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ITIL Practitioner, une certification UTILE?

Au moment où la nouvelle certification ITIL Practitioner d’AXELOS arrive sur le marché, nous nous sommes posé la question de son utilité alors que le cursus ITIL est déjà bien fourni et que la grande majorité des informaticiens se contentent de la formation et de la certification ITIL Foundation. Alors était-ce vraiment utile de rajouter encore un niveau supplémentaire?

ITIL Practitioner

ITIL Practitioner, le chaînon manquant

La nouvelle certification introduite sur le marché par AXELOS début février 2016 vient compléter le cursus existant basé sur les niveaux Foundation, Intermediate, Expert et Master qui existent depuis la publication d’ITIL V3 en 2007, en y ajoutant un niveau se situant immédiatement au dessus de la certification ITIL Foundation. En gros ITIL Practitioner c’est en quelque sorte le chaînon manquant dans le parcours de certification d’AXELOS. Nous avons essayé, dans notre précédent article ITIL Foundation, Guide de survie, de clarifier quelque peu le schéma global hérité de celui défini par APMG il y a maintenant bientôt 10 ans. Le diagramme suivant illustre la structure du nouveau parcours de certification:

ITIL Practitioner dans le schema de certification

ITIL Practitioner, c’est quoi?

Il manquait donc, dans ce parcours de certification « historique », un niveau pratique destiné à certifier les aptitudes des praticiens et des consultants dont la tâche quotidienne est de travailler sur des projets d’implémentation ou d’amélioration des bonnes pratiques de gestion des services IT dans les Organisations. C’est bien là l’objectif de cette formation et de la certification ITIL Practitioner. A priori, c’est une excellente nouvelle pour tous les certifiés Foundation qui vont pouvoir maintenant apprendre comment mettre en oeuvre leurs connaissances dans la pratique. La mauvaise nouvelle c’est que le format de la formation préparant à cette qualification tel qu’il est été défini par AXELOS n’est pas vraiment adapté. En effet, cette session est prévue sur une durée de seulement deux jours (examen inclus), ce qui est nettement insuffisant pour couvrir la totalité d’un contenu extrêmement riche et dense. De plus cet examen de certification se déroule à livre ouvert et la formation associée va souvent, en fonction de votre organisme de formation et de la compétence de ses formateurs, se focaliser sur la façon d’utiliser le manuel dans un cas réel plutôt que sur un retour d’expérience sur les problématiques rencontrées par les consultants dans leur expérience concrète de conseil en Entreprise. C’est bien dommage. Bien sûr on m’objectera que les personnes concernées peuvent toujours demander une formation de durée plus longue pour appréhender l’ensemble des pratiques décrites mais, franchement, quelle Entreprise acceptera de financer une session plus longue que les deux jours préconisés par AXELOS?

Le parcours existant de certification était-il suffisant?

Nous avons clairement montré dans notre article sur le parcours « historique » de certification ITIL qu’il manquait de toute évidence un niveau de certification destiné à la fois aux consultants en charge de mener des projets d’implémentation et/ou d’amélioration des bonnes pratiques ITIL ainsi qu’aux personnels internes aux organisations concernés et impliqués dans les projets d’implémentation et/ou d’amélioration. Bien sûr, on m’objectera que c’était normalement la vocation des niveaux dits « Intermediates » et du niveau MALC conduisant à la certification ITIL Expert. Hélas, sur aucun de ces niveaux ne sont abordées les problématiques clés liées spécifiquement à un projet d’implémentation telles que la gestion du changement organisationnel, la facilitation du changement culturel, la communication à mettre en oeuvre pour viser à assurer la réussite d’un tel projet ou encore la conception d’un modèle de métriques et d’indicateurs nécessaires pour s’assurer que les bénéfices attendus en termes de création de valeur pour les parties prenantes de l’organisation sont bien réalisés conformément au cas d’affaire validé en début du projet. Ces aspects ne sont traités nulle part dans le parcours de certification ITIL « historique ». Cela signifie que même un « Expert ITIL » se trouve complètement démuni face à ces problématiques qui constituent cependant le quotidien des consultants et qu’il sera souvent incapable de mener avec succès un projet d’adoption et surtout d’adaptation des pratiques ITIL dans une Entreprise. Trop de lacunes existent!! Cela explique sûrement en partie les raisons de l’échec de tant de projets d’implémentation de bonnes pratiques ou de processus sur la base d’ITIL.

