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Avec COBIT 2019, atteignez vos objectifs de gouvernance

Cela fait maintenant un peu plus de deux mois que l’ISACA a publié les premiers volumes de COBIT 2019. COBIT constitue depuis de nombreuses années le cadre de référence pour la gouvernance de l’information des entreprises. Cette nouvelle version, attendue depuis longtemps (COBIT 5 avait été publié en 2012) est donc un évènement important. Du moins, pour les responsables de la gouvernance des Entreprises, constitue-t-elle un élément majeur. Après seulement deux mois d’utilisation, je peux affirmer sans hésiter que cette dernière version est l’un des meilleurs cadres à ce jour pour la gouvernance et la gestion des TI dans l’entreprise. Dans cet article, je vais vous en montrer quelques éléments clés. Ceux-ci vous aideront sans aucun doute à atteindre les objectifs fixés par la gouvernance de votre organisation.

COBIT 2019 - Atteignez vos objectifs de gouvernance et de management
Crédit © rawpixel.com 2018

Cette version se base sur quatre publications clés, toutes disponibles à ce jour:

  • Framework: Introduction and Methodology, qui décrit la structure du cadre global,
  • Framework: Governance and Management Objectives, qui décrit en détail le modèle de base et ses 40 objectifs de gouvernance et de management,
  • COBIT 2019 Design Guide, qui explique comment utiliser COBIT de manière pratique,
  • COBIT 2019 Implementation Guide, qui est une version actualisée et plus pertinente du Guide de mise en œuvre de COBIT 5.

L’approche COBIT 2019

L’une des choses que j’aime beaucoup dans l’approche de l’ISACA est sa stratégie commerciale. Les deux premières publications sont entièrement GRATUITES, et vous pouvez les télécharger sur le site de l’ISACA. Les deux suivantes sont gratuites pour les membres uniquement.

Vous êtes nombreux à savoir que je suis un grand fan des référentiels de bonnes pratiques. Au fil des années, ils ont été développés et promus pour aider les entreprises à comprendre, concevoir et adopter une gouvernance informatique. COBIT 2019 constitue le cadre de gestion et de gouvernance de l’information et de la technologie (I & T) le plus complet. COBIT continue, au fil des ans, de s’affirmer comme un cadre généralement accepté pour la gouvernance I & T. Mais cette nouvelle version couvre l’ensemble de l’entreprise, c’est-à-dire toute la technologie et le traitement de l’information qu’une entreprise utilise pour atteindre ses objectifs. Il est cependant important de noter que COBIT n’est pas un cadre organisant des processus métier, ni un cadre pour régir et gérer toutes les technologies spécifiques. Il se concentre sur les composants d’I & T nécessaires pour diriger et gérer les informations qu’une entreprise reçoit, traite, stocke et diffuse.

Qu’y a-t-il de vraiment nouveau dans COBIT 2019?

Il y a de nombreuses différences majeures entre COBIT 2019 et son prédécesseur, COBIT 5, parmi lesquelles :

  • Les 5 principes ont été modifiés.
  • De nouvelles zones d’intérêt existent désormais (DevOps, sécurité, …)
  • La création de nouveaux facteurs de conception,
  • La cascade d’objectifs est mise à jour,
  • Les processus ont été améliorés (il y en a maintenant 40 au lieu de 37),
  • La gestion de la performance a été actualisée.
  • L’expression «composants de la gouvernance» remplace les facilitateurs (« enablers ») de COBIT 5.
  • Et ce que je préfère, ce sont les nouveaux objectifs détaillés en matière de gouvernance et de gestion.

Il y a tellement d’améliorations qu’il est difficile de toutes les saisir dans un seul article. Je vais donc me concentrer sur l’interrelation entre les nouveaux composants et les objectifs de gouvernance et de gestion. Mais vous vous demandez peut-être comment les processus s’intègrent à tout cela? Je vais donc y revenir plus en détail.

Focalisons-nous sur les composants de gouvernance

Après notre récent article 10 trucs pour bien démarrer avec COBIT 2019, nous allons nous concentrer sur le coeur du référentiel. Ils s’agit des composants de la gouvernance. Pour atteindre leurs objectifs de gouvernance et de gestion, les entreprises doivent mettre en place un système de gouvernance reposant sur un certain nombre de composants.


«Les composants sont des facteurs qui, individuellement et collectivement, contribuent au bon fonctionnement du système de gouvernance de l’entreprise sur l’I & T.» (COBIT 2019 Framework, Introduction and Methodology – ISACA).


Ces composants comprennent:

  • Les processus
  • Structures organisationnelles
  • Information
  • Aptitudes et compétences
  • Culture et comportement
  • Les politiques et les procédures
  • Services, infrastructure et applications.

Vous les avez peut-être reconnus en tant que facilitateurs (« enablers ») dans COBIT 5. Personnellement, j’aimais énormément ce concept de facilitateurs dans COBIT 5. Cependant, il était très difficile de les mettre en oeuvre dans une entreprise. Ces composants constituent désormais un élément clé du référentiel COBIT 2019 basé sur leur lien avec les objectifs de gouvernance et de management.

Les objectifs de gouvernance et de management

L’un des éléments clés de la valeur ajoutée de l’I & T est de contribuer à la réalisation des objectifs de l’entreprise. Les objectifs IT qui étaient toujours mal compris. Ils sont remplacés par les objectifs d’alignement entre les métiers et les TI, l’objectif final étant la création de valeur.

COBIT 2019 : la nouvelle cascade d'objectifs de gouvernance
Source: De Haes, Steven; W. Van Grembergen; Enterprise Governance of Information Technology: Achieving Alignment and Value,Featuring COBIT 5, 2nd ed., © Springer International Publishing, Switzerland, 2015

Les objectifs de gouvernance et management des TI sont organisés dans les 5 mêmes domaines que ceux que nous avions auparavant dans COBIT 5 :

COBIT 2019 : domaines des objectifs de gouvernance et de management

Chaque domaine contient un ensemble d’objectifs de gouvernance et de management. Un objectif de gouvernance ou de management se rapporte toujours à un processus et aux autres composants nécessaires pour atteindre cet objectif. On retrouve les objectifs de gouvernance associés domaine EDM. Les objectifs de gestion sont pour leur part associés aux domaines APO, BAI, DSS et MEA.

Comme indiqué ci-dessous, il existe 40 objectifs de gouvernance et de gestion.

COBIT 2019 : 40 objectifs de gouvernance et de management
COBIT Core Model, COBIT 2019 Framework, Introduction and Methodology: 2018 © Information Systems Audit and Control Association, Inc. (ISACA)

Connu sous le nom de modèle de référence de processus ou PRM (Process Reference Model) dans COBIT 5, COBIT 2019 l’identifie comme étant le modèle central (Core Model) de COBIT. Dans ce modèle, chacun des 40 objectifs de gouvernance et de management est lié à un processus, qui est l’un de nos composants de gouvernance. Nous allons voir maintenant comment tout cela s’organise.

Utilisation d’objectifs de gouvernance et de management avec les composants

Chacun des 40 objectifs de gouvernance et de gestion est atteint grâce à l’exécution d’un processus du modèle central. Il est donc normal que le modèle central compte désormais 40 processus. Et c’est là que le modèle révèle toute sa puissance. Vous vous souvenez qu’un peu plus tôt dans cet article que j’ai mentionné que les facilitateurs (« enablers ») de COBIT 5 étaient difficiles à associer au modèle COBIT? Eh bien, maintenant, chacun de ces composants (« enablers ») constitue un des ingrédients nécessaires à la réalisation de l’objectif.

COBIT 2019 Framework: Governance and Management Objectives, chacun des objectifs de gouvernance et de management, ou processus, est clairement décrit à l’aide des composants de gouvernance, comme illustré ci-dessous.

COBIT 2019 : architecture des composants du modèle de gouvernance et de management

Maintenant que j’ai expliqué l’architecture générale du modèle, nous allons rentrer dans le détail d’un objectif. Nous prendrons l’exemple de APO13 – Managed security. Ainsi nous comprendrons mieux comment se structure chacun des 40 objectifs de gouvernance et de management.

Informations de haut niveau

Une fiche basée sur une structure standard décrit en détail chaque objectif. Les premières informations décrite en haut de la fiche comprennent la zone d’intérêt, le nom de domaine, le nom de l’objectif de gouvernance ou de management, sa description et la déclaration de l’objet de cet objectif.

COBIT 2019 - Objectif de gouvernance APO13 - Part 1
APO13 – COBIT 2019 Framework, Governance and Management Objectives: 2018 © Information Systems Audit and Control Association, Inc. (ISACA)

La cascade d’objectifs

La cascade d’objectifs relative à cet objectif spécifique est ensuite décrite. Elle inclut les objectifs d’alignement applicables (anciennement objectifs informatiques), les objectifs d’entreprise et des exemples de métriques.

COBIT 2019 - Objectif de management - Part 2
APO13 – COBIT 2019 Framework, Governance and Management Objectives: 2018 © Information Systems Audit and Control Association, Inc. (ISACA)

Les composants associés

Rappelez-vous, ils sont au nombre de sept. Ce sont les « enablers » de COBIT 5.

1. Processus

Le processus est un composant clé. En effet, c’est grâce au processus que chaque objectif de gouvernance ou de de management est atteint. Dans le composant «Processus», peu de choses ont changé. Nous voyons toujours un ensemble de pratiques de management, d’exemples de métriques et d’activités, ainsi que des conseils connexes. L’un des principaux ajouts à COBIT 2019 est que chaque activité correspond désormais à un niveau d’aptitude.

COBIT 2019 - Objectif de management APO13 - Part 3
APO13 – COBIT 2019 Framework, Governance and Management Objectives: 2018 © Information Systems Audit and Control Association, Inc. (ISACA)

Des référentiels de bonnes pratiques connexes apparaissent désormais pour CHACUN des composants de gouvernance. Dans le cas des processus, vous les retrouverez pour chacune des pratiques.

COBIT 2019 - Objectif de management - Part 4
APO13 – COBIT 2019 Framework, Governance and Management Objectives: 2018 © Information Systems Audit and Control Association, Inc. (ISACA)

2. Structures organisationnelles

Les différents niveaux de participation sont divisés en niveaux d’autorité (Accountability) et de responsabilité (Responsibility). Les entreprises doivent examiner les niveaux de responsabilité et de responsabilisation, les consulter et les informer, et mettre à jour les rôles et les structures organisationnelles dans le tableau en fonction du contexte, des priorités et de la terminologie de l’entreprise. COBIT 2019 suggère uniquement des rôles d’autorité et de responsabilité. COBIT 5 incluait des rôles de consulté et d’informé. Or, étant donné que les rôles consultés et informés dépendent essentiellement du contexte et des priorités de l’organisation, ils ne figurent plus dans les nouveaux guides de COBIT.

COBIT 2019 - Objectif de management APO13 - Part 5
APO13 – COBIT 2019 Framework, Governance and Management Objectives: 2018 © Information Systems Audit and Control Association, Inc. (ISACA)

3. Eléments et flux d’information

Ce composante de gouvernance fournit des indications sur les flux d’information et les éléments liés aux pratiques du processus. Chaque pratique comprend des entrées et des sorties, avec l’indication de l’origine et de la destination.

COBIT 2019 - Objectif de management APO13 - Part 6.1

COBIT 2019 - Objectif de management APO13 - Part 6.1
APO13 – COBIT 2019 Framework, Governance and Management Objectives: 2018 © Information Systems Audit and Control Association, Inc. (ISACA)

4. Personnes, aptitudes et compétences

Ce composant identifie les ressources humaines et les compétences requises pour atteindre l’objectif correspondant.

COBIT 2019 - Objectif de management APO12 - Part 7
APO13 – COBIT 2019 Framework, Governance and Management Objectives: 2018 © Information Systems Audit and Control Association, Inc. (ISACA)

5. Politiques et procédures

Ce composant identifie les politiques et les procédures nécessaires à l’atteinte de l’objectif concerné.

COBIT 2019 - Objectif de management APO13 - Part 8
APO13 – COBIT 2019 Framework, Governance and Management Objectives: 2018 © Information Systems Audit and Control Association, Inc. (ISACA)

6. Culture, éthique et comportement

Ce composant, essentiel identifie les comportements et les aspects culturels des personnes impliquée dans l’atteinte de l’objectif.

COBIT 2019 - Objectif de management APO13 - Part 9
APO13 – COBIT 2019 Framework, Governance and Management Objectives: 2018 © Information Systems Audit and Control Association, Inc. (ISACA)

7. Services, infrastructure et applications

Ce composant identifie de façon détaillée les services tiers, les types d’infrastructures et les catégories d’applications pouvant être utilisés pour soutenir la réalisation d’un objectif de gouvernance ou de management. Les instructions sont génériques (pour éviter de nommer des éditeurs, des constructeurs ou des produits spécifiques).

COBIT 2019 - Objectif de management APO13 - Part 10
APO13 – COBIT 2019 Framework, Governance and Management Objectives: 2018 © Information Systems Audit and Control Association, Inc. (ISACA)

Informations connexes

COBIT 2019 identifie les normes, les référentiels et les exigences de conformité applicables pour chaque élément de gouvernance. Il fournit également des références détaillées, le cas échéant, au niveau de chacun des composants. Elles diffèrent cependant de celles de COBIT 5, qui s’appliquaient uniquement au niveau du processus.

Conclusion

C’est grâce à la cascade d’objectifs que vous identifierez les objectifs de gouvernance et de management des TI applicables. Il ne vous reste alors qu’à mettre en oeuvre les composants correspondants aux objectifs sélectionnés. Les objectifs de gouvernance et de management avec leurs composants constituent désormais le noyau de COBIT. Je reviendrai ensuite, dans un prochain article, sur les autres grandes nouveautés de cette version.

