu’il n’est plus possible d’avoir une simple case à cocher, déjà pré-cochée, à la fin d’un formulaire. Il faut d’abord qu’un écran préalable stipule les raisons explicites du traitement et leur durée. Le consentement doit impérativement être « actif » avant de pouvoir commencer la saisie des informations personnelles. A défaut de consentement, le formulaire de collecte ne doit même pas être présenté à la personne concernée. Tous les consentements doivent être conservés et présentés à l’autorité de contrôle sur simple demande.

4. Conservez une base légale à fournir sur demande à l’autorité de contrôle

On parle beaucoup de la nécessité d’obtenir le consentement des personnes. La réalité juridique c’est que le consentement n’est qu’une des 6 bases légales prévues au règlement (Article 6).

Le consentement n’est donc pas systématiquement nécessaire pour procéder au traitement de données à caractère personnel. Il existe des exceptions clairement définies au RGPD (GDPR) telles que lorsque la loi l’impose comme dans le cas des informations liées au droit du travail, de la médecine du travail ou du code des impôts par exemple. Mais en tout état de cause vous devez être en mesure de fournir tous les éléments au travers d’une base légale. Celle-ci doit être systématiquement tracée et vérifiée pour chaque traitement.

5. Evitez de traiter des données sensibles

Une autre obligation importante tient à l’interdiction de traitement des données sensibles, sauf exception explicitement prévue par la loi (Article 9). La première étape consiste déjà à déterminer si vous traitez des données sensibles. Au sens du RGPD (GDPR), on entend par données sensibles, des données qui peuvent avoir un impact sur les doits et libertés fondamentales des individus. Ainsi par exemple, l’origine ethnique ou raciale est une donnée sensible alors que les données financières ne le sont pas. Donc, en cas de doute, évitez de traiter des données sensibles sauf nécessité absolue et si vous êtes dans un des cas explicitement prévu par le RGPD (GDPR).

6. Pour chaque nouveau traitement important ou chaque nouveau projet réalisez une DPIA

L’analyse d’impact (DPIA) est un outil important pour la responsabilisation des organisations : elle les aide non seulement à construire des traitements de données respectueux de la vie privée, mais aussi à démontrer leur conformité au RGPD (GDPR). Elle est obligatoire pour les traitements susceptibles d’engendrer des risques élevés.

Ainsi, généralement, les traitements qui remplissent au moins deux des critères suivants doivent faire l’objet d‘une analyse d’impact :

  • évaluation/scoring (y compris le profilage) ;
  • décision automatique avec effet légal ou similaire ;
  • surveillance systématique ;
  • collecte de données sensibles ;
  • collecte de données personnelles à large échelle ;
  • croisement de données ;
  • personnes vulnérables (patients, personnes âgées, enfants, etc.) ;
  • usage innovant (utilisation d’une nouvelle technologie) ;
  • exclusion du bénéfice d’un droit/contrat.

Exemple : une entreprise met en place un contrôle de l’activité de ses salariés, ce traitement remplit le critère de la surveillance systématique et celui des données concernant des personnes vulnérables donc la réalisation d’un DPIA sera nécessaire.

7. Organisez vos processus internes en intégrant le RGPD dans chacun d’entre eux

Réorganiser vos processus interne en intégrant les obligations du RGPD implique notamment :

  • de prendre en compte de la protection des données personnelles dès la conception d’une application ou d’un traitement (minimisation de la collecte de données au regard de la finalité, cookies, durée de conservation, mentions d’information, recueil du consentement, sécurité et confidentialité des données, s’assurer du rôle et de la responsabilité des acteurs impliqués dans la mise en œuvre de traitements de données). Pour cela, appuyez-vous sur les conseils du délégué à la protection des données (DPO) ;
  • de sensibiliser et d’organiser la remontée d’information en construisant notamment un plan de formation et de communication auprès de vos collaborateurs ;
  • de traiter les réclamations et les demandes des personnes concernées quand à l’exercice de leurs droits (droits d’accès, de rectification, d’opposition, droit à la portabilité, retrait du consentement) en définissant les acteurs et les modalités (l’exercice des droits doit pouvoir se faire par voie électronique, si les données ont été collectées par ce moyen) ;
  • d’anticiper les violations de données en prévoyant la notification à l’autorité de protection des données dans les 72 heures et, dans certains cas, aux personnes concernées dans les meilleurs délais.