Les apports du cours et de la certification ITIL Practitioner

La publication par TSO de ITIL Practitioner Guidance vient combler quelque peu les lacunes existant dans les 5 publications centrales sur lesquelles sont basée les certifications historiques depuis ITIL Foundation jusqu’à ITIL Expert. Cette nouvelle publication sert de trame à la nouvelle certification ITIL Practitioner à laquelle elle donne son nom. On retrouve donc dans le syllabus de la formation et de la certification ITIL Practitioner les éléments clés de la publication qui est d’ailleurs autorisée pour le passage de l’examen.

Concrètement, elle s’articule autour 3 grands thèmes principaux correspondant aux trois compétences clés indispensables pour réussir un projet d’implémentation ou d’amélioration des pratiques de gestion des services en adaptant les processus ITIL au contexte de l’organisation :

  1. Communication
  2. Gestion des Changements Organisationnels (OCM)
  3. Mesures et métriques

Un consultant, certifié ITIL Expert, qui ne possèderait pas ces trois compétences clés se retrouverait un peu dans la situation du joueur de tennis avec un énorme potentiel qui possède parfaitement le jeu d’échange de fond de court mais qui est incapable de réussir un service ou de monter au filet face à son adversaire. Il ne pourrait que perdre la partie, étant dans l’impossibilité de s’adapter au contexte…

Elle est complétée par les 9 principes qui doivent guider toute initiative d’implémentation ou d’amélioration, hérités d’autres cadres tels que COBIT, DevOps, Agile, Lean etc.

La gestion de changement est un facteur-clé de réussite

Les neuf principes supportant une initiative d’implémentation

L’expérience a montré que la réussite de tout projet d’implémentation basé sur une approche d’amélioration continue résulte systématiquement de neuf principes directeurs suivis par le projet et permettant de délivrer les résultats attendus. Ces neuf principes, repris par de nombreux cadres de bonnes pratiques, s’appliquent bien évidemment aux projets ITSM.

1 – Focalisation sur la valeur

Tout projet d’implémentation ou d’amélioration des services IT doit créer de la valeur pour les parties prenantes de l’Entreprise et, seules ces mêmes parties prenantes sont à même d’évaluer les bénéfices résultant du projet.

2 – Focalisation sur l’expérience utilisateur

Les services et les processus IT doivent toujours être conçus pour satisfaire les besoins des clients et des utilisateurs afin de leur fournir une expérience positive de bout-en-bout.

3 – S’appuyer sur l’existant

Il ne faut jamais repartir de zéro. Un projet ne peut réussir que si l’existant, avec ses forces et ses faiblesses est bien compris pour permettre l’adaptation des bonnes pratiques, génériques par essence, au contexte spécifique de l’Entreprise, en capitalisant sur ses forces existantes.

4 – Utiliser une approche holistique

Aucun composant ou service n’existe en isolation. Les services sont des systèmes complexes qui doivent toujours être envisagés depuis la conception jusqu’à l’exploitation et l’amélioration comme un tout.

5 – Progresser de façon itérative

Il faut résister à la tentation, souvent forte, de vouloir tout faire en même temps. Toujours découper le travail en « tranches » faciles à gérer et délivrant chacune un bénéfice mesurable sur lequel on pourra capitaliser pour conserver l’élan afin d’entamer la tranche suivante. Ce sont les petits cours d’eau qui créent les grands fleuves…

6 – Observer directement

Toujours baser ses décisions sur des informations vraies, pertinentes et incontestables. A chaque fois que c’est possible, toujours remonter à la source de l’activité et observer directement, en personne.

7 – Faire preuve de transparence

Toujours être clair et honnête sur ce qui se passe vraiment et pourquoi, dans le déroulement du projet de telle sorte que les rumeurs et bruits de couloir ne puissent pas miner la confiance des personnes concernées et que la vérité soit toujours clairement établie de telle sorte que chacun puisse toujours s’exprimer sereinement sur des bases claires et incontestables.

8 – Favoriser un approche collaborative

Toujours travailler ensemble de façon créative avec les personnes concernées par le projet dans la direction validée. Le partage des efforts et de l’engagement permettra ensuite de partager les résultats et les bénéfices.

9 – Garder les choses aussi simples que possible

Ne faire que ce qui est indispensable pour atteindre l’objectif fixé et toujours éliminer ce qui ne contribue pas directement à la création du bénéfice attendu et qui constitue, de fait, du gaspillage.

A qui s’adresse la certification ITIL Practitioner?