N’hésitez pas à commenter cet article pour nous donner votre ressenti sur cette nouvelle version de COBIT. Que pensez-vous des évolutions? Avez-vous un retour d’expérience? C’est grâce à vous que nous pouvons faire vivre ce blog.

 

10 trucs pour bien démarrer avec COBIT 2019

Il y a quelques semaines que la nouvelle version du référentiel de Gouvernance et de Management de l’information : COBIT 2019 a été publiée sous la forme des 4 premiers volumes. Nous nous sommes donc posé la question de comment bien démarrer avec COBIT 2019. Voici nos 10 conseils.

COBIT 2019 - 10 trucs pour bien démarrer votre initiative de gouvernance
Crédit © rawpixel.com 2018

Petit rappel historique : de Cobit à COBIT® 2019

Vous avez sûrement déjà entendu parler de COBIT. COBIT existe depuis un moment maintenant. Si tel est le cas, vous vous souviendrez peut-être que COBIT était un cadre dirigé vers des pratiques en matière d’audit. Vous vous souvenez peut-être aussi de l’ancien nom: CobiT. C’était alors un acronyme signifiant littéralement «Objectifs de contrôle pour l’information et les technologies connexes». Son nom traduisait clairement ses racines basées sur l’audit. Tout cela, c’était il y bien longtemps. En tout cas, c’était avant 2012.

Mais maintenant c’est simplement devenu COBIT®, un nom commercial  sans signification spéciale. À l’instar d’ITIL, l’acronyme a été remplacé en 2012 avec la version COBIT® 5 traduisant une ambition beaucoup plus grande. COBIT 5 est devenu LE cadre de gouvernance et de management de l’information des entreprises, incluant la technologie associée. Il s’agit donc depuis 2012 d’un référentiel de gouvernance et de management couvrant toute l’entreprise. Ce n’est plus un cadre d’audit limité au domaine informatique.

Avec COBIT 2019, l’ISACA va encore plus loin en simplifiant COBIT 5 et en y rajoutant des outils de design ainsi que des niveaux de maturité pour chacun des objectifs. Les processus et les « enablers » ont quitté le premier plan du modèle principal, remplacés par les objectifs.

Démarrer avec COBIT

Comme pour beaucoup de choses dans la vie, et pas uniquement dans les TI, il y a rarement une seule approche universelle. Au lieu de cela, vous devez trouver l’équilibre entre ce que vous devez réaliser, vos priorités clés et les limites organisationnelles sur lesquelles vous souhaitez appliquer le changement.

Alors, prenez les 10 conseils suivants dans l’esprit dans lequel ils vous sont proposés. Considérez-les et conservez seulement ceux qui sont pertinents pour votre organisation.

1. Comprenez d’abord à quoi sert COBIT

Cela peut vous paraître étrange de prime abord. Mais je vous rappellerai l’évolution de COBIT que j’ai décrite en introduction. COBIT 2019 est aujourd’hui décrit comme un «cadre de gouvernance et de gestion de l’information et de la technologie (I & T)». On est très loin de sa vocation d’origine. Il est également important de bien comprendre que ce n’est pas un cadre de gestion des services informatiques comme l’est ITIL par exemple. Il s’adresse à toute l’organisation prise dans son ensemble. Ce n’est donc pas quelque chose destiné au DSI. Un programme de mise en oeuvre couvre toute l’entreprise, c’est à dire toutes les directions : métiers, finances, RH, risques, sécurité, etc.

2. Comprenez ce que le mot « gouvernance » signifie pour votre organisation

C’est peut-être le conseil le plus important. Pour tirer le meilleur parti de COBIT 2019, il est primordial de «mettre tout le monde sur la même longueur d’onde» en ce qui concerne la gouvernance (et la gestion bien sûr). Sinon, vous aurez probablement autant de définitions internes de la gouvernance que d’employés. D’ailleurs il n’est pas du tout certain que votre haute direction ait une vision claire à ce sujet. En effet, la notion de gouvernance dans les pays francophones est assez mal comprise. Sans doute est-ce dû à l’histoire et à la culture « monarchique » française. Elle est très éloignée de la gouvernance comprise par les anglophones. Nous y reviendrons dans un prochain article sur la structure de gouvernance et de management des organisations. Alors si besoin, n’hésitez pas à faire suivre aux membres de votre direction une formation d’introduction. 2AB & Associates propose également des présentations destinées aux exécutifs que nous réalisons sur 1h30 à 3h pour l’ensemble de Comité de Direction

3. Reconnaissez que COBIT 2019 n’est pas seulement un ensemble de 40 processus

De nombreuses approches ITSM se concentrent sur les processus d’amélioration. COBIT 2019 inclut aussi 40 processus mais il ne sont que des composantes des 40 objectifs de gouvernance et de management. Les 40 objectifs se répartissent dans 5 domaines:

  • 1 domaine pour la Gouvernance
    • EDM : Evaluer, Diriger et Surveiller
  • 4 domaines pour le management
    • APO : Aligner, Planifier et Organiser
    • BAI : Bâtir, Acquérir et Implémenter
    • DSS : Délivrer, Servir et Supporter
    • MEA : Surveiller, Evaluer et Contrôler.

Chaque objectif repose sur 7 composants (qui s’appelaient les « enablers » dans la version précédente) pour être atteint :

  • un processus
  • structures organisationnelles
  • flux d’informations et d’éléments
  • personnes, des aptitudes et des compétences
  • politiques et des procédures
  • culture, éthique et comportement
  • services, infrastructure et applications.

Les objectifs sont déterminés en utilisant la cascade d’objectifs qui était au coeur de COBIT 5. De la sorte, vous vous focaliserez sur les objectifs prioritaires de votre organisation.

4. Obtenez l’implication forte de la haute direction pour la mise en oeuvre

Un facteur clé du succès de COBIT 5 a toujours été la haute direction, qui fournit la direction, le mandat et son engagement continu pour l’initiative. C’est encore plus vrai avec la version 2019. Il s’agit de mettre en oeuvre des pratiques de gouvernance et de management. C’est donc une responsabilité qui se situe au plus haut niveau de l’organisation. Sans une implication forte de haute direction, l’échec de votre programme est quasiment assuré.

5. Justifiez formellement l’investissement dans COBIT 2019

Ne démarrez pas cela comme «une bonne chose à faire» en vue de s’améliorer. Ces types d’initiatives tendent à être les premières à être arrêtées lorsque des pressions budgétaires entrent en jeu. Il s’agit là d’un programme d’envergure au niveau de votre entreprise. La justification grâce à des business cases appropriés est donc impérative. Réalisez une analyse de rentabilité pour chaque projet contenu dans le programme définissant la portée, les bénéfices attendus et, surtout, décrivant un mécanisme permettant de mesurer les progrès et les succès.

6. Commencez de façon ciblée pour obtenir un accord

En particulier, identifiez les «points de douleur» spécifiques. COBIT 2019 peut vous aider à les traiter (et à les résoudre) au lieu de simplement commencer par une liste d’actions. Cela vous aidera non seulement à rester concentré, mais aussi à promouvoir les succès obtenus. Cela vous permettra également de mieux convaincre la haute direction et de transformer un sentiment de besoin diffus en nécessité absolue de mise en oeuvre. C’est ainsi que vous déclencherez le désir du changement sans lequel rien n’est possible.

7. Mettez en oeuvre « votre » programme et n’essayez pas de copier-coller le contenu de COBIT 2019

Comme pour les autres cadres de bonnes pratiques, il est nécessaire d’adopter et d’adapter COBIT 2019 aux besoins et au contexte spécifiques de votre organisation. Ne considérez surtout pas la publication de l’ISACA comme un évangile et le seul moyen de bien faire les choses. Il s’agit simplement de lignes directrices vous permettant de comprendre comment procéder. Vous devez vous en inspirer pour créer votre propre cadre de gouvernance et de management de l’I&T, spécifique à votre organisation. Il convient également de cibler les objectifs qui sont prioritaires dans votre cas particulier. N’oubliez jamais que les ressources mises à votre disposition ne sont pas illimitées.

8. Assurez-vous que le langage que vous employez est compris et accepté de tous

Votre organisation n’est sans doute pas nouvelle. Elle a sans doute adopté un langage ou un lexique commun en interne afin de garantir la clarté de la communication. Il convient de faire en sorte que tout le monde ait une compréhension commune des choses. Donc, lorsque vous démarrez avec COBIT 2019, ne changez pas les habitudes. Utilisez le langage interne connu et compris de tout le monde connaît. Tant pis si ce n’est pas le langage utilisé dans les publications officielles. Le programme de mise en oeuvre ou d’amélioration de la gouvernance et du management de l’I&T est complexe. Ne le compliquez pas encore plus avec l’utilisation de termes que les gens ne comprennent pas. Cela risquerait d’aboutir au rejet pur et simple de votre initiative et à son échec. Ne courrez pas ce risque.

9. Démarrez doucement avec les choses simples et visibles

Comme pour chaque nouveauté introduite dans l’environnement professionnel, il est important de mettre l’accent sur les «gains rapides» (Quick Wins). Cette astuce se reflète dans la hiérarchisation des améliorations les plus bénéfiques dans le contexte de la facilité de réalisation. Cette atteinte rapide des objectifs et la réalisation des premiers bénéfices contribuera à renforcer la crédibilité et la confiance. Elle renforcera ainsi l’investissement continu en temps et en argent, ainsi que la motivation des personnes impliquées dans le changement.

10. Assurez-vous de mettre en place dès le début des mesures du succès

Comme déjà mentionné dans le conseil n ° 5, il doit exister un mécanisme permettant d’évaluer et de rendre compte des améliorations. Il est important de noter qu’il ne s’agit pas seulement de mesurer  la phase « projet ». Il convient aussi et surtout  de réaliser l’évaluation continue des performances et la progression des opportunités d’amélioration. Et surtout ne trichez pas. Soyez transparent et communiquez les résultats des mesures réelles. Si les cibles ne sont pas atteintes, c’est peut-être que vous avez été trop ambitieux. Alors expliquez- et adaptez vos cibles pour qu’elles soient atteignables et faites les progresser dans le temps. Il vaut toujours mieux commencer avec des résultats modestes mais en constante amélioration qu’avec des résultats incroyablement bons mais faux…

Voici donc nos 10 conseils pour bien démarrer avec COBIT 2019. Vous n’êtes pas d’accord? Vous pensez que vous pouvez en rajouter d’autres? Vos commentaires sont les bienvenus. N’hésitez pas à ouvrir le débat.

Gestion des services informatiques : l’atout majeur des PME

J’entends souvent mes clients dire que les bonnes pratiques TI (notamment basées sur ITIL) sont réservée aux grandes entreprises. Bien que très répandue, cette croyance est totalement fausse. Les PME sont au contraires les premières à tirer un bénéfice certain de leur informatique. Je vais, dans cet article, essayer de mieux vous faire comprendre quelles sont les 4 raisons essentielles pour lesquelles une meilleure gestion des services informatiques constitue un atout majeur pour une PME.

Gestion des services informatiques (ITSM - ITIL) : l'atout majeur des PME
Crédit © rawpixel.com 2018

Il y aune idée reçue à propos de la gestion des services informatiques (ITSM) dans le monde informatique. Certains professionnels et certaines organisations pensent que la gestion des services informatiques n’est rien de plus qu’un fouillis de processus bureaucratiques qui ne font que freiner la productivité et ne peuvent être efficacement mis en œuvre que par de grandes organisations. Nous parlons ici d’organisations plutôt que d’entreprises car elles peuvent être publiques, privées, à but commercial ou non.

Mais je vais vous confier un secret. Une bonne gestion des services informatiques peut être l’arme secrète permettant à une PME de s’imposer sur son marché.

La gestion des services informatiques n’a pas besoin d’être compliquée. Après tout, l’ITSM est simplement un ensemble de pratiques définies pour la mise en œuvre, la gestion et la fourniture de services informatiques répondant aux besoins de l’organisation. Elle doit donc s’adapter à la taille et aux ressources de l’organisation. Et ce, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une PME.

Mais qu’est-ce vraiment que la gestion des services informatiques? Je vous propose la description suivante basée sur 3 caractéristiques :

  • Un ensemble de services fiables, cohérents et conformes aux attentes des clients et aux moyens de l’informatique,
  • Elle apporte une contribution mesurable de l’informatique à la valeur commerciale générée par les métiers,
  • Elle s’appuie sur des processus efficaces, définis, documentés et basés sur les données fiables.

Qu’en pensez-vous? N’est-ce pas ce qu’attend toute organisation? Cela ne résonne pas exactement comme quelque chose qui ne profiterait qu’aux grandes entreprises, n’est-ce pas?

De nombreuses personnes reconnaissent les avantages d’une excellente gestion des technologies de l’information. Laissez-moi donc vous expliquer pourquoi cette technologie et les services associés sont si importants pour les PME.

1. L’expérience utilisateur

Les attentes des clients ont radicalement changé au cours des dernières années, en partie grâce aux nouvelles technologies. Les clients attendent des réponses en rapides, des parcours personnalisés et une innovation continue des entreprises.

Prenons l’exemple d’Amazon. Vous pensez vraiment que les clients achètent chez Amazon simplement parce que c’est Amazon? Bon, c’est peut-être le cas maintenant. Mais à l’origine, les clients commençaient à acheter chez Amazon, tout simplement parce qu’Amazon facilitait leurs achats. Amazon a commencé par faire des choses simples répondant aux attentes des clients, comme proposer des offres d’achat personnalisées, envoyer des notifications d’expédition immédiate et maintenir un service client réactif. Une «expérience de type Amazon» est désormais ce qu’attend le client de chaque entreprise.

