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Implémentation d’ITIL: bien commencer

Implémentation d'ITIL - Raisons d'échecL’implémentation d’ITIL dans votre organisation n’est pas une partie de plaisir. Lorsque vous envisagez de mettre ITIL en œuvre, les premières questions qui vont inéluctablement se poser seront où commencer? Comment dois-je commencer? Qu’est-ce que je cherche à atteindre? Quelles informations me sont nécessaires pour y arriver, quelles personnes dois-je impliquer, et que doit produire ce projet?

Si vous ne disposez pas des réponses complètes à vos questions, votre implémentation d’ITIL va inéluctablement échouer. Nous allons dans cette série d’articles essayer d’identifier les causes d’échecs et vous donner quelques conseils pour pouvoir les éviter.

Implémentation d’ITIL, ça veut dire quoi?

Tout d’abord il est important de souligner qu’on n’implémente pas ITIL®. ITIL® est un référentiel de bonnes pratiques de gestion des services informatiques, publié par AXELOS®, basé, dans sa version 2011, sur les 5 étapes du cycle de vie des services, et couvrant 25 processus et 4 fonctions. Il est totalement impensable, même pour une très grande Entreprise, de tenter d’implémenter la totalité des bonnes pratiques décrites dans les cinq publications de base d’AXELOS®. De plus cela ne ferait absolument aucun sens. L’objectif est de décider, en accord avec les orientations portées par le Conseil d’Administration de l’Organisation et traduites en stratégies par le Comité de Direction, qu’est-ce qui pourrait, parmi les 25 processus et les 4 fonctions décrits dans ITIL®, améliorer le soutien de l’informatique au Business et lui permettre d’atteindre plus facilement les objectifs fixés par les stratégies de l’Entreprise. L’informatique a un rôle de « facilitateur » mais elle ne crée pas de valeur directe pour les parties-prenantes. Ca c’est le rôle des métiers de l’Entreprise.

Prenons le cas, par exemple, d’une banque. Tous les services bancaires s’appuient sur l’informatique qui est un élément clé du fonctionnement quotidien de la banque. Lorsque l’informatique s’arrête, la banque est dans l’impossibilité totale de délivrer ses services à ses clients. Cependant l’informatique ne crée aucune valeur directe pour la banque. L’informatique PERMET aux directions métiers de la banque d’élaborer des services financiers qui seront ensuite vendus aux clients de la banque et créeront de la valeur pour les parties-prenantes. Les véritables créateurs de valeurs sont les directions métiers qui vont « embarquer » des services informatiques dans les services qu’elles vendent et délivrent à leurs clients. Il est donc important que le département informatique soit en permanence aligné avec les besoins des directions métiers et en même temps suffisamment flexible pour leur permettre, dans un environnement extrêmement concurrentiel de créer de nouveaux services financiers afin de rester leaders sur leur marché en fonction des attentes nouvelles des clients.

Donc on implémente seulement des processus et des fonctions les plus indispensables pour permettre à l’Entreprise de créer de la valeur, c’est à dire ce qui est strictement nécessaire dans le cadre des stratégies de l’Entreprise. La décision relève donc des mêmes personnes en charge de valider les stratégies de l’Entreprise et « comptables » (Accountable) des ressources notamment humaines et financières de l’Organisation devant les parties-prenantes. C’est à dire que la décision se prend au niveau du Conseil d’Administration. Ce ne doit jamais être une décision prise par le DSI, ce qui conduirait inévitablement le projet à l’échec après avoir dépensé en pure perte beaucoup de temps, d’argent et gaspillé les ressources humaines disponibles au détriment d’autres projets plus importants. C’est la raison pour laquelle il est important de mettre en place une Gouvernance du SI et d’établir une stratégie informatique claire et validée.

Pour les processus et les fonctions, dans la mesure où il existe des bonnes pratiques reconnues de façon universelle pour la fourniture des services informatiques, on pourra bien sûr s’appuyer utilement sur ITIL®. Seul bémol, les processus et les fonctions ne suffiront pas. Il va également falloir travailler sur les ressources humaines et notamment leurs compétences techniques, bien sûr, mais, plus important encore, leur aptitude à adopter un comportement adéquat basé sur l’éthique de l’Organisation et la création d’une véritable culture du service. Et cela ne fait pas partie directement du périmètre d’ITIL® version 2011 même si les changements culturels et organisationnels sont effleurés dans la publication sur la transition des services.