Cette certification, comme vous l’aurez certainement compris, s’adresse directement aux personnes impliquées dans un projet d’implémentation ou d’amélioration des services et processus IT en Entreprise, mais aussi, et de façon primordiale, aux consultants accompagnant ce type de projets chez leurs clients.

Cette certification se situe, dans le nouveau parcours de certification, au niveau immédiatement au dessus de la certification ITIL Foundation. Pourtant, il apparaît clairement que les professionnels qui en tireront le plus grand profit sont avant tout les certifiés ITIL Expert, car elle leur apportera le côté pratique qui leur manquait jusque là. Très sincèrement, après avoir passé (et réussi) cette certification, et malgré les nombreux projets de ce type que j’ai eu la chance de mener dans des Entreprises de toutes tailles et dans des régions du monde différentes, j’ai trouvé cet examen d’un niveau de difficulté tel que j’imagine que peu de candidats sans expérience et possédant seulement la certification ITIL Foundation seront capables de le réussir, surtout après une formation de deux jours.

Alors, ITIL Practitioner, UTILE ou pas?

Oui, bien sûr, ITIL Practitioner est une certification très utile pour tous les consultants, même s’ils risquent de « tomber de haut » à la lecture de leurs résultats à l’examen. Je la préconiserais plutôt à des consultants expérimentés qui y trouveront des réponses à des challenges qu’ils auront dû gérer de façon empirique dans le cadre de leurs missions. A mon sens, compte tenu du format de la formation qui tient sur deux journées, examen inclus, il est nécessaire que les participants aient déjà consacré un temps important à la lecture et à la compréhension du manuel ITIL Practitioner Guidance (Ed. TSO) qui doit impérativement faire partie du package pédagogique remis par votre organisme de formation accrédité (ATO), au minimum 3 semaines avant la session. La formation elle-même portera alors d’avantage sur les retours d’expériences délivrés par le formateur, sur un échange des bonnes pratiques et une bonne compréhension des compétences à mettre en oeuvre et, bien sûr, sur la préparation à l’examen.

Comment se former et se certifier ITIL Practitioner?

Aujourd’hui quelques ATOs proposent d’ores et déjà cette formation à leur catalogue, dont AB Consulting. Vous pouvez également vous auto-former en vous référant au manuel ITIL Practitioner Guidance (Ed. TSO). La meilleure approche consiste indéniablement à approfondir le manuel dans un premier temps avant de suivre la formation ITIL Practitioner auprès d’un ATO (Accredited Training Organization) d’AXELOS qui saura vous apporter les retours d’expérience indispensables à la réussite de cet examen assez difficile.

Pour en savoir plus

A l’occasion du lancement de la certification ITIL Practitioner, AXELOS organise le 25 Février 2016, une conférence internationale au travers de 6 webinaires gratuits accessibles en ligne, directement depuis votre poste de travail. AB Consulting, partenaire d’AXELOS sur cette initiative, vous invite à découvrir en exclusivité cette nouvelle certification avec la participation de l’équipe qui est à l’origine de cette initiative. Pour vous inscrire, cliquez simplement sur l’image ci-dessous:

ITIL Practitioner - Conférences gratuites

 

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Jugez-vous votre organisation IT efficace?

Votre organisation IT est-elle efficace? Comment pouvez-vous évaluer son efficacité? Vos clients Business ont-ils la même perception que vous?

organisation IT efficace

 

L’évaluation de l’efficacité, tout comme celle de la qualité, peut être très subjective. Dans de nombreux cas, l’efficacité est évaluée par rapport au denier service que vous avez mis en production ou au travers d’un projet que votre organisation livré. En outre, on accordera beaucoup plus de poids à des résultats décevants qu’à des résultats positifs. C’est naturel n’est-ce pas ? Dans un monde idéal, vos services informatiques devraient fonctionner de façon optimale. Nous avons donc besoin de définir des caractéristiques objectives de l’efficacité des organisations informatiques avant de pouvoir travailler à les améliorer.

Commençons par définir la mission de l’informatique « fournir la capacité de traitement de l’information requise par le business à un coût qui représente une valeur« . Beaucoup d’entre vous sont en train de lire cette définition en se disant qu’elle est très floue. En effet, les besoins de l’entreprise évoluent en permanence et il en va de même de la perception de la valeur. L’efficacité ne peut être évaluée que par rapport aux attentes attentes actuelles, aux objectifs de niveau de service définis et aux ressources disponibles. Pour cette raison, l’une des caractéristiques les plus importantes d’une organisation informatique efficace est sa capacité à répondre rapidement à l’évolution des besoins du business.