Bien sûr, la plupart des petites entreprises fonctionnent avec un personnel limité. Et par conséquent, les PME peuvent avoir des difficultés à répondre à des attentes de type «Amazon».

C’est là que les services informatiques entrent en jeu. l’ITSM aide les PME à fournir des services plus rapides et plus fiables et surtout sans nécessiter de main-d’œuvre supplémentaire. En fin de compte, cela signifie une expérience client plus fluide et plus cohérente, sans frais généraux supplémentaires. Et bien sûr, cela ne nécessite pas un personnel plus important.

En voici un autre exemple avec les boutiques sans employés en Chine. Nul doute que la Chine a pris de l’avance sur nous. Mais il faut réagir vite. La concurrence Chinoise ne va pas tarder à attaquer notre commerce de détail. Nul doute que d’ici peu nos supérettes ressembleront à cela. Ou alors elles auront disparu.

Vous imaginez bien que les services informatiques, dans l’exemple de cette vidéo doivent être totalement fiables et sécurisés. Il est donc souhaitable de s’appuyer sur des bonnes pratiques de gestion des services TI tels que ITIL par exemple.

2. L’agilité

Le monde des affaires est incroyablement compétitif. La concurrence est mondiale. La technologie a permis à chaque entreprise d’avancer plus vite et de se développer plus rapidement. Si vous n’êtes pas en avance sur la courbe, c’est que vous êtes déjà en retard! L’agilité est donc une nécessité absolue pour les PME. C’est même une question de survie.

L’ITSM aide les organisations à structurer leurs activités afin de répondre rapidement aux besoins les plus urgents et les plus importants. Elle aide à éliminer les interruptions et les problèmes épineux qu’il faut constamment résoudre. Enfin, l’ITSM aide les équipes à rester concentrées sur les résultats qui permettent à l’entreprise de prendre de l’avance et à la maintenir.

3. Les services informatiques sont plus faciles à mettre en oeuvre dans les PME

Comme je viens de le mentionner les PME doivent être flexibles et agiles pour pouvoir faire face à la concurrence. Les PME doivent se concentrer sur les projets et les services qui généreront des revenus et augmenteront leurs résultats nets.

Pour cette raison, les PME sont particulièrement bien placées pour tirer des bénéfices de leurs services informatiques plus rapidement que les grandes entreprises. Dans une PME, les équipes sont plus petites et doivent collaborer plus souvent sur les projets les plus critiques et les plus importants. Les employés voient souvent les résultats de leurs efforts plus directement que ceux qui travaillent dans de grandes organisations.

Par conséquent, il y a moins de personnes à convaincre pour soutenir un projet de mise en œuvre de l’ITSM. Il y a également moins silos à casser, et une meilleure compréhension de la manière dont tout le monde collabore à un objectif commun.

4. Aller plus loin avec le même budget

Contrairement à de nombreux mythes, la gestion des services informatiques ne se résume pas à l’achat d’un outil le plus récent et le plus performant. Ce n’est pas non plus une méthode. Il s’agit de créer des processus et des flux d’activités afin que l’ensemble de l’organisation fonctionne mieux avec l’objectif de permettre une expérience client transparente.

La création de processus efficaces et de services bien définis garantit la croissance de votre entreprise à un niveau satisfaisant. Lorsque vous avez les bons processus et des services clairs, vous pouvez être assuré que votre équipe est concentrée sur le business. Ainsi, lorsque le moment sera venu pour vous de vous développer et d’embaucher plus de membres dans votre équipe, ce sera parce que l’entreprise grandira, et non pas parce que votre équipe est trop occupée et stressée, et qu’elle ne réalise pas réellement le business attendu.

En outre, la gestion des services informatiques ne démarre pas avec l’acquisition d’un outil. Il faut d’abord se concentrer sur les besoins de l’entreprise. Ensuite il faut identifier et définir les processus, les services et les flux d’activités nécessaires pour répondre aux besoins. En partant de cette perspective, vous éviterez de gaspiller de l’argent pour des outils qui ne soutiendront jamais votre entreprise. Lorsque vous investirez dans un outil, vous saurez qu’il fonctionne avec les processus que vous avez déjà définis. Et par conséquent, il sera utilisé correctement.

Comment démarrer la mise en oeuvre de l’ITSM dans votre PME?

Je vous ai convaincu? Vous souhaitez démarrer la mise en oeuvre de la gestion des services TI dans votre organisation? Alors commençons par répondre à quelques questions. Cela vous aidera à comprendre clairement comment la gestion des services informatiques peut s’intégrer dans votre organisation.

N’oubliez pas ce que j’ai indiqué précédemment. La gestion des services informatiques ne se résume pas à acheter l’outil le plus récent et le meilleur du marché! Évitez de plonger directement avec l’achat d’un outil sophistiqué. Commencez par la définition des services et des processus nécessaires!

Évitez l’erreur commune de vous planter avant même de vous lancer! Les réponses à ces questions vous aideront beaucoup plus que n’importe quel outil coûteux à cette étape de votre projet ITSM:

  • Identifiez comment votre entreprise utilise ou dépend de la technologie informatique.
  • Quelles sont les activités courantes de votre équipe pour aider votre entreprise à utiliser la technologie?
  • Êtes-vous en mesure de mesurer la contribution de la technologie à votre entreprise?
  • Êtes-vous en mesure de mesurer et de discuter de la manière dont votre équipe informatique contribue au succès de votre entreprise, en termes pertinents?
  • Qu’est-ce qui pourrait être fait différemment dans la manière dont l’informatique contribue au succès de l’entreprise?
  • Identifiez les petites améliorations susceptibles d’apporter de gros gains à votre entreprise.

Faites les choses dans le bon ordre

Une fois que vous aurez répondu à ces questions, il sera temps de commencer à vous familiariser avec les différents cadres de gestion des services informatiques et de savoir comment. Assistez à des webinaires et à des réunions de groupes d’utilisateurs pour découvrir les avantages de la gestion des technologies de l’information pour votre entreprise. Discutez avec des experts ou lisez des blogs et des livres blancs sur la meilleure façon de démarrer avec l’ITSM. Suivez des formations sur les différents référentiels de bonnes pratiques et les normes disponibles : ITIL, COBIT, VerISM, ISO 20000, …

C’est le début de l’année et de nombreuses PME ont encore des objectifs ambitieux, des plans et des échéances excitantes. Le moment est donc idéal pour aller au-delà de votre plan d’action et pour vous assurer de respecter tous vos objectifs cette année!

N’hésitez pas à nous faire part de votre avis en nous laissant vos commentaires. C’est grâce aux échanges que vous pourrez cibler les domaines d’amélioration potentielle de vos services TI.

 

Introduction à COBIT 2019

L’ISACA vient de publier les deux premiers volumes de la nouvelle version de son cadre de Gouvernance et de Management de l’information d’Entreprise et des Technologies : COBIT 2019.

COBIT 2019 : le nouveau cadre de gouvernance et de management de l'I & T
© ISACA 2018

Nous vous proposons donc aujourd’hui une introduction à COBIT 2019. Cette introduction se compose de deux parties :

  • une présentation exécutive destinées aux équipes de direction. L’objectif est de mieux comprendre l’intérêt du cadre de gouvernance et de management de l’I & T,
  • les différences essentielles existant avec COBIT 5, la version précédente déjà largement adoptée dans le monde entier.

Concernant l’adoption de COBIT comme cadre de Gouvernance et de Management, mentionnons que la certification COBIT 5 Foundation fait une entrée remarquée dans les certifications qui correspondent aux meilleurs salaires en Europe en prenant cette année la 7ème place.

Présentation de COBIT 2019 et de ses nouveautés

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus, nous vous conseillons la lecture de nos deux précédents articles COBIT 2019 – Les nouveautés ainsi que COBIT 2019 – Vos questions, nos réponses.

De plus, 2AB & Associates vous proposera début 2019 deux formations sur COBIT 2019 :

  • Une formation « Bridge » destinée aux certifiés COBIT 5 Foundation. Cette formation se déroulera sur 1 journée. Elle couvrira l’ensemble des différences entre COBIT 5 et COBIT 2019. A l’issue de cette formation, les participants pourront passer l’examen leur permettant d’obtenir la certification COBIT 2019 Foundation.
  • COBIT 2019 Foundation sans prérequis spécifiques. Cette formation d’une durée de 3 jours permet aux participants de comprendre les concepts du cadre de gouvernance et de management de l’I&T d’entreprise. A l’issue de la formation, les stagiaires passeront l’examen de certification COBIT 2019 Foundation.

Enfin, nous proposons également, sur demande, une présentation exécutive destinée aux dirigeants d’entreprises. Cette session est présentée par un de nos experts. Elle permettra donc aux participants d’échanger sur les avantages de la mise en oeuvre de COBIT 2019 dans leur organisation

Enfin, n’hésitez pas à commenter et à poser des questions à nos experts qui vous répondront en ligne. Et si vous aimez nos publications, vous pouvez bien entendu les partager sur les réseaux sociaux ou nous mettre un « like ».

Certifications et compétences qui paient en 2018

Comme chaque année, nous vous proposons un survol des certifications et compétences qui paient le mieux en 2018. Cet article s’appuie sur l’enquête annuelle réalisée par Global Knowledge sur les compétences et les salaires dans le domaine IT.

Les certifications et les compétences les mieux payées en 2018
Crédit © AdobeStock & Gwimages 2018

Notre précédent article sur les 6 certifications qui payaient le mieux en 2017 continue à être l’article plus lu de ce blog. Voici donc la version 2018 avec quelques évolutions notables. On constate un véritable glissement vers de nouvelles certifications et compétences correspondant aux meilleurs salaires. Cependant on peut constater des différences énormes selon les zones géographiques. Elles correspondent totalement à l’économie et aux besoins des entreprises dans chacune des zones. Il reste toutefois clair que les salaires sont dépendants de l’offre de compétences et de la demande régionale.

Vous courrez après les gros salaires? Cet article vous présente les certifications les mieux payées. Cependant il vous indique aussi ce que les employeurs attendent de vous et ce que cela implique. La certification ne suffit pas… C’est, pour un employeur potentiel, une assurance raisonnable quand à vos connaissances dans le cas de certifications courantes et aussi de votre compétence dans le cas des certifications professionnelles. Le recherche trois critères :

  • le savoir (sur la base de vos diplômes académiques et des vos certifications standards),
  • le savoir-faire (sur la base de vos certifications professionnelles et de votre expérience),
  • votre savoir-être sur la base de l’évaluation de votre comportement et de votre attitude (le recruteur ira chercher ces informations sur les réseaux sociaux, auprès de votre entourage professionnel et personnel).

Dans tous les cas, dites-vous que votre futur employeur vérifiera la réalité de ce que vous annoncez dans votre CV. Inutile donc de revendiquer une certification que vous n’avez pas. La vérification auprès de l’organisme émetteur de la certification révèlera immédiatement la supercherie. Cela se retournera contre vous. D’ailleurs, certains organismes de certification n’hésitent pas à porter plainte contre les fraudeurs et réclament des amendes importantes.

Certifications standards vs certifications professionnelles

Lorsqu’on parle de certification, il faut toujours bien faire attention à la signification qu’on donne aux mots. Les certifications standards sont par essence des certifications résultant de la simple réussite à un examen. C’est le cas des certifications ITIL, PRINCE2, VERISM, certaines certifications COBIT, etc. Elles se dénomment souvent Foundation, Practitioner, Intermediate ou encore Advanced. Aucune expérience dans le domaine n’est réclamée et la certification est valide sans limitation de durée.

Dans le cas des certifications professionnelles, à l’inverse, la réussite à l’examen n’est qu’une première étape. Ensuite il est nécessaire de prouver une expérience minimum de 3 à 5 ans dans le domaine concerné. L’organisme de certification effectue donc une vérification auprès des précédents employeurs de du candidat sur la valeur et la durée de son expérience ainsi que sur son attitude et son comportement. Ce n’est que lorsque cette vérification est positive que la certification est délivrée.

En général les certifications professionnelles ont une durée limitée, souvent de 3 ans. Chaque année ou chaque 3 ans, l’organisme exige la preuve que le certifié a bien suivi un nombre minimum d’heures de formation (CPD/CPE/CPU). Le certifié doit également acquitter de nouveau un montant significatif pour le renouvellement de sa certification. L’organisme de certification effectue alors, de façon aléatoire, des contrôles sur l’expérience acquise pendant les 3 ans ainsi que sur le comportement du certifié pendant cette période. A cette occasion la certification peut lui être retirée.

Parmi les certifications professionnelles, on peut citer CISA, CISM, CGEIT, CRISC, PMP, CIA, ISO 27001 Lead Implementer ou ISO 27001 Lead Auditor. Il est bien évident que les certifications professionnelles, plus « sérieuses », sont les plus recherchées par les employeurs. Ce sont donc aussi, logiquement, celles qui correspondent aux meilleurs salaires.

Les compétences les plus recherchées

Les compétences les plus recherchées sont bien naturellement celles qui paient le plus. C’est tout simplement la loi de l’offre et de la demande. Voyons ensemble les 5 domaines de compétences qui suscitent le plus de demandes en 2018. Précisons bien qu’il s’agit là de recherche de professionnels certifiés et pouvant démontrer plusieurs années d’expérience dans le domaine. Donc ce sont des domaines dans lesquels les employeurs recherchent en priorité des détenteurs de certifications professionnelles.