8. Revoyez tous les contrats avec vos sous-traitants et intégrez-y des clauses conformes au RGPD

Le Règlement prévoit que le responsable du traitement est responsable (« accountable ») des traitements. Les traitements qui sont confiés à des sous-traitants sont, bien entendu, inclus. Le RGPD prévoit donc un certain nombre de stipulations impératives devant figurer dans tout contrat de sous-traitance.

RGPD/GDPR : Les contrats de sous-traitance
Crédits : © Viorel Sima – Fotolia.com

Entre autres, parmi les clauses obligatoires :

  • le rappel du rôle du sous-traitant dans la mesure où il « ne traite les données à caractère personnel que sur instruction documentée du responsable du traitement ». Le contrat de sous-traitance doit donc prévoir les modalités pratiques de réception de ces instructions de la part du responsable du traitement. Le sous-traitant devra, pour sa part, conserver les preuves des instructions du responsable du traitement ;
  • le respect de la confidentialité ;
  • le respect des mesures de sécurité imposées par l’article 32 du Règlement ;
  • les modalités de traitement des demandes d’exercices des droits des personnes concernées par le traitement de leurs données personnelles (Chapitre III du Règlement). Il s’agit notamment du droit d’accès, de rectification ou de limitation du traitement. Le Règlement ne met à la charge du sous-traitant qu’une obligation « d’aide » du responsable du traitement ;
  • le sort des données personnelles, en fin de contrat, au choix du responsable du traitement (restitution ou effacement) ;
  • la mise à la disposition du responsable du traitement de toutes les informations nécessaires lui permettant de démontrer le respect du Règlement avec la possibilité de réaliser d’éventuels audits ou inspections.

9. Formez la totalité de votre personnel en commençant par la Haute Direction jusqu’aux opérationnels

La mise en conformité au RGPD concerne l’ensemble des acteurs de l’Entreprise. La responsabilité échoit au Comité de Direction qui est responsable de la mise en oeuvre organisationnelle. Cela se traduira par la mise en oeuvre d’un système de management complet ainsi que son suivi régulier. Les exigences du RGPD sont transversales. Elles concernent absolument tous les métiers de l’Entreprise ainsi que tous les niveaux de management. Les opérationnels sont également concernés car ils auront la charge de la réalisation opérations quotidiennes. C’est donc l’ensemble du personnel qui doit être formé sur le contenu et les exigences du RGPD (GDPR).

Quelles directions sont concernées?

Est concernée au premier chef la Direction des Ressources Humaines qui gère les renseignements personnels relatifs aux salariés. La Direction des Achats est fortement impliquée également pour la mise en conformité des contrats de sous-traitance. La Direction juridique et de la Conformité sera la responsable idéale pour la mise en oeuvre et le suivi de la conformité. La DSI est également concernée, notamment dans le cadre de l’implémentation de la protection dès la conception et de la protection par défaut. Il s’agit là d’une exigence pour tous les systèmes informatiques utilisés pour le traitement de données personnelles. La Direction Marketing sera sans aucun doute également impactée pour déterminer les données personnelles à collecter. En cela, elle devra respecter le principe de minimisation des données. Bien sûr, toutes les équipes impliquées dans les projets et les opérations. Elles seront en charge d’intégrer les principes clés du RGPD dans leurs activités.

Quelles sont les formations disponibles?

Il est donc indispensable de former l’ensemble de ces acteurs sur les contenu de la réglementation. Il convient aussi de les former sur leurs propres responsabilités dans le respect du RGPD au sein de l’entreprise. A ce jour, plusieurs formations certifiantes existent. 2AB & Associates est d’ores et déjà en mesure de vous proposer des sessions de formation accréditées par EXIN et répondant aux besoins de l’ensemble de ces personnels :

  • Session de présentation exécutive (2  heures à 1/ journée) destinée aux membres du Comité de Direction
  • Sensibilisation au RGPD (1 journée) pour les managers en ayant un rôle dans la mise en conformité de l’Organisation
  • RGPD Foundation (2 jours) : formation certifiante destinée aux membres des équipes projets
  • RGPD Practitioner (3 jours) : formation pratique certifiante, basée sur des études de cas, destinée aux membres de l’équipe projet en charge de la mise en conformité et aux praticiens qui ont un rôle dans le suivi de la conformité au RGPD
  • Certification DPO ou Data Protection Officer (8 jours) : formation certifiante destinée spécifiquement aux DPO. Elle est composée des modules RGPD Foundation, RGPD Practitioner et ISO 27001 Foundation
  • Prochainement, nous vous proposerons une formation en e-Learning de sensibilisation pour l’ensemble des autres employés.