Pour être considérées comme efficaces, les organisations IT devront satisfaire les contraintes suivantes :

Flexibilité

L’IT fournit des services à la demande (résolution de problème et assistance) ainsi que des services planifiés (amélioration et projets). Les problèmes à priorité élevée, les demandes toujours urgentes, et l’évolution des besoins de l’entreprise vont perturber les dates cibles d’achèvement, le périmètre planifié et l’effort estimé. Les organisations efficaces doivent trouver un juste équilibre entre la variabilité des demandes, l’évolution permanente des priorités, et les changements dans les besoins. Afin d’obtenir cette flexibilité, les entreprises doivent gérer les demandes, les horaires, les priorités, le périmètre / les exigences, la mise à disposition et les compétences du personnel afin d’optimiser les résultats et de minimiser les impacts.

Adaptabilité

Les organisations informatiques doivent répondre aux évolutions nécessaires dans les types de services fournis, elles doivent intégrer et soutenir les nouvelles technologies, et elles doivent adapter aux changements organisationnels de l’entreprise et de l’informatique. Afin de s’adapter, l’informatique doit redéfinir ses rôles, transformer ses processus de planification et de livraison, et investir fortement dans la formation (notamment les bonnes pratiques telles que ITIL, COBIT ou encore Lean IT).

Prévisibilité

Des résultats reproductibles ne peuvent être atteints que par l’exécution de processus normalisés et par un engagement vis à vis de la qualité qui évite l’héroïsme et les solutions sur mesure.

Efficience

Chacune de ces caractéristiques est en conflit avec les autres. Une approche équilibrée est donc nécessaire. L’efficacité est généralement sacrifiée pour améliorer la flexibilité. L’efficacité peut être améliorée grâce à la documentation des connaissances, à la formation croisée, à l’utilisation des processus standardisés, d’outils de gestion, et en limitant la variété des environnements techniques.

Fiabilité

La fiabilité fait référence aux applications, à l’infrastructure et aux personnes qui délivrent les services. Les moyens de traitement (infrastructures, réseaux, applications) doivent être fiables, mais le personnel doit aussi faire preuve de fiabilité dans la livraison de services IT. Cela impose donc de définir des critères d’acceptation, d’effectuer des revues de qualité, des tests, et de nombreuses autres activités qui assureront la cohérence de la fourniture de services et des moyens de traitement mis en oeuvre.

Innovation

Le business ne comprend pas les limites de la capacité et de la technologie disponibles. L’IT est dans la position idéale pour recommander des stratégies au business plutôt que d’attendre que ce soit l’entreprise qui définisse elle-même ses stratégies. Sur un plan plus tactique, l’IT devrait être à la recherche de solutions visant à réduire les problèmes et améliorer les processus de telle sorte qu’ils s’alignent avec les autres caractéristiques.

Pro-activité

L’informatique doit être capable d’anticiper les besoins ou les incidents et de prendre des mesures pour se préparer à des pointes d’activité ou pour éviter les problèmes. Grâce à la compréhension des besoins business et des capacités existantes, et en effectuant le suivi des changements, l’IT peut anticiper et manager de façon pro-active. Cela nécessitera des processus reproductibles, des métriques et des mesures, et aussi une communication renforcée avec le business.

Alors, quelle stratégie adopter pour une IT efficace?

équipe IT efficace

Ces contraintes peuvent parfois se contredire entre elles et entraîner du gaspillage. La rigueur nécessaire du processus qui nous rend prévisible peut aussi entraver notre efficacité. Afin d’équilibrer les contraintes, l’IT doit affiner son rôle et sa culture. En plus d’exploiter et de soutenir la capacité de traitement existante, l’IT doit reconnaître que les besoins de l’entreprise évoluent en permanence et qu’une organisation efficace doit être en mesure de répondre à ces changements. Afin d’offrir de la valeur, les organisations informatiques doivent assurer les caractéristiques d’efficacité qui ont été décrites plus haut. Cela nécessitera de gérer l’organisation informatique comme une entité business indépendante qui est responsable de ses coûts et de ses revenus, et elle devra faire la preuve de sa valeur à ses clients sur une base quotidienne.