Notons toutefois que parmi ces 5 compétences les plus recherchées, deux certifications sont de niveau Foundation (COBIT 5 Foundation et Six Sigma Green Belt).

La cybersécurité

Comme lors des trois dernières années, les certifications en sécurité tiennent les premières places en matière de rémunération. Lorsque nous élargissons la liste aux 20 premiers, six certifications sont relatives à la sécurité an niveau mondial, y compris les deux premières places: CISSP de (ISC) 2 et CRISC de l’ISACA. Le CISM d’ISACA se classe au sixième rang mondial et au huitième rang en EMEA.

Le CISSP enregistre le salaire global moyen le plus élevé avec 70.177 € en EMEA (100.146 $ aux USA, ce qui représente une différence de plus de 27% entre les deux zones géographiques). Les professionnels de l’informatique possédant des certifications en sécurité ont tendance à avoir des salaires moyens globaux supérieurs de 15% (aux USA) à 63% (dans la région Asie-Pacifique) à la moyenne des autres certifiés.

Pour en savoir plus sur les certifications CISSP et CISM, nous vous invitons à lire notre article CISM vs CISSP : quelle certification choisir?

Le Cloud

Les certifications liées au Cloud, y compris AWS Certified Solutions Architect – Associate, ont des salaires moyens nettement supérieurs à la norme. En Amérique du Nord, le le salaire moyen du personnel informatique certifié AWS est 10% plus élevé que celui des personnels possédant une autre certification dans le Cloud et 29% supérieur au salaire moyen des professionnels IT certifiés dans un autre domaine. Toutefois, l’augmentation du salaire des professionnels certifiés en Cloud computing n’est pas limitée à ceux possédant les certifications AWS.

L’accent mis sur le nuage s’est également étendu à d’autres domaines fonctionnels. Les help-desks et les équipes de support technique recherchent activement des professionnels possédant des certifications dans le cloud computing et les réseaux.

La gestion de projet

Les gestionnaires de projets certifiés en Amérique du Nord ont également des salaires moyens au dessus de la norme. C’est particulièrement vrai pour ceux qui possèdent une certification PMP (103 406 $) par rapport à la moyenne des autres professionnels certifiés en gestion de projet, par exemple PRINCE2  (97 745 $). La tendance est beaucoup moins nette sur la région EMEA. Pour en savoir plus sur ces deux certifications, nous vous invitons à relire notre article PRINCE2 vs PMP : Quelle méthode de gestion de projet choisir?

On voit également émerger cette année une demande croissante pour les chefs de projets certifiés sur une méthode agile. Dans ce contexte c’est la certification Certified ScrumMaster (CSM) avec un salaire moyen de 98 562 $ qui tient la tête.

La gouvernance et le management

L’ISACA est une association indépendante axée sur l’adoption et l’utilisation des meilleures pratiques de gouvernance et de management de l’information et des technologies dans les organisations. L’ISACA possède six certifications dans le top 20 mondial, y compris CGEIT, CISA, CRISC et CISM . Une nette tendance se dégage également avec une demande de plus en plus forte de professionnels certifiés sur COBIT 5. Cela se traduit par un salaire moyen des professionnels certifiés COBIT 5 Foundation qui atteint maintenant 65.000 € dans la région EMEA.

Si vous vous posez des questions sur le CISA, nous vous conseillons trois articles précédemment publiés sur notre blog :

Compétences Six Sigma

La certification Six Sigma Green Belt est parrainée par l’association indépendante IASSC. C’est une certification de base sur un ensemble de techniques et d’outils d’amélioration des processus. Une tendance nette se dégage également en faveur des professionnels possédant une certification Six Sigma Green Belt qui obtiennent un salaire moyen de 99.865 $ en Amérique du Nord et de 69.000 Euros en EMEA soit une différence de 21%, la plus faible du top 20 des certifications.

Le top vingt des salaires par certification en Europe

Les résultats du classement 2018 sont extrêmement intéressants car ils montrent un changement important par rapport à 2017. La grande nouveauté est l’arrivée en force des certifications AWS (Amazon) dans les premières places du classement. A l’inverse les certifications qui monopolisaient les premières places ce dernières années subissent un fort recul (CISA, PMP). On voit également apparaître en 7ème position une certification qui fait sont entrée dans les 10 premières : COBIT 5 Foundation. Il est également à noter que cette année les certifications CISCO disparaissent complètement du classement.

Classement 2018 des 20 certifications et certifications professionnelles correspondant au meilleurs salaires en euros
Classement établi sur les salaires en région EMEA (Europe, Moyen Orient & Afrique). L’ordre est différent en Amérique du Nord.

L’autre enseignement de ce classement est la différence très importante des salaires entre la région EMEA et l’Amérique du Nord. Les salaires en EMEA sont tirés nettement vers le bas par la zone Afrique ainsi que le montre la carte suivante.

Salaires des professions IT par région du monde
Moyenne des salaires IT par région du monde – Crédit © Global Knowledge 2018

Conclusion

Ces éléments peuvent vous aider à choisir parmi les certifications disponibles celles qui vous conviennent le mieux. Bien sûr le salaire est un critère mais n’oubliez pas que la certification ne garantit pas le niveau de salaire. C’est votre compétences et votre adéquation au marché qui feront la différence.

N’hésitez pas à commenter cet article en y apportant vos témoignages sur votre expérience personnelle. Posez-nous également des questions. Nos experts se feront un plaisir de vous répondre. Si cet article vous a paru intéressant, n’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux et à nous mettre un « like » si vous le souhaitez.

COBIT 2019 – Vos questions, nos réponses

Depuis la publication de notre article présentant, en avant-première, les nouveautés de COBIT 2019, vous nous avez posé de nombreuses questions. Nous vous apportons quelques réponses. Pour l’heure, nous ne pouvons pas encore tout vous dire. Soyez patients. Nous vous donnerons notre avis détaillé sur cette nouvelle version du cadre de référence en Gouvernance de l’Information dès que les deux premières publications seront disponibles sur le site de l’ISACA.

Cadre de gouvernance COBIT 2019 - Questions réponses
Crédit © rawpixel 2018

L’accélération de la transformation numérique a rendu l’information et la technologie (I&T) cruciales pour le soutien, la croissance et la durabilité des entreprises. Les conseils d’administration et les cadres dirigeants ont pu jadis déléguer, ignorer ou éviter les décisions liées à l’I&T. Cependant ils savent maintenant que cette approche est mal avisée. Ce ne sont pas uniquement les entreprises digitales qui dépendent de l’I&T pour leur survie et leur croissance. La création de valeur par les parties prenantes (c’est-à-dire la réalisation des bénéfices à un coût optimal en ressources tout en optimisant les risques) est également souvent obtenue par la digitalisation de nouveaux modèles d’affaires, grâce à des processus efficaces et à des innovations réussies.

L’I&T est maintenant totalement intégrée à la gestion des risques d’entreprise et de la création de valeur. Un accent particulier a donc été mis sur la gouvernance de l’information d’entreprise et de la technologie (GEIT) au cours des deux dernières décennies. COBIT a reflété cet accent mis sur la GEIT dans ses dernières mises à jour, aboutissant à COBIT 5. Toutefois, une nouvelle édition, dont la sortie est prévue en novembre 2018, étendra et facilitera encore cette tendance.

La nouvelle édition s’appelle COBIT 2019. Les mises à jour de COBIT ne seront dorénavant plus identifiées par des numéros de version. Au lieu de cela, elles porteront  la date de la dernière mise à jour. Cela correspond à un environnement I&T dynamique qui génère des changements à un rythme si rapide qu’il est difficile de les suivre. COBIT 2019 prend en compte ces problèmes et les résout en faisant de COBIT un cadre de gouvernance I&T dynamique pouvant être mis à jour plus rapidement, en appliquant les commentaires des utilisateurs pour qu’ils restent pertinents pour la communauté internationale des professionnels de la gouvernance.

Vos questions, nos réponses

Qu’est-ce que COBIT?

Le processus de mise à jour de COBIT a impliqué des efforts considérables pour mettre en perspective ce qu’il est et ce qu’il n’est pas. Cet article décrit chaque côté de l’équation, en commençant par ce qu’il est.

COBIT 2019 peut être décrit comme un cadre pour la gouvernance et la gestion de l’I&T des entreprises, destiné à l’ensemble de l’organisation. L’I&T d’entreprise fait référence à tous les traitements I&T mis en place par l’entreprise pour atteindre ses objectifs, quel que soit le lieu où cela se produit dans l’organisation. En d’autres termes, l’I&T d’entreprise ne se limite pas au service informatique d’une organisation, mais il est certain qu’elle l’inclut. Elle inclut aussi sans aucun doute d’autres départements tout aussi importants comme les ressources humaines.

COBIT 2019 définit les composants permettant de construire et de maintenir un système de gouvernance : politiques, processus et procédures, structures organisationnelles, flux d’informations, compétences, infrastructure, culture et comportements. Celles-ci étaient appelées «facilitateurs» (« enablers » en anglais) dans COBIT 5. Il définit également les facteurs de conception que l’organisation doit prendre en compte pour créer un système de gouvernance parfaitement adapté.

Il aborde les problèmes de gouvernance en regroupant les composants de gouvernance pertinents dans des domaines prioritaires pouvant être gérés aux niveaux de maturité requis.

Qu’est-ce que COBIT n’est pas?

Après avoir décrit ce qu’est COBIT 2019, il est important de définir ce qu’il n’est pas. Cela implique de tordre définitivement le cou à certaines idées fausses au sujet de COBIT, telles que :

  • COBIT 2019 ne décrit pas complètement l’environnement I&T d’une organisation.
  • Ce n’est pas un cadre pour organiser les processus métier.
  • Ce n’est pas un cadre technique (informatique) pour gérer toutes les technologies.
  • Il ne prend ni ne prescrit aucune décision liée à l’informatique. Par exemple, il ne répond pas aux questions telles que: quelle est la meilleure stratégie informatique? Quelle est la meilleure architecture? Combien devrait coûter l’informatique? Au lieu de cela, il définit tous les composants qui décrivent quelles décisions doivent être prises, comment et par qui elles doivent être prises.

Pourquoi le logo a-t-il changé?

COBIT 5 a été publié en 2012, ce qui fait presque 7 ans. Depuis cette époque, d’autres cadres et les normes ont évolué, créant un paysage différent. L’émergence de nouvelles technologies et les tendances business en matière d’utilisation des technologies de l’information (transformation numérique, DevOps, par exemple) n’étaient pas intégrées dans COBIT 5. Un réalignement était donc nécessaire.

Pour rester pertinent, il est impératif que COBIT continue d’évoluer, ce qui nécessitera des mises à jour plus fréquentes et plus fluides. Dans le nouveau logo, la flèche rouge symbolise cette notion d’évolution continue. De plus, pour assurer un contrôle efficace des versions, toutes les mises à jour futures comporteront l’année correspondant à la publication la plus récente.

Quelles sont les publications de COBIT 2019 et quand seront-elles disponibles?

La famille de produits COBIT 2019 est n’est pas limitée aux produits qui seront prochainement publiés. Le développement de nouvelles orientations, formations et ressources pour soutenir la famille de produits COBIT 2019 sera continuellement évaluée en fonction de la demande du marché. Ce développement sera géré en cohérence avec les autres produits de l’ISACA.

Disponibles le 12 novembre 2018

  • Cadre COBIT 2019: Introduction et méthodologie – Introduction aux concepts clés de COBIT 2019.
  • Cadre COBIT 2019: Objectifs de gouvernance et de gestion. Cette publication décrit de manière exhaustive les 40 objectifs fondamentaux en matière de gouvernance et de gestion, les processus qu’ils contiennent, et d’autres composants connexes. Ce guide fait également référence à d’autres normes et référentiels du marché.

Disponibles le 10 décembre 2018

  • Guide de conception COBIT 2019: Conception d’une solution de gouvernance de l’information et de la technologie. Ce guide explore les facteurs de conception pouvant influencer la gouvernance. Il inclut un flux d’activités afin de planifier un système de gouvernance sur mesure pour l’entreprise.
  • Guide d’implémentation COBIT 2019: Implémentation et optimisation d’une solution de gouvernance de l’information et de la technologie. Ce titre représente une évolution du Guide de mise en œuvre de COBIT 5.  Il propose l’élaboration d’une feuille de route pour l’amélioration continue de la gouvernance. Il peut être utilisé en combinaison avec le Guide de conception COBIT 2019.

Les publications COBIT 2019 seront-elles gratuites pour les membres ISACA?

Dans le cadre de l’engagement de l’ISACA d’apporter une valeur optimale à ses membres, le téléchargement au format PDF des quatre publications principales de COBIT 2019 suivantes seront gratuites pour les membres :

  • Cadre COBIT 2019 : Introduction et méthodologie
  • Cadre COBIT 2019 : Objectifs de gouvernance et de gestion
  • Guide de conception COBIT 2019 : Conception d’une solution de gouvernance de l’information et de la technologie
  • Guide d’implémentation COBIT 2019: Implémentation et optimisation d’une Solution de gouvernance de l’information et de la technologie

De plus, les membres de l’ISACA recevront des réductions exclusives sur l’achat de publications imprimées. Pour en savoir plus, consultez le site de ‘ISACA : http://www.isaca.org/COBIT.

COBIT 2019 est-il aligné avec les autres normes et cadres internationaux?