Toutes ce formations sont proposées en Français et en Anglais, selon le choix des Entreprises. Elles peuvent se dérouler dans le cadre de sessions internes à l’Organisation ou dans le cadre de nos sessions publiques.

10. Enfin, en cas d’obligation, nommez un DPO et communiquez ses coordonnées à l’autorité de contrôle

L’article 37 du règlement stipule que les organismes chargés de traiter des données désignent « en tout état de cause » un délégué à la protection des données (DPO) lorsque l’une des conditions suivantes est réalisée :

  • Le traitement est effectué par une autorité publique ou un organisme public, à l’exception des juridictions agissant dans l’exercice de leurs fonctions juridictionnelles ;
  • Les activités de base du responsable du traitement ou du sous-traitant consistent en des opérations de traitement qui, du fait de leur nature, de leur portée et/ ou de leurs finalités, exigent un suivi régulier et systématique des personnes concernées
  • Les activités de base du responsable du traitement ou du sous-traitant consistent en un traitement à grande échelle de catégories particulières de données à caractère personnel relatives à des condamnations pénales.

En résumé, les sociétés concernées sont donc celles qui sont amenées à traiter des données personnelles. Il n’y a pas de seuil plancher de taille. Une TPE remplissant les critères énumérés ci-dessus sera donc contrainte de nommer un DPO (data protection officer). En cas de non respect de cette exigence, les sanctions entrent en vigueur à partir du 25 mai 2018.

Vous avez des questions ou des remarques? N’hésitez pas à nous laisser un commentaire et nos experts vous répondront.

RGPD: Plus que 6 mois

A seulement 6 mois de la date d’application définitive du RGPD (en anglais GDPR: EU Generic Data Protection Regulation) nous vous proposons de faire un état des lieux au travers d’une infographie publiée par ComputerWeekly et TechTarget.

RGPD-Etat des lieux

La date est fixée : 25 Mai 2018

La date d’obligation de mise en oeuvre totale des exigences de la réglementation européenne sur la protection des renseignements personnels ne changera pas. Elle est fixée au 25 Mai 2018 pour toutes les organisations concernées. Et il est maintenant clair que le BREXIT ne permettra pas de report de cette date butoir. Il faut dire que cette réglementation est entrée en vigueur en mai 2016. Un délai de grâce de deux ans a été accordé aux organisations pour se mettre en conformité. Hélas, comme pour les autres projets de mise en conformité, les Entreprises ont attendu le dernier moment! Aujourd’hui le compte à rebours s’égraine inexorablement et il reste beaucoup de choses à faire.

Quelques exigences clés du RGPD à satisfaire

Recrutement d’un Délégué à la Protection des Données (DPO)

Le RGPD impose que les autorités publiques et certaines entreprises traitant des données personnelles doivent recruter un Délégué à la Protection des Données (DPO – Data Protection Officer) dans le cadre de leur mise en conformité. A ce jour, cela représente près de 28.000 DPOs à recruter dans les deux prochaines années en Europe. Le nombre de DPOs à recruter dans les deux ans est d’environ 75.000 au niveau mondial. Or aujourd’hui ce type de profil n’existe quasiment pas sur le marché. Le DPO n’est en aucun cas un informaticien comme le croient beaucoup de gens. C’est d’abord un juriste qui doit avoir quelques connaissances informatiques en plus de ses connaissances en droit.

Art. 37 : Le Délégué à la Protection des Données est désigné sur la base de ses qualités professionnelles et en particulier de ses connaissances spécialisées du droit et des pratiques en matière de protection des données et de sa capacité à accomplir les missions visées à l’article 39…

En vue de répondre aux besoins du marché dans les prochains mois, certains organismes de certification ont d’ores et déjà mis en place des cursus de formation et de certification de DPO. C’est le cas d’EXIN dont AB Consulting est partenaire. Nous proposons donc dès maintenant les formations Protection des données et des renseignements personnels PDP Foundation et PDP Practitioner d’EXIN qui aboutissent à la certification « Data Protection Officer Certified« .