Le succès ne se mesure pas sur le respect ou le dépassement des attentes. Les attentes peuvent être impossible à satisfaire (compte tenu notamment des ressources disponibles) ou déraisonnables. Le succès se mesure par la gestion des attentes, la prise d’engagements et l’atteinte ou le dépassement des engagements. L’IT doit faire montre de leadership et pas simplement attendre que le business décide du parti qu’il peut tirer de la technologie. Lorsque l’IT démontre sa valeur, elle peut de nouveau être considérée comme un investissement et non pas simplement comme un coût destiné à être réduit ou éliminé.

Pour plus d’informations ou pour vous abonner à notre newsletter, merci de remplir le formulaire de contact:

 

Fournisseur de services informatiques… un challenge

Aujourd’hui l’entreprise dépend étroitement du bon fonctionnement de ses services informatiques. Un problème d’ordinateur, de serveur, de logiciel ou de connexion Internet et l’entreprise se trouve bloquée ou ralentie dans ses activités.

utilisatrice des services informatiques

Qu’est ce qu’un service informatique ?

Selon ITIL®, le référentiel de bonnes pratiques publié par AXELOS®, le plus utilisé dans le monde, Un service informatique est un moyen de fournir de la valeur aux clients en facilitant les résultats qu’ils veulent obtenir, sans avoir à en gérer ni les coûts, ni les risques spécifiques.

Un Service informatique s’appuie sur quatre éléments: les technologies, les informations, les personnes et les processus.

Les services informatiques touchent l’ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement, de communication et protection des informations utiles d’une entreprise.

 La gestion des services informatiques

Lagestion des services informatiques gestion de services informatiques (ITSM) se réfère à l’ensemble des activités – définies par des politiques, organisées et structurées grâce à des processus et des procéures de soutien – qui sont effectuées par une organisation ou une partie d’une organisation consistant à planifier, à organiser, exploiter et contrôler
les services informatiques offerts aux clients internes ou externes. La gestion des services informatiques est donc préoccupée par la mise en œuvre de services informatiques de qualité qui répondent aux besoins des clients. Elle est réalisée par le fournisseur de services informatiques grâce à l’utilisation d’une combinaison appropriée de personnes, de processus et de technologie de l’information.

Si, la plupart du temps, l’activité d’une Entreprise débute avec quelques ordinateurs et des logiciels de bureautique, très vite le développement de l’activité amène à devoir faire évoluer son système informatique. Or une bonne gestion du système informatique, pensée à l’avance, permet de prévoir ces évolutions et d’éviter les freins au développement et le surcoût.

Pour assurer cette gestion les responsables des organisations informatiques sont chargés de transformer leurs organisations afin de passer de fournisseur technologique traditionnel à fournisseur de services. Ils doivent pour cela adopter une approche systématique orientée sur le cycle de vie de la gestion de services informatiques (ITSM), afin de s’aligner sur les objectifs métier et informatiques de l’entreprise.

La transformation nécessaire de l’organisation

Il s’agit là d’une transformation majeure tant au niveau de la culture de l’organisation informatique qui doit être focalisée sur les besoins de ses clients au lieu des aspects techniques,  que des structures organisationnelles et des processus à implémenter. Bien sûr, cette transformation nécessitera la mise en place d’outils adaptés pour gérer efficacement les services. Adieu donc aux gestions de parc informatique en open-source et autre logiciels spécifiques bon marché. Il faut désormais se concentrer sur le cycle de vie des services et miser sur des suites d’outils intégrés.

Pour ce qui est des processus, il existe de référentiels de bonnes pratiques tels que ITIL® qui pourront être un support extrêmement important dans votre transformation. Toutefois il ne faut pas chercher à mettre en oeuvre l’ensemble des 25 processus et des 4 fonctions décrits par ITIL®. Concentrez-vous sur les attentes de vos clients et sur ce qui leur créera le plus de valeur. L’objectif n’est en aucun cas de réduire les coûts de fourniture des services informatiques mais bien de livrer des services à haute valeur ajoutée à vos clients, leur permettant d’atteindre leurs objectifs business en ligne avec les attentes définies par les actionnaires et autres parties prenantes portées par le conseil d’administration de l’entreprise.  Peut-être que seulement un ou deux processus feront sens dans le contexte de votre organisation. La priorisation est donc clé. Un référentiel de gouvernance et de management du SI tel que COBIT® 5 peut vous aider à définir vos priorités grâce à sa cascade d’objectifs permettant, à partir des attentes des parties prenantes de définir les objectifs de l’organisation informatique, d’en déduire quels processus seront vitaux pour leur atteinte et, pour chacun de ces processus, sur quels objectifs vous concentrer. Il va également falloir former les personnels de façon adéquate tant au niveau des compétences (formations ITIL® et/ou COBIT® en l’occurrence) qu’au niveau de la culture de services en vue de les amener à adopter le comportement idéal. Ne négligez pas cet aspect qui est primordial pour la réussite de votre projet.