L’un des principes directeurs appliqués tout au long du développement était de maintenir son positionnement de COBIT 2019 en tant que cadre général de gouvernance. Ainsi, il continue de s’aligner sur un certain nombre de normes, cadres et / ou réglementations pertinents. COBIT 2019 comprend des références et s’aligne sur des concepts provenant d’autres sources. Par exemple COBIT 2019 est aligné, entre autres, sur ITIL, ISO 27001, ISO 20000, DEVOPS, PRINCE2, PMBOK, TOGAF, COSO, SFIA, etc..

Dans ce contexte, l’alignement signifie que :

  • COBIT 2019 ne contredit aucune indication des référentiels et normes correspondants,
  • Le cadre COBIT 2019 ne copie pas le contenu de ces référentiels et normes associés,
  • COBIT 2019 fournit des conseils ou références équivalents aux normes et référentiels correspondants.

Une liste complète des normes et guides pratiques utilisés dans le cadre du développement de COBIT 2019 est fournie dans la présentation PPT intitulée  COBIT® 2019 Overview. Celle-ci, en anglais, est disponible dans la boîte à outils COBIT 2019 sur le site de l’ISACA. Cette liste figure également dans la publication Cadre COBIT 2019 : Introduction et méthodologie.

Y aura-t-il un cursus de formation de certification COBIT 2019?

Un nouveau parcours de formation et de certification sera proposé dès le début 2019. COBIT 2019 est un cadre en évolution continue. En conséquence, l’ISACA continuera en permanence à évaluer le marché et à proposer de nouveaux modules de formation. Les premier modules seront disponibles selon le calendrier suivant :

Janvier 2019 : Atelier de transition COBIT 5 vers COBIT 2019 (1 journée)

Ce cours de transition d’une journée présente les concepts, les modèles et les définitions clés du nouveau cadre en mettant l’accent principalement sur les différences majeures entre COBIT 2019 et COBIT 5.

Janvier 2019 : Formation et certification COBIT 2019 Foundation (3 jours)

Développée pour préparer les participants à l’examen de certification COBIT 2019 Foundation, cette formation plongera dans le contexte, les composants, les avantages et les principales raisons pour lesquelles utiliser COBIT en tant cadre de gouvernance de l’information et des technologies en entreprise.

Avril 2019 : Formation et certification COBIT 2019 Conception et mise en oeuvre (3 jours)

Cette formation de 3 jours prépare les participants à l’examen de certification COBIT 2019 Design and Implementation. Les participants apprendront comment concevoir un système de gouvernance parfaitement adapté au contexte de leur entreprise en s’appuyant sur le cadre de gouvernance de l’ISACA.

Où puis-je me former et passer les certifications?

La formation ainsi que les examens de certification seront disponibles à partir de janvier 2019. Vous pourrez y accéder via les canaux suivants:

  • Centres de formation accrédités par ISACA (via APMG ou Peoplecert);
  • Chapitres ISACA;
  • Conférences ISACA et ateliers pré-conférence;
  • Programme de formation sur site d’ISACA.

Pour ce qui nous concerne, 2AB & Associates sera accrédité par l’ISACA dès le lancement des modules de formation. Nous avons d’ores et déjà commencé le développement des trois modules initiaux prévus par ISACA. Les premières sessions COBIT 2019 Bridge et COBIT 2019 Foundation sont déjà à notre calendrier dès janvier 2019. Nous proposons également pour les personnes déjà certifiées COBIT 5 Foundation un atelier d’une journée leur permettant de faire la transition de leur certification actuelle vers la nouvelle version.

Nous organisons également, à la demande, des présentations d’une demi-journée destinées aux dirigeants des entreprises. N’hésitez pas à consulter le site www.2abassociates.fr ou www.2abassociates.ca pour en savoir plus.

Les programmes de formation COBIT 2019 remplaceront-il les formations COBIT 5?

ISACA continuera à soutenir l’accréditation et la délivrance de la formation et du cursus de certification COBIT 5. Ainsi, la formation COBIT 5 continuera à cohabiter avec la formation COBIT 2019. Il ne serait donc par judicieux de remettre votre formation COBIT à plus tard en attendant le nouveau cursus de formation/certification. Tout au contraire, nous vous invitons à profiter de notre offre promotionnelle sous forme de package Formation et certification COBIT 5 Foundation + atelier de transition vers COBIT 2019.

Les publications COBIT 5 resteront-elles disponibles en 2019?

L’ISACA continuera de soutenir les nombreuses organisations gouvernementales et  non gouvernementales qui, depuis 2012, ont mis en oeuvre COBIT 5. Tous les guides COBIT 5 (et produits dérivés) vont donc rester disponibles pour téléchargement ou achat en ligne. De plus, tous les produits, ressources et programmes de formation COBIT 5 resteront disponibles (parallèlement à COBIT 2019).

Quelles sont les différences entre COBIT 2019 et COBIT 5?

COBIT 2019 offre une plus grande flexibilité et une plus grande ouverture pour améliorer la pertinence dans le temps de COBIT.

  • L’introduction de nouveaux concepts tels que les domaines de focalisation et les facteurs de conception permet de proposer des bonnes pratiques pour adapter un système de gouvernance aux besoins de l’entreprise.
  • La mise à jour de l’alignement sur les normes, les cadres et les meilleures pratiques améliore la pertinence de COBIT.
  • Un modèle de type «open source» permettra à la communauté mondiale de la gouvernance de contribuer aux futures mises à jour  en apportant des commentaires, en partageant des applications et en proposant des améliorations au
    cadre et aux produits dérivés en temps réel. De la sorte, de nouvelles évolutions de COBIT pourront être publiées sur une base cyclique.
  • De nouvelles orientations et de nouveaux outils soutiennent l’élaboration d’un système de gouvernance optimal. Cela rend donc COBIT 2019 plus prescriptif.

Transformation numérique : les conseils d’administration sont-ils prêts?

Les conseils d’administration (CA) devraient être impliqués dans la direction et le leadership de la transformation numérique de leur organisation, en prenant en considération les scénarios de risque non négligeables associés à cette mutation.

Transformation numérique : les conseils d'administration sont-ils prêts
Crédit © image par rawpixel.com

Le rôle du Conseil d’Administration de toute organisation est de s’assurer pour le compte des parties prenantes de l’Entreprise, de la création de valeur sous forme de bénéfices, tout en optimisant les risques et les ressources. Selon COBIT, le référentiel de Gouvernance publié par l’ISACA, cela passe par trois phases. La première consiste à évaluer les besoins de chacune des parties prenantes. La seconde est de prendre une décision en terme de direction à suivre par le management. Enfin, la troisième étape consiste à surveiller la performance et le progrès réalisé par l’Organisation dans la direction donnée.


«Les conseils d’administration jouent un rôle essentiel dans le processus de transformation numérique en apportant expertise, jugement, scepticisme sain et souci de la valeur à long terme.» (Deloitte)


Malheureusement les conseils d’administration ne sont pas encore prêts à superviser les technologies de l’information.  Ils le sont donc d’autant moins en ce qui concerne la transformation numérique de leur Organisation. En effet, non seulement «plus de 80% des CA pourraient ne pas avoir les compétences et les connaissances nécessaires pour gérer efficacement la technologie des entreprises et réaliser des gains stratégiques et des rendements financiers au niveau de l’entreprise» mais, de plus, les cadres mondiaux de gouvernance d’entreprise (COSO par exemple) ne font encore aucune référence significative au leadership numérique du CA.

La transformation numérique a cependant des impacts extrêmement importants sur le fonctionnement des Organisations. Le degré de focalisation requis pour garantir que la transformation numérique se concrétise comme prévu est donc très  élevé. Quels sont les problèmes à surmonter dans la structure des conseils d’administration si les organisations qu’ils supervisent doivent être durables dans le cadre de la transformation digitale actuelle? Les comités stratégiques IT du CA constituent un moyen clé de mieux superviser et contrôler la transformation numérique.

La gouvernance du SI a encore trop de mal à trouver sa place

Selon une étude du Gartner, jusqu’à 85% des projets en technologies de l’information échouent. Les défaillances informatiques détruisent la valeur pour les actionnaires en gaspillant des ressources. Ces défaillances font échouer des opportunités business et détruisent ainsi la valeur que les services informatiques auraient pu créer. Il ne fait aucun doute que ce taux d’échec continuera, voire augmentera, pour les initiatives de transformation numérique.

Une évolution dans le bon sens depuis dix ans

Le besoin de conseils d’administration ayant des compétences en technologies de l’information s’impose de plus en plus au niveau mondial. Cela leur permet d’atténuer les risques d’échec technologiques. C’est tout particulièrement important lorsque le succès stratégique et la pérennité de l’entreprise dépendent de la réussite de son informatique. La figure suivante illustre l’évolution de la gouvernance du SI ces dernières années.

L'évolution de la gouvernance du SI depuis 10 ans
Crédit © 2018 ISACA

L’exception chez les « gaulois réfractaires »

Cette gouvernance formelle du SI se matérialise de plus en plus par un comité stratégique informatique. C’est une préconisation phare de COBIT, le cadre de Gouvernance du SI publié par l’ISACA en 2012. C’est également une tendance forte dans les très grandes organisations qui ont souvent des comités stratégiques. Du moins dans les pays anglo-saxons…

conseil d'administration : l'exception chez les gaulois réfractaires

Lors d’une récente conférence destinée aux administrateurs au Canada, le consensus a été que les comités stratégiques informatique sont encore largement méconnus dans ce pays. Ils sont également ignorés dans la quasi totalité des pays francophones Européens (France, Belgique, Luxembourg) et encore plus en Afrique. A l’inverse on trouve de plus en plus souvent un comité stratégique IT dans les entreprises des pays anglophones. Est-ce à dire que l’absence de gouvernance du SI est une caractéristique liée à la langue Française? Serait-ce le syndrome du « Gaulois réfractaire » évoqué par le Président Macron récemment? Je ne saurais répondre mais le constat est hélas factuel. C’est d’autant plus inquiétant pour l’avenir économique des ces pays à l’heure de la transformation numérique mondiale.

Les conseils d’administration de l’ère digitale doivent s’adapter

Lors d’un récent congrès d’administrateurs de sociétés, une question des organisateurs portait sur le comité stratégique informatique. De façon très décevante, la réponse quasi-unanime des participants était que ni l’ampleur de leurs dépenses informatiques ni la contribution de l’informatique au risque opérationnel n’avaient été jugées suffisamment importantes pour justifier la création d’un comité stratégique distinct. C’est là une preuve supplémentaire de la totale déconnexion des membres des conseils d’administration de la réalité du changement en cours au niveau mondial. Peut-être est-ce dû au fait que, à ce jour, les conseils d’administration peuvent apparaître comme ayant fait du bon travail de gouvernance dans des entreprises de premier plan sans aucune expertise en TI dans leurs rangs? En tout cas, il y a beaucoup de choses derrière cette réponse totalement inadéquate.

D’autant que ce sont ces mêmes membres du conseil d’administration qui parlent publiquement de la transformation numérique et de l’innovation numérique! Ils sont donc apparemment inconscients de l’impact organisationnel énorme et des risques que comporte une telle mutation, qui, par définition, inclut les TI. Ce risque augmente significativement lorsque les membres du CA ne reconnaissent pas leurs responsabilités dans la gouvernance du SI.

L’évolution nécessaire de la composition du CA

Aux Etats Unis, la plupart des membres des conseils d’administration sont indépendants. C’est là une conséquence directe de la loi Sarbanes-Oxley (SOX) depuis 2002. D’ailleurs, dans le S & P 500, Spencer Stuart constate que 85% des administrateurs sont indépendants depuis 2007. Une autre conclusion intéressante de cette étude porte sur l’âge moyen de ces administrateurs qui était de 63,1 ans en 2017. En France, selon l’AGEFI, l’âge moyen des administrateurs des sociétés du CAC40 est de 58,9 ans en 2017. Il apparaît en légère hausse par rapport à 2016. Seulement 68% des membres des CA du CAC40 sont indépendants selon le même rapport de l’AGEFI en 2017.

Un problème de compétence, mais pas seulement

Une question que le Forum Economique Mondial pose aux administrateurs est de savoir si leur conseil d’administration possède des compétences numériques, multigénérationnelles et une expertise suffisante pour donner des conseils sur des sujets commerciaux et technologiques en évolution rapide. En ce qui concerne la sensibilisation au digital, Mckinsey constate que peu de CA ont une expertise numérique suffisante. Difficile donc d’avoir des échanges significatifs sur ce sujet important avec la direction à l’ère de la transformation digitale. Par ailleurs, avec une moyenne d’âge de 63,1 ans (59,9 ans en France), il est difficile de qualifier le conseil d’administration moyen de multigénérationnel.

 L’âge moyen des membres du conseil d’administration en question

Cela complète les conclusions d’une enquête menée par le Harvard Law School Forum impliquant 860 administrateurs de sociétés publiques. De nombreux membres du conseil d’administration ne sont pas à l’aise avec la supervision informatique car, avec un âge moyen de 63,1 ans:

  • L’expérience professionnelle de la plupart des membres du conseil d’administration est antérieure à l’ère de la transformation digitale des organisations;
  • Très peu d’administrateurs ont simplement des connaissances de base en technologies de l’information.

Ce n’est donc pas que les conseils d’administration en général ne souhaitent pas une gouvernance informatique accrue. C’est plutôt que les administrateurs en place n’ont tout simplement pas les compétences ou l’expérience nécessaires pour comprendre pourquoi ou quand ils ont besoin de gouvernance informatique ou même d’un comité stratégique informatique. Les conseils d’administration peuvent-ils être négligents en n’ayant pas de compétences en informatique à bord et, par conséquent, ne pas être en mesure de poser des questions approfondies de supervision des TI au-delà des questions d’audit générales du comité d’audit? La réponse est «non», les conseils ont le devoir fiduciaire d’avoir un minimum de compétence en informatique.