Evaluations régulières d’impact sur la protection des données personnelles (DPIA)

Une évaluation régulière d’impact sur la protection des données personnelles (DPIA) est maintenant imposée. Cette évaluation d’impact entre dans le cadre plus général d’une évaluation du risque. Elle doit être incluse dans le système de management mis en oeuvre au niveau de l’organisation.

Obligation de consentement explicite lors de la  collecte des données

Le texte du RGPD stipule l’obligation de recueillir le consentement de la personne concernée par les données personnelles soumises au traitement. Ce consentement doit être recueilli avant toute action sur les données. Il consiste en une manifestation de volonté libre, spécifique (limitée en matière de contenu du traitement, éclairée et univoque de la personne concernée. Ce consentement doit être un acte positif clair. Ceci implique qu’une simple case cochée en bas d’un formulaire ne suffit plus.

Là encore, la procédure de consentement doit être documentée et appliquée dans le cadre d’un système de management mis en place.

Notification des violations

En cas de violation de données à caractère personnel, le responsable du traitement doit en faire la notification à l’autorité de contrôle de son pays dans un délai maximal de 72 heures. Dans le cas où cette obligation ne serait pas respectée, une justification argumentée doit être soumise.

Portabilité des données personnelles

Les personnes concernées par les données personnelles collectées par une Entreprise ont le droit d’obtenir la communication de ces données dans un format structuré couramment utilisé et lisible par machine  et ont le droit de les transmettre à une autre organisation sans que le responsable du traitement y fasse obstacle… (Article 20)

Une politique formalisée sur la protection des données personnelles

Le RGPD impose aux organisations concernées d’avoir des « règles contraignantes d’entreprise » (Article 4). Ces règles contraignantes se présentent sous la forme de « politiques sur la protection des données personnelles ». Dans la pratique, il convient de mettre en place un système de management. Celui-ci doit inclure les politiques, les processus et les procédures auxquelles doivent adhérer le responsable du traitement ainsi que son ou ses sous-traitants établis tant à l’intérieur de la communauté Européenne que dans un pays tiers. Bien entendu, l’ensemble des règles précédemment énoncées doivent être formalisées dans ce système de management.

6 étapes vers la conformité avec le RGPD

En vue de réussir à vous mettre en conformité avec le RGPD avant la date d’entrée en vigueur des sanctions fixée au 25 Mai 2018, il convient de lancer un projet d’entreprise. Celui-ci peut se décomposer en 6 étapes :

  1. Nommer un responsable général du projet (peut être interne ou externe à l’Entreprise),
  2. Elaborer une cartographie des données de votre organisation afin d’identifier les données personnelles,
  3. Evaluer les risques potentiels et prioriser les actions à entreprendre (périmètre, délai, coûts, ressources),
  4. Conduire une évaluation d’impact et planifier les plans de réponse aux risques identifiés,
  5. Documenter et mettre en place le système de management de données personnelles prévu par le règlement,
  6. Assembler la documentation afin de prouver votre conformité au RGPD/GDPR.

AB Consulting et 2AB & Associates comptent plusieurs experts du domaine susceptibles de vous accompagner pendant cette phase de mise en oeuvre.

Quels sont les risques en cas de non conformité au RGPD?

En cas de non conformité au RGPD, à compter du 25 Mai 2018, des amendes administratives pourront être appliquées. C’est l’autorité de contrôle compétente qui est en charge de les infliger. Et le montant de cette amende pourra atteindre des montant colossaux! En effet, elle peut s’élever à 4% du chiffre d’affaires mondial annuel avec un minimum de 20 millions d’euros.

Pour en savoir plus

Pouvons aider à y voir plus clair, nous vous proposons un certain nombre de ressources. Régulièrement, des wébinaires gratuits portant sur des points précis du RGPD vous sont proposés. Si vous êtes intéressés par ces wébinaires, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire.

De plus, AB Consulting et 2AB & Associates vous proposent également plusieurs formations :

De plus, régulièrement, vous pouvez nous retourner sur ce blog ou sur les réseaux sociaux.

Vous avez d’autres questions? Vous souhaitez savoir si votre entreprise est concernée? Alors, merci de nous laisser un commentaire et nous vous répondrons en ligne.

Protection des données. C’est votre responsabilité!