Pour réussir votre projet de transformation vous aurez également besoin d’un expert du domaine, souvent un consultant externe, maîtrisant parfaitement la mise en oeuvre de ce type de projet de transformation. Comment le trouver? C’est très simple. Il doit avoir la connaissance des processus concernés et une bonne expérience de plusieurs implémentations réussies. La connaissance sera reconnue grâce à des certifications appropriées. Surtout ne confiez pas votre organisation à quelqu’un n’ayant qu’une certification Foundation. Recherchez un expert possédant la certification ITIL® Expert dans le cas de processus ITIL®. Bien sûr cela vous coûtera plus cher mais quel est votre objectif? Dépenser le moins possible et perdre votre investissement voire, plus grave encore, pénaliser votre entreprise à cause de services informatiques mal définis et non alignés sur les besoins business ou maximiser la valeur créée par le business à l’aide des services informatiques performants permettant de prendre de l’avance sur les concurrents?

Un de mes clients, ex-DSI d’une Entreprise, m’expliquait il y a quelque temps qu’il avait parfaitement réussi l’implémentation de processus ITIL® dans son organisation et, finalement avait fini par se faire licencier. Lorsque je lui demandais comment il s’y était pris pour « implémenter ITIL® » il m’indiqua qu’il avait défini et implémenté le processus de gestion des incidents. Quand je lui demandais comment le choix du processus de gestion des incidents avait été effectué, il me dit qu’un consultant externe, certifié ITIL® Foundation, les avait orientés dans ce sens car « c’est le point de départ logique et habituel de toute implémentation ITIL® ». Alors que je luis demandais quels étaient les challenges de son Entreprise, il me répondit que la stratégie fixée par le conseil d’administration consistait en un développement rapide de l’Entreprise grâce à l’ouverture de magasins au rythme d’une nouvelle implantation chaque semaine, ce qui était très problématique en terme de rythme pour le département informatique qui devait donc déployer des postes de travail et gérer l’évolution de ses services informatiques à une cadence effréné. Il m’indiqua que finalement le département informatique n’avait pas pu suivre et que le rythme des implantations avait dû être ralenti de ce fait. Je lui demandais alors si les utilisateurs et les clients se plaignaient de l’indisponibilité des services informatiques pour cause d’incidents. Il me répondit qu’au contraire ils étaient extrêmement contents de la stabilité de leur système d’information, ce dont il était apparemment très fier. Il devenait dès lors très clair que le choix d’implémenter la gestion des incidents était une erreur majeure et que des processus tels que la gestion des changements et la gestion de mises en production et des déploiements eussent été mieux ciblés. Il avait ainsi utilisé les ressources de l’organisation pour réaliser un projet coûteux, sans aucune valeur ajoutée et se retrouvait, de ce fait, dans l’impossibilité de soutenir les objectifs de son Entreprise, laquelle avait eu bien raison de le licencier…

N’oubliez pas que la transformation de votre organisation informatique en fournisseur de services à valeur ajoutée pour vos clients et un projet ou même un programme qui doit être justifié par un business case. Ce projet pourra être géré en utilisant une méthodologie de gestion de projet de type PRINCE2® par exemple. Gardez en mémoire que l’implémentation de processus et/ou de fonctions basés sur ITIL® nécessite une adaptation au contexte de votre Entreprise. Une simple copie des processus décrits dans le manuel sera sans aucun doute néfaste pour votre organisation. Cette adaptation pertinente à votre contexte n’est réalisable que grâce à l’implication forte de vos clients business dans le projet notamment grâce à l’organisation de groupes de travail, ce qui va nécessiter du temps, des ressources et un budget conséquent. C’est votre business case qui apportera les éléments de justification et de viabilité de ce projet. Le business case sera réactualisé tout au long du projet. Dès que le projet ne sera plus viable ni justifiable en termes de bénéfices attendus pour l’Entreprise, il faudra l’arrêter car il ne sert à rien de continuer à mobiliser des ressources et à dépenser des budgets qui n’ont plus d’utilité.

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