Le vice-président du Comité d’Hygiène et de Sécurité du CA de Delta Air Lines a bien résumé la situation :


Les conseils d’administration doivent être préparés avec les compétences, la technologie et les processus appropriés. Hélas, la plupart des CA échouent sur la majorité ou la totalité de ces exigences.


Dans le cadre de la transformation digitale de l’économie, il est temps que les actionnaires repensent la façon dont ils votent pour les membres du CA lors de leurs assemblées générales annuelles (AGO).

Le périmètre de la transformation digitale mal compris

L’une des clés pour mieux comprendre l’approche des administrateurs est l’écoute de leurs remarques face aux technologies de l’information. Le mot spécifique qu’ils utilisent le plus souvent, c’est «dépenser» (coût). Or le coût est plus en adéquation avec l’informatique opérationnelle qu’avec la transformation numérique. Cela signifie que les membres des conseils d’administration  semblent voir l’informatique uniquement sous l’angle des coûts opérationnels. Ils n’ont pas une approche incluant aussi les  opportunités. C’est pourquoi ils trouvent acceptable de «gouverner» l’informatique par le biais du comité d’audit. S’appuyant sur les constatations citées à la figure 1, la gestion des TI au sein du comité d’audit n’est pas satisfaisante. C’est d’autant plus vrai lorsque la transformation numérique est un objectif stratégique de l’Entreprise.

Lors d’une discussion récente que j’avais avec un administrateur d’une grande société Française cotée au CAC40 et figurant parmi les leaders mondiaux de son domaine, il me disait « La transformation numérique? C’est juste de la technologie. Et la technologie suivra toujours ». Cela révèle pour le moins une incompréhension du périmètre de la transformation numérique par ceux-là même qui doivent la superviser. Ce n’est clairement pas de bon augure pour les organisations concernées.

Cette approche uniquement basée sur les coûts est aujourd’hui largement dépassée. Elle suggère qu’il n’y a peut-être pas de véritable transformation digitale dans ces organisations. Cela va à l’opposé des commentaires publics apparemment tournés vers l’avenir des membres du conseil d’administration.

Cybersécurité, compétitivité, intégration stratégique et transformation numérique

L’informatique a longtemps été beaucoup plus axée sur la durabilité organisationnelle et le positionnement stratégique que sur le coût de l’automatisation des processus. Bien sûr, le conseil d’administration continue de devoir s’intéresser à la gouvernance. Il est cependant peu probable que de nombreux administrateurs soient en mesure de discerner le rôle de l’informatique dans la réalisation des préoccupations de Deloitte concernant la création de valeur à long terme.

Recommandations aux actionnaires et aux membres du CA

La gouvernance du système d’information, pilotée par KING III, ISO / IEC 38500 et COBIT, a été formalisée depuis 2008 au moyen de la norme ISO / IEC 38500. Si l’informatique est simplement opérationnelle dans une organisation, la gouvernance informatique ne doit pas dépasser la charte des coûts du comité d’audit et risque. Mais si l’activité de l’Entreprise dépend de façon stratégique de son informatique, y compris dans un contexte de transformation digitale, alors, conformément à la norme ISO / IEC 38500, le conseil d’administration a trois responsabilités principales:

  • Evaluer continuellement les performances informatiques dans le cadre de la stratégie organisationnelle;
  • Réorienter continuellement l’informatique si ses performances compromettent la stratégie de l’organisation;
  • Surveiller en permanence les performances informatiques pour s’assurer que la stratégie de l’entreprise sera livrée aux actionnaires.

Un outil efficace : le comité stratégique TI

Les problèmes business critiques tels que celui évoqué dans cet article prennent beaucoup de temps pour être résolus. Il est donc nécessaire de réagir efficacement. La création d’un comité stratégique TI est indubitablement un outil efficace pour y remédier. Incontestablement, le sujet des systèmes d’information a depuis longtemps dépassé les domaines d’audit et de risque de base. Des organisations importantes telles que Wallmart en ont tiré les conséquences. Ainsi Wallmart s’est doté d’un comité stratégique TI dédié au niveau du conseil d’administration. Il ne faut surtout pas croire hâtivement qu’un comité stratégique TI est technique. Ce n’est pas du tout le cas. Les responsabilités énumérées dans le paragraphe précédent, ainsi que des sujets tels que la compétitivité, la transformation et la durabilité fondées sur l’informatique, sont clairement stratégiques.

Bien que la gouvernance informatique ait continué à se développer au cours de la dernière décennie et soit devenue la gouvernance du SI, le chemin à parcourir est encore long. Non seulement il n’ya pas de discussion majeure sur le leadership numérique au sein des cadres de gouvernance d’entreprise au niveau mondial, mais les administrateurs ne semblent pas encore avoir les aptitudes et les compétences nécessaires pour gérer correctement les initiatives de transformation numérique.

Une nécessité : le renouvellement des conseils d’administration

Que peut-on faire dans cette situation? En règle générale, les administrateurs sont élus lors de l’assemblée générale annuelle (AGO) par les actionnaires. Dans les organisations où la durée du mandat est limitée, les administrateurs devraient être renouvelés et bénéficier de nouvelles perspectives sur le rôle et les risques. en transformation numérique. Les actionnaires détiennent généralement une partie du pouvoir nécessaire pour remplacer les administrateurs actuels au sein des conseils d’administration. Ils ont par conséquent des moyens d’action sur les membres du CA. Ils peuvent donc s’assurer que les administrateurs possèdent des connaissances de base en informatique.

La question est de savoir si ils le veulent vraiment ou si les facteurs générant des gains à court terme (croissance du prix des actions) sont plus importants que la viabilité à long terme. Ces deux objectifs sont totalement incompatibles. Et c’est là que se situe une partie du problème.

Restons positifs malgré tout

On commence, dans certaines entreprises, à apercevoir une lueur au bout du tunnel. Quelques Organisations, auprès desquelles j’interviens comme conseil, ont unanimement considéré que la durabilité par le biais de la transformation numérique exige plus qu’un simple créneau dans les ordres du jour plus larges des comités d’audit ou des risques.

Au lieu de cela, dans le contexte de la transformation digitale, le service informatique mérite un degré de gouvernance spécialisé qui ne peut lui être accordé que par le biais d’un comité stratégique informatique dédié. C’est une première étape encourageante. Il faut maintenant oeuvrer pour que cela se développe et se généralise. C’est en s’appuyant sur des cadres de gouvernance tels que COBIT ou ISO 38500 qu’on a quelques chances d’y parvenir. Malheureusement cette mutation est très lente. Et pas sûr que les conseils d’administration aient le temps d’évoluer avant que la situation ne devienne critique.

Cybersécurité : rôle et responsabilités du Conseil d’Administration

Les cyber-menaces sont complexes et en constante évolution. Elles peuvent aussi causer d’importants dommages financiers et de réputation à une Organisation. De plus, il n’y a aucun moyen d’être protégé à 100%. C’est pourquoi la cybersécurité ne relève plus uniquement des services informatiques. Les Conseils d’Administration sont les premiers responsables de la survie de leur organisation et, dans le monde interconnecté d’aujourd’hui, la cyber-résilience fait partie intégrante de cette responsabilité. Cela signifie que le Conseil d’Administration à un rôle actif à jouer et doit assurer ses responsabilités en matière de cybersécurité.

Cybersécurité : rôle et responsabilités du Conseil d'Administration
Crédit © image by rawpixel.com

En charge de la Gouvernance de leur Organisation, les Conseils d’Administration s’assurent de l’optimisation des risques et des ressources. Dans un monde en pleine transformation digitale, ils devraient donc considérer le cyber-risque comme prioritaire. Ceci implique qu’ils devraient jouer un rôle de leader en matière de cybersécurité au sein de leur Entreprise. Dans ce cadre, voici donc quelques responsabilités en matière de sécurité informatique qui leur incombent directement.

Principes de base en matière de cyber sécurité

COBIT, référentiel de bonnes pratiques en gouvernance des Entreprises, définit un certain nombre de principes de base pour gouverner une Organisation. Le Manuel de l’Administrateur sur la surveillance des risques lés au cyber espace, publié aux USA par L’Association Nationale des Administrateurs de Sociétés (NACD) définit également le rôle et les responsabilités du C.A. en matière de cybersécurité. Cinq principes se dégagent. Ces principes de base sont universels. Ils s’appliquent à toute Organisation, publique, privée ou même à but non lucratif, quelles que soient sa taille, son domaine d’activité ou sa localisation. Ils devraient donc être pris en considération par  tous les C.A. afin d’améliorer leur surveillance des cyber-risques.

1 – La cybersécurité est une problématique d’Entreprise et non une problèmatique technologique

Les administrateurs doivent comprendre et aborder les questions de la cybersécurité en tant que sujet de gestion des risques à l’échelle de l’entreprise, et pas uniquement en tant que sujet informatique.

Il est toujours aussi surprenant de constater combien d’entreprises associent encore la sécurité des informations ou la cybersécurité à l’informatique. Certes, la plupart des signalements d’incidents de sécurité proviennent de l’informatique, Mais on ne peut pas s’y limiter car les impacts se font sentir à l’échelle de toute l’organisation. Les compétences requises pour gérer les risques et traiter les problèmes doivent donc se situent au niveau global de l’organisation. Le Conseil d’Administration doit comprendre que tout miser sur la technologie est une grave erreur.  C’est d’ailleurs la cause sous-jacente d’un grand nombre de violations majeures.

2 – Comprendre les implications juridiques et réglementaires des cyber-risques

Les administrateurs doivent comprendre les implications légales et réglementaires des cyber-risques dans la mesure où ceux-ci se rapportent au caractère spécifique de leur Organisation.

Avec la fonction vient la responsabilité. La direction et le conseil d’administration sont considérés comme responsables ultimes des cyber-risques. Ces derniers mois, de nombreux piratages importants se sont produits et, dans de nombreux cas, ils ont perdu leur poste. Gregg Steinhafel, Président du Conseil d’Administration et Directeur Général de Target, a été contraint de démissionner de toutes ses fonctions à la suite de la violation massive des données de l’Entreprise en 2013. Et plus récemment, le Directeur Général d’Equifax, Richard Smith, a du démissionner à la suite de l’important piratage informatique qui a compromis les données d’environ 143 millions d’Américains.

3 –  S’appuyer sur l’expertise adéquate et mettre la cybersécurité à l’orde du jour

Les conseils d’administration devraient avoir un accès adéquat à l’expertise en matière de cyber-risques et de cybersécurité. D’autre part, les discussions sur la gestion des risques informatiques devraient faire l’objet d’une point régulier à l’ordre du jour des réunions du conseil. Il est également très important de pouvoir accorder un temps suffisant aux discussions sur ce sujet important. Il est de plus en plus courant de voir des membres du conseil d’administration qui ont un bagage technologique ou en sécurité. Cette expertise peut vraiment aider à sensibiliser les autres administrateurs. C’est la prise de conscience qui permet de gagner la bataille contre les cybercriminels.

4 – Mettre en oeuvre un cadre de sécurité pour l’Entreprise doté de ressources suffisantes

C’est la responsabilité du Conseil d’Administration de s’assurer de la mise en place d’un cadre de gestion des risques au niveau de l’Entreprise. La Direction doit être en charge de sa mise en oeuvre, de sa surveillance et de son suivi. Il est essentiel que le Conseil d’Administration lui donne les ressources nécessaires pour atteindre cet objectif. Ces ressources devront comprendre le personnel adéquat, les budget et les outils et technologies indispensables.

Pour la définition du cadre de risques, il est toujours plus facile d’appuyer sur des référentiels existants et éprouvés. Ainsi aux USA, il sera pertinent de s’appuyer du le référentiel NIST CSF. Ce cadre a été élaboré par le  National Institute of Standards and Technology . Il a pour but de permettre aux organisations – indépendamment de la taille, du degré de cyber-risque ou de la sophistication de la cybersécurité – d’appliquer les principes et les meilleures pratiques de gestion des risques à l’amélioration de la sécurité et de la résilience des infrastructures critiques. En Europe, NIST CSF est quasi inconnu. On pourra utiliser comme base de travail les normes ISO 27001 (Systèmes de management de la sécurité de l’information) et ISO 27005 (Gestion des risques liés à la sécurité de l’information).

Il existe de nombreuses autres sources également très intéressante pour l’élaboration de votre cadre de risque. Parmi celles-ci, vous  pouvez également  vous appuyer sur la publication COBIT for risk de l’ISACA.

Une chose est sûre : il est inutile de réinventer la roue!!!

5 – Identifier les risques, prioriser, définir l’approche et planifier

La discussion du conseil d’administration sur les cyber-risques devrait inclure l’identification des risques à éviter, à accepter, à atténuer ou à transférer par le biais de l’assurance, ainsi que des plans spécifiques associés à chaque approche.

Une gestion efficace du risque de cybersécurité nécessite une compréhension de l’importance relative des actifs de l’entreprise afin de déterminer la fréquence à laquelle ils devront être examinés pour détecter les expositions au risque. Ce n’est pas une tâche simple. Il faut beaucoup de réflexion et d’efforts, ainsi qu’une grande expertise en cybersécurité.

Exigences légales et réglementaires

Les industries les plus matures ont également des directives et des exigences réglementaires sectorielles en ce qui concerne les responsabilités en matière de cybersécurité du conseil d’administration. C’est par exemple  cas du secteur financier et bancaire. Certaines exigences réglementaires et légales sont aussi à l’étude au niveau des états. Parmi ces réglementations présentant des exigences en matière de sécurité des informations, on peut citer le RGPD.