A l’heure où internet est partout et où nous communiquons de plus en plus de façon digitale, comment protéger vos données personnelles? La réponse n’est peut-être pas celle que vous attendez. La protection des données personnelles est de la responsabilité de chacun. Il ne faut pas attendre que les entreprises ou les états s’en chargent. Chaque utilisateur d’Internet doit prendre conscience de sa responsabilité à ce niveau. Internet est un univers absolument fantastique permettant au plus grand nombre de rester connectés. Mais Internet n’est rien d’autre que ce que ses utilisateurs en font. Dans le cadre du mois de la cybersécurité 2017, nous vous proposons de nous arrêter un moment sur ce sujet capital.

Protection des données. C'est votre responsabilité!
Crédit : © Africa Studio

La protection des données : votre responsabilité

L’être humain est ainsi fait qu’il attend toujours des autres de le protéger contre tous les dangers. Les éditeurs de logiciels et constructeurs de solutions informatiques l’ont bien compris. Ils se battent à coup d’initiatives technologiques censées protéger les utilisateurs contre le vol de leurs renseignements personnels sur Internet. Les états, soucieux de la protection des données de leurs citoyens, publient des réglementations toujours plus contraignantes dans ce domaine. Bien sûr, cet arsenal technologique et réglementaire est utile pour se protéger. Mais il est très loin d’être suffisant. Le premier niveau de protection est totalement de notre responsabilité. Il consiste à adopter un comportement basé sur le bon sens. Hélas, il semble que le bons sens ne soit pas universellement partagé. Il convient donc de mettre l’accent sur la sensibilisation, l’éducation et la formation des individus. Et ce, dès le plus jeune âge…

Une technologie toujours plus performante

Au cours de ces dernières années, les éditeurs de logiciel et les constructeurs de matériel ont mis l’accent sur la protection des appareils. Cela concerne particulièrement les matériels permettant l’accès à internet comme les ordinateurs et les éléments du réseau. Malheureusement le même effort n’a pas forcément été déployé sur les téléphones portables. Bien sûr on a vu apparaître assez récemment sur ces téléphones mobiles des protections biométriques. Certains terminaux permettent aujourd’hui le cryptage des données qu’ils hébergent. Mais combien d’utilisateurs utilisent ces  systèmes de sécurisation? De plus, ces protections bien qu’assez performantes sont encore très insuffisantes pour résister à des hackers professionnels.

Pour rester performante, la technologie doit évoluer en permanence. En effet, la compétence des hackers évolue, elle, chaque jour. Cela signifie donc que les éditeurs doivent produire des mises à jour de sécurité très fréquentes. C’est généralement ce qu’ils font. La responsabilité d’installer ces mises à jours revient naturellement aux utilisateurs eux-mêmes. Or, souvent ils ne le font pas. Cela prend du temps et consomme du volume de données sur internet. Dans beaucoup de pays, notamment dans les pays africains, la facturation internet s’effectue au volume. Donc, une mise à jour de sécurité assez lourde se traduira par un coût important pour l’abonné. Par conséquent, la plupart du temps les mises à jour de sécurité ne sont pas installées, laissant des larges failles ouvertes à la disposition des pirates.

Des lois de plus en plus contraignantes

Pour protéger leurs citoyens, les états prennent des dispositions de plus en plus contraignantes en matière de protection des renseignements personnels. Ainsi, en Europe, la nouvelle réglementation connue sous le nom de GDPR (Generic Data Protection Regulation), qui entrera en vigueur le 25 mai 2018, impose aux entreprises qui utilisent et traitent des données personnelles de citoyens Européens des exigences très restrictives. Toute violation de cette réglementation sera punie d’une amende allant jusqu’à 4% du chiffre d’affaires mondial annuel de l’Entreprise fautive, avec un minimum de 20 millions d’Euros.

Parmi les contraintes imposées, figure l’obligation de recueillir le consentement explicite des personnes pour utiliser leurs données personnelles à des fins marketing ou commerciales.

Une autre disposition contraignante, ayant des impacts très importants, est la responsabilité du donneur d’ordre sur toute la chaîne de sous-traitance utilisée pour le traitement des renseignements personnels. Ceci signifie que dans le cas où des informations personnelles (nom, prénom, adresse mail ou numéro de téléphone par exemple) seraient volées à un sous-traitant de la Société qui a recueilli ces données, quel que soit l’endroit où ce vol surviendrait (sur un autre continent par exemple), la Société d’origine serait considérée comme totalement responsable du délit et passible de l’amende.