Où commencer?

La première étape consiste à commencer par faire le constat d’un besoin de mise en oeuvre ou d’amélioration de la fourniture des services informatiques aux métiers de l’Entreprise et à obtenir le consentement à une telle initiative. Il faut cerner les points sensibles et les déclencheurs actuels, et créer un véritable désir de changement au sein de la haute direction.

Il est important de ne pas se focaliser uniquement sur comment on va s’y prendre mais de bien définir ce qui doit être fait pour soutenir les stratégies de l’Entreprise. Ce qui doit être fait doit entrer dans un cadre d’amélioration continue de l’Organisation en vue de créer davantage de valeur en alignement avec les stratégies de l’Entreprise et s’appuyer sur des points sensibles (« là où ça fait mal ») pour le business ou bien des déclencheurs tels que le remplacement de membres du Comité de Direction ou bien le résultat d’un audit externe ou bien encore un changement important sur notre marché ou une nouvelle exigence légale ou réglementaire à laquelle on ne pourra pas échapper. Les points sensibles sont des points de douleur ressentis par l’Entreprise vis à vis de son département informatique tels que par exemple l’incapacité de l’informatique à répondre favorablement à des demandes de nouveaux services IT correspondant à un besoin marché ou bien la perception par le business que la qualité des services IT qui lui sont livrés ne sont pas en adéquation avec ses besoins et sont finalement beaucoup trop chers comparativement à la valeur qu’ils permettent de créer.

Dans tous les cas il va falloir sensibiliser le top-management sur ces aspects pour arriver à transformer le besoin d’agir, dont tout le monde est bien conscient au niveau de l’Entreprise, en désir de changement en vue d’obtenir un sponsoring par au moins un des membres du Comité de Direction pour pouvoir lancer un pré-projet. Nous appellerons cette phase incontournable la « facilitation du changement ». C’est seulement lorsque vous aurez un sponsor pour ce projet que vous pourrez le démarrer, et cela commencera toujours par l’élaboration d’une ébauche de business case. Il s’agit d’un projet comme n’importe quel autre et il devra être géré comme tel, en s’appuyant sur une méthodologie de projet, comme par exemple PRINCE2®.

L’étape suivante se concentre sur la définition de la portée de l’initiative de mise en oeuvre ou d’amélioration et la mise en correspondance des objectifs de l’entreprise, des objectifs liés à l’informatique et des processus IT connexes, et en tenant compte des scénarios de risque qui pourraient également mettre en évidence des processus clés à cibler. Pour réaliser cela, on pourra utiliser par exemple la cascade d’objectifs décrite par COBIT® 5 et expliquée dans notre article sur la stratégie informatique.

Des diagnostics de haut niveau seront également utiles pour cerner la portée du projet et comprendre les domaines à prioriser. Une évaluation de l’état actuel doit ensuite être effectuée, de même qu’une évaluation de l’aptitude des processus existant pour cerner les problèmes ou lacunes. Les initiatives à grande échelle doivent être structurées sous forme d’itérations multiples du cycle de vie ne dépassant pas chacune une durée de six mois maximum. En effet, pour toute initiative de mise en oeuvre s’échelonnant sur plus de six mois, il existe un risque d’essoufflement, de perte de concentration et de démotivation des parties prenantes qui risque fort de conduire votre projet à l’échec.

Notre prochain article traitera des points suivants :

  1. Comment s’y prendre?
  2. De quoi ai-je besoin pour réussir une telle initiative?

Pour plus d’informations ou pour vous inscrire à notre newsletter, merci de compléter le formulaire de contact :

COBIT® is a trademark of ISACA® registered in the United States and other countries.
ITIL® is a registered trade mark of AXELOS Limited.
PRINCE2® is a registered trade mark of AXELOS Limited.


3 commentaires

  1. Très bon article. Allez-vous bientôt publier les 2 sections suivantes: comment s’y prendre? et de quoi ai-je besoin pour réussir une telle initiative?
    Merci

    • Bonjour Fred,
      Merci pour votre commentaire. Nous allons en effet, et avec beaucoup de retard, publier la suite de notre article dans les prochaines semaines.
      N’hésitez pas à vous abonner à notre blog pour être informé de nos prochaines publications.
      Merci et bonne journée

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