Le RGPD (ou GDPR en Anglais) est la réglementation européenne sur la protection des données personnelles. Elle s’impose à toute Organisation publique ou privée traitant les données personnelles de citoyens européens. Le RGPD comporte plusieurs exigences précises en matière de cybersécurité des données personnelles. Le non respect de cette réglementation expose l’Organisation contrevenante, quelle que soit sa localisation dans le monde à une amende pouvant atteindre 4% de son chiffre d’affaire mondial avec un minimum de 20 millions d’Euros. La conformité réglementaire et légale est une responsabilité de la Gouvernance. Il s’agit donc d’une responsabilité du Conseil d’Administration. Déjà plusieurs Entreprises ont été sanctionnées en France par la CNIL pour non conformité au RGPD. Et, à chaque fois, il s’agissait de problématiques liées à la sécurisation de données dans leur système informatique.

Responsabilités du Conseil d’Administration

Le Conseil d’Administration assure la responsabilité de Gouvernance de l’Organisation. Gouverner une organisation consiste à s’assurer de la création de bénéfices pour les parties prenantes en optimisant les risques et les ressources. Ceci peut être représenté par le diagramme suivant extrait de COBIT.

Responsabilités de la Gouvernance et du Management - COBIT
Crédit © 2012 ISACA

Le Conseil d’Administration a pour responsabilité d’évaluer les bénéfices attendus, les risques et les ressources nécessaires (Evaluate). Il devra, suite  à cette évaluation, donner l’orientation à suivre (Direct). Il a également la responsabilité de surveiller la performance et les progrès réalisés (Monitor).

Evaluer les besoins, les risques et les ressources

Une évaluation de la posture de la cybersécurité est une première étape utile pour toute organisation qui souhaite identifier sa position actuelle en matière de cybersécurité, ses faiblesses, les risques encourus et ce qu’elle doit entreprendre pour augmenter son niveau de maturité. C’est là une étape importante pour permettre à toute organisation de renforcer ses défenses en matière de cybersécurité. Le Conseil d’Administration pourra dès lors prioriser les risques et fournir une feuille de route concrète à la Direction.

En quoi consiste votre posture de cybersécurité?

Selon le National Institute of Standards and Technology (SP 800-128 de NIST), une posture de cybersécurité se rapporte à «l’état de sécurité des réseaux, informations et systèmes d’une entreprise basé sur des ressources de sécurité de l’information (personnes, matériel, logiciels, stratégies). ) et des capacités en place pour gérer la défense de l’entreprise et réagir à mesure que la situation change ».

En d’autres termes, votre posture de cybersécurité indiquera à quel point votre entreprise est saine et cyber-résiliente. Elle indiquera à quel point l’organisation peut se défendre contre les cyberattaques, les violations et les intrusions. Définir votre posture de cybersécurité est donc important. En effet, cela guidera toute votre stratégie de cybersécurité, déterminera vos projets et influencera vos dépenses en la matière au fil des ans.

Signification des niveaux de maturité

  • Un niveau de maturité faible de la cybersécurité faible signifie généralement des défenses faibles. L’organisation  court donc un risque élevé. Elle nécessite par conséquent des améliorations significatives à plusieurs niveaux pour renforcer sa posture de cybersécurité et protéger ses actifs essentiels contre les violations et les intrusions.
  • Si le niveau de maturité est moyen c’est généralement indicatif de défenses de cybersécurité moyennes. L’organisation a alors pris plusieurs mesures pour sécuriser ses actifs critiques. Elle est cependant toujours en danger et il reste encore beaucoup à faire.
  • Un niveau de maturité élevé indique généralement de solides défenses. Cela signifie que l’organisation a mis en œuvre les stratégies, processus et procédures nécessaires pour optimiser sa posture de cybersécurité. Elle est conscients de ses actifs critiques et est préparée à faire face à des incidents de sécurité en toute confiance.

Donner l’orientation à la haute direction

Le Comité Stratégique IT

Le Conseil d’Administration définit l’orientation concernant l’utilisation de l’informatique par l’Organisation. Le Conseil d’Administration doit approuver le plan stratégique informatique, le programme de sécurité de l’information et les autres politiques liées aux TI. Pour ce faire, le Conseil d’Administration peut créer un  comité stratégique en charge des problématiques IT. Ce Comité Stratégique IT sera présidé par un membre du Conseil et aura notamment les responsabilités suivantes :

  • Examiner et approuver un plan stratégique informatique qui s’aligne sur la stratégie d’entreprise globale;
  • Promouvoir une gouvernance informatique efficace;
  • Superviser les processus d’approbation des fournisseurs tiers de l’organisation;
  • Superviser et recevoir des mises à jour sur les principaux projets informatiques, les budgets informatiques, les priorités informatiques et les performances informatiques globales;
  • Approuver les politiques à appliquer et signaler les incidents de sécurité importants au conseil d’administration;
  • Superviser l’adéquation et l’allocation des ressources informatiques pour le financement et le personnel;
  • Tenir la direction responsable de l’identification, de la mesure et de l’atténuation des risques informatiques;
  • Assurer une couverture d’audit indépendante, complète et efficace des contrôles informatiques.

Le recours à des sous-traitants pour la fournitures de certains services

Le Conseil d’Administration et la haute Direction devraient établir et approuver des politiques fondées sur les risques pour régir le processus d’impartition. Les politiques devraient reconnaître le risque pour l’Organisation d’externaliser les relations. Elles devraient également être adaptées à la taille et à la complexité de l’Organisation. Les facteurs que les Entreprises devraient envisager sont les suivants:

  • S’assurer que chaque relation d’impartition appuie les exigences globales et les plans stratégiques de l’organisation;
  • S’assurer que l’organisation dispose d’une expertise suffisante pour superviser et gérer la relation;
  • Evaluer les prestataires potentiels en fonction de la portée et de la criticité des services externalisés;
  • Adapter le programme de surveillance des prestataires de services à l’échelle de l’entreprise en fonction des évaluations des risques initiales et continues des services externalisés;

Surveiller la performance de l’organisation et les progrès

L’audit

  • Le Conseil dAdministration et la haute direction ont la responsabilité de veiller à ce que le système de contrôle interne de l’établissement fonctionne efficacement;
  • Le Conseil d’Administration devrait s’assurer que des directives écrites pour la conduite des audits informatiques ont été adoptées;
  • Le Comité d’Audit (sous la responsabilité du C.A.) est chargé d’examiner et d’approuver les stratégies d’audit (y compris les politiques et les programmes) et de surveiller l’efficacité de la fonction d’audit.

 

COBIT et VeriSM : la recette du succès

Le modèle VeriSM récemment lancé, semble être un complément intéressant à COBIT. VeriSM, bien que très récent, a suscité beaucoup d’intérêt et de discussions dans les équipes de gestion des services. Déjà de nombreuses organisations envisagent et évaluent cette approche.

COBIT et VeriSM : La recette du succès
Crédit : © Dreamstime

Des idées clés au cœur de VeriSM

Quelques idées fortes sont au coeur même du modèle VeriSM :

  • Dans un monde de services numériques, gouverner les services devient une préoccupation importante pour l’ensemble de toute organisation. Ce n’est plus le problème de l’informatique uniquement,
  • Le « département informatique » est simplement une aptitude organisationnelle comme toutes les autres (par exemple les RH, les ventes, le marketing). Il doit donc travailler en étroite collaboration avec toutes les autres capacités de conception, de construction et de gestion des services numériques,
  • Toutes les organisations doivent prendre conscience de leur environnement, des ressources et capacités disponibles (à la fois en interne et en externe) lors de la conception, du développement et de la fourniture de services numériques. C’est le concept de réseau de management ou de management maillé,
  • Des principes de gestion des services clairement définis devraient servir de guide pour tout nouveau service. Ceci, afin de garantir que ce sont bien les bons «muscles» du maillage qui sont sollicités au fur et à mesure du développement du service et pendant toute la durée de son cycle de vie.

VeriSM n’est pas en soi un cadre, un référentiel ou une méthodologie. VeriSM est, en fait, un modèle préconisant l’évaluation et l’utilisation flexible des pratiques de gestion. Ces pratiques sont décrites dans VeriSM au travers des éléments du management maillé (« Management Mesh« ).

COBIT 5 est l’un de ces cadres de meilleures pratiques en matière de gouvernance et de management de l »information. Il présente donc une grande synergie avec VeriSM. De ce fait COBIT 5 aidera les organisations à adopter une approche VeriSM et à établir et exploiter efficacement un maillage du management.

LE CONCEPT DE MANAGEMENT MAILLE DE VeriSM

VeriSM - Le management maillé
Crédits © Van Haren 2017

COBIT 5 pour la Gouvernance

Le modèle VeriSM repose sur l’établissement d’une gouvernance efficace des services gestion de l’information et de la prestation de services informatiques performants.

COBIT 5 est un cadre reconnu en matière de gouvernance de l’Entreprise. Il définit un référentiel unique de gouvernance qui couvre de façon transparente l’ensemble de l’Entreprise, de manière globale et de bout en bout. Il s’agit là de trois des cinq principes clés de COBIT.

COBIT 5 : LES 5 PRINCIPES

COBIT : les 5 principes
Crédits : © ISACA 2012 – Tous droits réservés

Les principes de gestion des services VeriSM doivent refléter les besoins et les moteurs de l’organisation et de ses parties prenantes traduits en objectifs de l’entreprise. Ils constituent donc une composante clé de la gouvernance.

La cascade d’objectifs de COBIT 5

Les besoins des parties prenantes de l’Entreprise doivent être traduits en actions stratégiques pour être mise en oeuvre. La cascade d’objectifs de COBIT 5 représente le mécanisme de traduction des besoins des parties prenantes en objectifs d’entreprise précis, réalisables et personnalisés, puis en objectifs liés aux TI et en objectifs pour chacun des facilitateurs. Cette traduction permet de fixer des objectifs précis à tous les niveaux. De plus, ces objectifs couvrent tous les domaines de l’entreprise. Ils viennent ainsi en appui aux objectifs généraux et aux exigences des parties prenantes. Ils permettent donc de soutenir efficacement l’alignement entre les besoins de l’entreprise et les solutions et services informatiques.

LA CASCADE D’OBJECTIFS DE COBIT 5

La cascade d'objectifs de COBIT 5
Crédit : © ISACA 2012 – Tous droits réservés

COBIT 5 fournit de plus une matrice permettant de faire correspondre les principales préoccupations des parties prenantes avec 17 objectifs génériques de toute Entreprise. Grâce à une seconde matrice, ces 17 objectifs d’Entreprise peuvent ensuite être  mis en correspondance avec 17 objectifs pour le département TI. Par exemple, l’objectif de transparence financière de l’Entreprise  pourra être mis en correspondance avec l’objectif TI de « transparence des coûts, des bénéfices et des risques IT ». Enfin, une troisième matrice permet de faire correspondre ces objectifs TI avec les processus à mettre en oeuvre ou à améliorer. Les processus constituent une des 7 catégories de facilitateurs. La relation n’est pas univoque. Un processus de bas niveau peut ainsi supporter plusieurs objectifs d’entreprise. Toutefois grâce à cette cascade d’objectifs, il est aisé d’identifier les principaux processus soutenant chacun des objectifs stratégiques de l’Entreprise.

Bien sûr chaque entreprise est différente. Ces matrices sont donc fournies à titre d’exemples et doivent être adaptées à chaque organisation spécifique.

Le management maillé de VeriSM

Les organisations définiront leur maillage de gestion de différentes manières qui leur seront propres. Comme indiqué ci-dessus, les éléments du maillage sont nombreux et variés. COBIT 5 encourage également une approche holistique pour comprendre et rassembler les différentes ressources et capacités de gestion des services.

COBIT 5 définit 7 catégories de facilitateurs (« enablers ») :

Les 7 facilitateurs de COBIT 5
Crédit © ISACA 2012 – Tous droits réservés

À l’heure actuelle, l’ISACA n’a publié des guides de référence détaillés que pour les facilitateurs « processus » et « information« . Cependant ils fournissent des indications importantes et suffisantes sur la documentation et la classification des éléments clés de tout maillage de gestion.

La mise en œuvre de VeriSM en Entreprise

Les organisations qui adoptent d’abord une approche VeriSM considéreront / évalueront très probablement COBIT 5 comme une manière d’ajouter une valeur significative au maillage de gestion. A l’opposé, les organisations qui utilisent déjà COBIT 5 y trouveront un avantage significatif lors de l’adoption d’une approche VeriSM. Quel que soit le modèle proposé en premier, le cycle de vie de mise en oeuvre inclus dans COBIT 5 est une excellente démarche pour répondre à la complexité et aux défis généralement rencontrés lors de tout projet de transformation.

L’approche de programme de transformation de COBIT 5

COBIT 5 : Le modèle de mise en oeuvre
Crédit © ISACA 2012 – Tous droits réservés

Le diagramme ci-dessus décrit avec une extrême précision le modèle de mise en oeuvre de tout projet de transformation.  Expliqué en détail dans le Guide de mise en œuvre  de COBIT 5 (ISACA) et soutenu par une qualification professionnelle, l’approche selon le cycle de vie détaille une démarche holistique en 7 étapes pour parvenir à un changement durable en se focalisant sur trois axes :

  • Amélioration continue : Permettre et soutenir le changement organisationnel pour offrir des avantages durables en veillant à ce que les améliorations soient intégrées dans la structure de l’organisation,
  • Facilitation du changement : Le programme est conçu pour soutenir le besoin d’amélioration continue, avec des changements apportés dans des itérations hiérarchisées et gérables, garantissant que les avantages sont fournis à un rythme de changement auquel l’organisation peut faire face,
  • Gestion de programme : appliquer des techniques formelles de gestion de programme et de projet (analyse de rentabilisation formelle, objectifs bien définis et bien définis, parrainage de cadres) pour garantir que les avantages sont réalisés

L’importance de la facilitation du changement

On estime jusqu’à 70% le taux d’échec des projets de transformation. Bien sûr, il y a de nombreuses raisons à cela. Cependant,  parmi celles-ci, les principales sont liées aux personnes et en particulier à la résistance au changement.