Une méconnaissance des risques

Depuis quelques années on constate une utilisation croissante des téléphones portables pour l’accès à internet. Ceux-ci sont de plus en plus performants et offrent souvent des fonctionnalités et une puissance équivalentes aux ordinateurs. Leur portabilité en fait le terminal privilégié des internautes. Pour autant ils sont beaucoup plus vulnérables que les ordinateurs. Très peu d’entre eux sont équipés d’anti-virus. Les mises à jour de sécurité sont réalisées de façon très aléatoires. Ils sont plus sujets à la perte et au vol que les ordinateurs portables.

Les téléphones mobiles constituent aujourd’hui un maillon faible en matière de protection des renseignements personnels. Chacun enregistre sur son téléphone une grande quantité de données personnelles. Il s’agit bien sûr des numéros de téléphones de ses contacts, mais aussi d’autres informations comme leur nom et leur adresse mail ou même leur adresse physique. Souvent on y retrouvera aussi leur date de naissance, pour penser à fêter leur anniversaire. Ces téléphones portables sont aussi largement utilisés, en Afrique notamment, pour le paiement par mobile ou le transfert d’argent.

Le paiement par mobile

Devant la faiblesse des banques, les opérateurs téléphoniques du continent Africain ont développé des services de paiement et de transfert d’argent extrêmement prisés. Ainsi, au Kenya, M-Pesa, le service de paiement mobile de l’opérateur Safaricom possédait plus de 29,5 millions d’abonnés fin 2016. Sur l’année 2016 plus de 6 milliards de transactions ont été réalisée par M-Pesa, pour un montant global de plus de 30 milliards de dollars US, soit près de 45% du PIB du Kenya tout entier.

Les montants annuels transitant par ces services mobiles sont devenus phénoménaux. De plus leur croissance est évolution constante. Le succès de ces offres repose sur l’ouverture de ce type de services au plus grand nombre. Par contre ni les utilisateurs, ni les vendeurs de ces services ne sont formés sur la sécurité. Le risque lié au paiement mobile en Afrique est donc, en peu de temps, devenu un risque majeur. Ce risque concerne bien sûr l’économie entière des pays concernés, mais aussi chacun des utilisateurs individuellement. Les services de paiement mobile constituent en effet une cible plutôt facile pour des pirates qui y voient une incitation financière importante.

Un comportement immature des utilisateurs

Pour la plupart des utilisateurs, la protection des données ne constitue pas une préoccupation majeure. La plupart d’entre eux considère n’avoir rien à cacher. Ils n’hésiteront pas bien longtemps devant un formulaire leur demandant des informations personnelles. Et surtout s’il y a une incitation à les fournir!

Hier encore je suis tombé sur la page Facebook d’une personne qui publiait publiquement, photos à l’appui, sur ses vacances, pendant 4 semaines à l’étranger. Sur son profil, toujours public, apparaissent diverses informations suffisamment détaillées permettant de l’identifier de façon précise avec la localisation de son domicile. Il s’agit là d’informations personnelles extrêmement faciles à exploiter par n’importe quel cambrioleur qui sait désormais que cette maison est inoccupée et que les propriétaires ne reviendront pas avant une certaine date. De plus, sur la base des informations communiquées sur son profil et des photos partagées prises à l’intérieur de cette maison, il est évident que le butin risque d’être très intéressant. Cette personne s’est elle-même exposée au risque de se faire cambrioler. Elle a donné en ligne, de son plein gré, tous les informations personnelles pouvant inciter au délit. Si, ce qu’évidement nous ne lui souhaitons pas, le cambriolage se produit, l’assurance de ladite personne ne couvrira pas les dommages car la compagnie d’assurance estimera, de façon tout à fait justifiée, que c’est la personne elle-même qui a « provoqué » le cambriolage.

C’est un exemple tout à fait courant, malheureusement, de ce que nous nommerons un comportement immature d’un utilisateur d’internet.

Comment en savoir plus?

Pour en savoir plus sur la protection des données personnelles, nous vous invitons à visionner l’enregistrement video de notre wébinaire du 11 Octobre dernier. La présentation était animée par David Henrard, expert international du domaine et actuel président du Chapitre ISACA de Québec. Vous pourrez ainsi avoir une vision complète de l’état des lieux en la matière à travers les différentes régions du monde.

Nous répondrons également avec plaisir à vos remarques, commentaires et questions sur cet article.

 

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