Kotter reconnaît cela dans son modèle de changement en huit étapes, dont la première étape critique est de créer un sentiment d’urgence. Cela se reflète dans l’étape 1 de l’anneau de facilitation du changement. En clair, cela signifie être capable de répondre à la question suivante :


Il y a un million et une chose que nous pourrions faire,

Pourquoi cela doit-il se produire et pourquoi cela doit-il arriver maintenant?


Si cela ne peut pas être clairement expliqué, d’une manière qui ait du sens et soit convaincante pour l’ensemble de l’organisation, la réponse est probablement : « ça ne marchera pas!« .

Encore une fois, la cascade des objectifs est utile ici. Il devrait y avoir une cascade claire entre les objectifs du programme et la réalisation des objectifs de l’Entreprise. Certes, la réalisation d’objectifs d’entreprise de haut niveau, bien qu’ils soient clairement pertinents pour tous les employés, n’est peut-être pas ce qui nous fait sortir du lit le matin. Cependant, c’est ce qui excite les plus hauts niveaux du management organisationnel et de la gouvernance. C’est donc ce qui assurera le parrainage de la direction qui est si crucial pour la réussite de tout programme.

Les services numériques au coeur du besoin de transformation des entreprises

Il existe de nombreuses définitions différentes du terme service numérique. La mienne serait : un service numérique est un service qui permet aux consommateurs de traiter avec l’entreprise par voie électronique à un moment et à un endroit qui leur conviennent, sans qu’une interaction humaine soit nécessaire. Amazon, Uber, Airbnb sont tous des exemples de fournisseurs de services numériques. La demande des consommateur est en croissance exponentielle. Déjà aujourd’hui on voit les consommateurs aller voir et toucher les produits qu’ils souhaitent acheter dans des magasins. Ensuite ils rentrent les commander en ligne sur un site de vente en ligne tel qu’Amazon. Demain cela concernera 90% des Entreprises dans tous les domaines (banques, assurance, hôtellerie, etc.). Toutes ces Entreprises vont devoir se transformer pour survivre.

 

Crédits : Mark Flynn et blog de l’APMG

COBIT – La gouvernance, clé du succès de l’entreprise

Le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) est entré en vigueur le 25 mai 2018, exigeant une bonne gouvernance des données pour toutes les entreprises et collectivités, indépendamment de la juridiction, sur le traitement des données personnelles associées aux citoyens de l’UE et de l’EEE. Dans un précédent article, j’ai montré comment COBIT 5 pouvait aider tout projet de mise en conformité au RGPD. Si le RGPD a été vraiment pris au sérieux, nos organisations sont aujourd’hui en mesure de mieux gérer leurs données. De fait, cela facilite leur tâche de gestion quotidienne de l’Entreprise.

COBIT Gouvernance, la clé du succès en entreprise
Crédits © weerapat1003

Grâce à une bonne gouvernance, nous pouvons aborder avec confiance des problèmatiques actuellement encore ignorées par la pensée dominante. Elles sont pourtant désormais très pertinentes et constitueront un facteur de succès ou d’échec pour les prochains mois et les prochaines années. Parmi les problèmes dominants affectant les Entreprises, on peut citer :

  • L’adaptation de la main-d’œuvre du troisième millénaire,
  • La transformation digitale de l’économie,
  • Après le RGPD, le règlement sur la protection de la vie privée ,
  • Le BREXIT,
  • Les géants du web, notre nouveau risque systémique,
  • L’insécurité intégrée…

Le thème central, commun à tous ces sujets, est celui des systèmes d’information. L’activité stratégique et opérationnelle doit désormais adopter une approche plus «entrepreneuriale» que «mature» pour exploiter les opportunités au fur et à mesure qu’elles se présentent. Les cadres de gouvernance doivent encourager l’innovation et gérer simultanément les risques associés au moyen de politiques, de procédures et de pratiques adaptées. Une approche collaborative est nécessaire pour anticiper et répondre rapidement au changement.

COBIT 5 : le cadre de Gouvernance d’Entreprise publié par l’ISACA

Le cadre COBIT 5 de l’ISACA permet d’avoir un aperçu de la gouvernance d’entreprise. La famille de publications comprend «COBIT 5, a Business Framework for the Governance and Management of Enterprise IT». Ce document de 94 pages fournit un guide complet sur où et comment rechercher des opportunités d’évolution et d’innovation dans votre entreprise.

COBIT 5 : un mythe tenace

Malheureusement la traduction Française de cette publication n’est pas très pertinente. Elle semble faire plus de cas de l’informatique que des métiers de l’Entreprise, seuls créateurs de valeur. Le titre lui-même a été traduit par « COBIT 5, un référentiel orienté affaires pour la gouvernance et la gestion des TI de l’entreprise ». Le titre original, en Anglais, ne fait pas référence aux TI mais à « l’information de l’entreprise et aux technologies associées ». C’est beaucoup plus vaste et cela couvre la totalité des métiers au lieu de la seule informatique. Pour COBIT, l’informatique n’est seulement qu’un « outil » au service des métiers de l’Entreprise (on parlera du 6ème « enabler »). COBIT n’est aucune un référentiel destiné à l’IT. C’est un référentiel de Gouvernance et de Management de l’Entreprise.

Le périmètre de COBIT 5 : La gouvernance et le management de l’entreprise

Cela inclut bien évidemment l’IT, mais seulement comme un composant de l’Entreprise.

Vous pouvez accéder au périmètre des publications COBIT 5 sur le site de l’ISACA. COBIT a la particularité d’être composé de publications permettant au lecteur d’accéder au contenu du cadre au travers des filtres. L’accès au cadre de référence complet est totalement gratuit. Certains autres documents, tels que le modèle de référence des processus ou le guide de mise en oeuvre sont gratuits pour les membres de l’ISACA. Enfin, d’autres documents, notamment les guides professionnels, sont payants mais avec une remise substantielles pour les membres.

Publications COBIT
Source © ISACA

COBIT 5 : quelques cas réussis de mise en oeuvre dans le monde

Chacun des cas présentés ici correspond à la liste des problèmes dominants identifiés au début de cet article. Il n’ont souvent qu’un lien très lointain avec les technologies de l’information. Vous y trouverez des liens utiles présentant le contexte et la façon dont  COBIT 5 a permis relever ces défis organisationnels.

Adaptation de la main d’oeuvre du 3ème millénaire – Cas PWC

PWC, tout comme DELOITTE et d’autres grands cabinets internationaux exigent un engagement intensif de leurs salariés dès le début. Des récompenses en matière d’évolutions de carrière, telles que des partenariats, sont appelées à venir plus tard. Ces entreprises sont actuellement confrontées à un turnover croissant de jeunes, essentiellement nés entre 1980 et 1995. Il s’agit de ceux qu’on qualifie généralement d’enfants du millénaire. Ceux de la génération Z, nés après 1995, commencent à peine à arriver sur le marché de l’emploi. PWC et DELOITTE ont constaté que la main-d’œuvre entrante avait des attentes différentes de celle des générations précédentes. Les jeunes souhaitent désormais une approche flexible pour travailler. Ils attendent des récompenses pour de bonnes performances dès le début ainsi que tout au long de leur carrière.

COBIT 5 via son approche de cascade des objectifs se focalise sur l’identification besoins des parties prenantes. Ceux-ci sont alors traduits en objectifs de l’entreprise liant les attentes internes et externes des parties prenantes avec celles de l’entreprise.Une fois identifiés, les changements appropriés peuvent être apportés aux politiques et aux pratiques.

Pour mieux comprendre comment vous appuyer sur COBIT pour résoudre cette problématique, nous vous proposons les liens suivants :

Transformation digitale de l’économie – Cas Domino’s

La transformation digitale pousse les entreprises à adapter leurs modèles commerciaux et à se concentrer. Domino’s a réalisé qu’ils devaient passer d’un service de restauration rapide à un service digital. En utilisant l’analyse de données pour personnaliser les offres marketing auprès des clients, les clients sont attirés par un service correspondant à leur style de vie.

COBIT 5, au travers des conseils sur les services, l’infrastructure et les applications, aide les entreprises à évaluer le potentiel de la transformation numérique sur l’organisation. Cette orientation élargit la réflexion, de la définition d’une solution unique jusqu’à la mise en œuvre d’un actif holistique, intégrale et soutenant les objectifs de l’entreprise.

Si vous souhaitez mieux comprendre comment COBIT a permis à Domino’s de réussir sa transformation digitale : https://www.bernardmarr.com/default.asp?contentID=1264.

Mise en conformité au futur règlement Européen sur la protection de la vie privée – Cas WhatsApp

Le règlement sur la vie privée et les communications électroniques, qui devrait être adopté par l’UE à la fin de 2018, constitue un ajout subtil au RGPD couvrant les communications électroniques.Des consentements explicites supplémentaires seront nécessaires. L’infrastructure de communication intelligente transporte, génère, utilise et stocke des données personnelles et corporatives identifiables. Donc, de fait, les principaux services de communication tels que WhatsApp sont inclus. C’est aussi le cas des fournisseurs de cookies, d’appareils IoT et de marketing direct et e-marketing.

COBIT 5 fournit des conseils sur la façon dont les entreprises, incluant leur IT, doivent se conformer aux exigences réglementaires. COBIT peut donc aider à révéler où des consentements explicites pourraient être nécessaires.

Voici quelques liens qui peuvent vous permettre de mieux comprendre comment COBIT aide à mieux protéger la vie privée :

Le BREXIT – Cas Currency Cloud

La situation sur le BREXIT restant assez imprévisible à l’heure actuelle, les entreprises doivent donc définir des plans d’urgence afin de minimiser les impacts d’un accord non favorable. Même si une organisation n’a aucun contact avec l’UE, elle doit vérifier comment le BREXIT affecte sa chaîne d’approvisionnement et sa banque. Pour certains, comme la plateforme d’échanges financiers Currency Cloud, «pas d’accord» avec l’UE serait synonyme de devoir mettre en place une présence européenne pour obtenir leur licence opérationnelle européenne, au cas où.

COBIT 5 couvre les exigences de conformité aux réglementations, lois et autres normes. Cela aide à identifier le point de départ et les processus sur lesquels se focaliser. COBIT inclut des sections sur la continuité des opérations, couvrant la prévention, l’atténuation et le retour à la normale en cas de perturbation pour aider à identifier les possibles zones de friction.

Pour mieux comprendre comment COBIT peut aider les entreprises britanniques à affronter le BREXIT : https://www.ibtimes.co.uk/why-neither-brexit-nor-loss-passporting-will-stop-uks-fintech-momentum-1659410.

Les géants du web, nouveau risque systémique – Cas des GAFAM

Chaque entreprise est dans un marché pour acheter et vendre. Pour opérer de manière efficace et efficiente, beaucoup d’entre nous se tournent vers l’infrastructure informatique et les fournisseurs de communication offrant des solutions «guichet unique» faciles à utiliser, telles que Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Mais c’est une épée à trois tranchants.

Le grand avantage, qui les rend si attrayants, est qu’ils devient facile d’accéder à des structures de communication et de stockage avec la sécurité et l’échelle nécessaires. Les principaux inconvénients sont :

  1. avec peu d’acteurs dominants, le contrôle sur les marchés n’est pas entre nos mains
  2. et si l’un d’eux échoue, techniquement ou commercialement, l’impact négatif sur les affaires et la vie privée sera énorme.

COBIT 5 peut aider à définir une nouvelle approche pour traiter un point de défaillance systémique. Il existe également une liste de contrôles utiles sur les questions à poser aux parties prenantes externes.

L’insécurité intégrée – Cas Expedia

Un sous-produit de la construction l’efficacité de l’entreprise de construction est de jeter les bases de l’insécurité par inadvertance. Expedia a découvert qu’une de ses filiales avait laisser fuiter des données sur ses clients. Le partage et la gestion des données, même au sein d’un même groupe, sont difficiles à contrôler car les exigences et la responsabilité sont diluées, obscurcies ou réinterprétées par le partenaire en charge du traitement des données.

Pour en savoir plus sur le cas Expedia : https://www.cnbc.com/2018/03/20/an-expedia-subsidiary-says-a-security-breach-affected-880000-cards.html.

COBIT 5 est derrière chaque entrepreneur pour l’aider

COBIT 5 est là pour nous aider à mieux réfléchir à la manière dont nous gérons et opérons. Tant de choses sont demandées aux entreprises, il est facile de rater les choses auxquelles nous devrions penser. La technologie détermine à la fois le rythme et la façon dont nous travaillons. Une bonne gouvernance est essentielle pour assurer la prospérité des entreprises.COBIT 5 est essentiel p our bien gouverner.

Pour mieux comprendre pourquoi une formation COBIT vous est indispensable : http://www.ab-consulting.fr/blog/geit/cobit-5/formation-cobit-7-raisons.

Vous aussi vous avez un cas particulier, hors du domaine IT, d’utilisation réussie de COBIT 5 dans un contexte particulier? N’hésitez pas à nous laisser votre commentaire.

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